Essai Northstar 195 RT

Complicité immédiate

Présent depuis peu sur un marché français concurrentiel, le chantier turc a su hausser son niveau de jeu pour affronter les maîtres italiens du semi-rigide familial. Agréable à barrer, le Northstar répond aussi présent en termes de convivialité, grâce à un cockpit accueillant.

Texte et photos Philippe Leblond


 14 881 € sans moteur (tarif 2007)
 5.92 m
 14
 40,3 nds

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Paru dans le Pneumag n° 58 Mars/Avril 2007




Bien qu'étant de conception italienne, les semi-rigides Northstar sont construits en Turquie. Pour sa troisième année de présence en France, ce jeune constructeur propose déjà une gamme assez fournie, avec une douzaine de bateaux (de 4,80 m à 6,92 m) à carène polyester et tubes en tissu Orca de chez Pennel & Flipo, un gage de qualité. La dominante de ses modèles tient dans le caractère convivial des aménagements, chose que l'on retrouve à bord du 195 RT, avec une épaisse sellerie, dont la mousse manque cependant un peu de fermeté, de nombreux rangements offrant une capacité satisfaisante dans l'optique des sorties en famille, ainsi que de sept vraies places assises (c'est-à-dire pas sur les boudins), cinq d'entre elles étant situées en arrière de la console. Comme chacun sait, les places se trouvant dans la moitié arrière sont les plus confortables en navigation… Voilà le décor campé, et le moment venu de regarder d'un plus près ce que propose le 195 RT. Comme tout bon semi-rigide destiné à passer du temps à l'ancre, le Northstar est doté d'une douchette et de deux belles petites plates-formes de bain recouvertes, dans le cas de notre bateau d'essai, de Sea Cork, en substitution du teck. Un produit naturel aussi puisqu'il s'agit de liège. L'échelle télescopique en inox est semi-encastrée. Entièrement contre-moulé, le plancher du cockpit ne fait qu'un avec les équipements qui composent l'aménagement : le coffre arrière, recouvert d'une banquette pour deux ou trois personnes, le siège pilote biplace, convertible en leaning-post, la volumineuse console avec son siège frontal intégré, et bien sûr le coffre avant qui peut recevoir le complément de bain de soleil, ainsi que la petite baille à mouillage, dont l'ouverture est mesurée. Voilà qui facilite les opérations de rinçage, l'eau pouvant s'évacuer par les deux vide-vite de gros diamètre situés à la base de la banquette arrière. Cette dernière, dont le capot est monté sur vérin à gaz, abrite la batterie, le filtre à carburant et la poire d'amorçage, tout en laissant une place suffisante pour y caser les affaires qui ne craignent pas. Grâce à son dossier rabattable, elle fait aussi office de solarium. Le leaning-post, apporte un complément de rangement appréciable, dans sa partie basse et dans son dossier (accès étroit). Chaque coffre est agrémenté d’un joint en caoutchouc pour éviter les bruits parasites des couvercles (grincements et autres claquements) en navigation. Par contre, aucun d’entre eux ne ferme à clé. Un détail que le chantier ne devrait pas avoir de mal à corriger...

Le poste de pilotage mérite la mention bien. Le premier satisfecit va à la position de conduite, excellente, tant assis que debout, ce qui reste trop rare malgré les efforts consentis par les constructeurs. La conversion de l’assise du siège en leaning-post se fait assez aisément, et l’épaisseur de coussin s’avère suffisante lorsqu’on est debout, en appui rénal. Deuxième satisfaction : la main courante de pare-brise, robuste et facilement préhensible, mais peut-être un peu trop encombrante. Troisième bonne surprise : le tableau de bord, généreux et bien agencé, à l’exception du compas placé face au copilote, et condamnant le meilleur emplacement pour l’étrier de fixation d’un sondeur ou d’un GPS. Le boîtier pupitre Suzuki tombe bien sous la main, de même que la barre, située à la bonne hauteur, même pour les pilotes de grande taille.

En ce qui concerne la fabrication, la rigidité structurelle (coque-pont) paraît satisfaisante, de même que la fixation des accessoires. En revanche, on note quelques petits détails de finition (vis de charnière apparentes, gel-coat de qualité moyenne) qui gagneraient à être améliorés. Pour ce qui est des tubes, le tissu utilisé est de l’Orca 1670 décitex, correctement assemblé et renforcé sous la flottaison par deux bandes de protection de 10 cm de large pour l’échouage sur le sable ou les cales de mise à l’eau. Le liston de protection périphérique fait le tour des cônes arrondis. Par contre, le choix de saisines en forme de sangles de tissu, n'est pas pour nous plaire, au contraire des poignées en caoutchouc, faisant office de taquets pour les amarrages temporaires. Un davier fixe sur socle polyester, intégrant un (trop) petit taquet rétractable, coiffe l'étrave, comme il se doit sur ce genre de semi-rigide. La garantie est de trois ans, sur tout le bateau. Nous étions restés sur une bonne impression quant aux qualités marines du 225 RT que nous avions testé l'année dernière dans la houle Bretonne (Pneu Mag n°52). Cette fois-ci la mer étale du Golfe de Saint-Florent ne nous a pas permis de juger à fond des qualités du 195 RT. Reste que ce semi-rigide doté d'un Suzuki 140 ch s'avère plaisant à mener. Doté d'une bonne assiette (le réservoir d'essence est situé sous la console), tenant bien le cap, le Northstar est d'une prise en main facile. Malgré une barre hydraulique rétive (un mauvais réglage sans doute) nous avons pris plaisir à le pousser dans ses retranchements en virage, où il se montre docile et précis dans son guidage. On regrette simplement de ne pas avoir plus de chevaux, car sa carène semble pouvoir les accepter sans problème. Puissance maxi autorisée, le Suzuki 140 ch 4-temps malgré son poids contenu ne permet pas au Northstar de donner sa pleine mesure au plan des performances, même si 40 nœuds sont une vitesse respectable. Cela dit, le 195 RT n'est pas un offshore, et il s'accommode fort bien d'une allure de croisière élevée (27,8 nds à 4 500 tr/mn), allant de paire avec un confort et un niveau sonore appréciables lors des longues promenades. Pour autant, attaquer dans la vague ne devrait pas lui déplaire, les passages sur un sillage de vedette nous ayant permis d'apprécier son équilibre rassurant et le bon amorti de sa carène à la réception. à valider dans des conditions plus parlantes… .



photo Northstar 195 RT


photo Northstar 195 RT


photo Northstar 195 RT





CONCLUSION
Le coefficient « sympathie » de ce semi-rigide, confortable et facile à piloter, s’applique de lui-même. La silhouette est agréable, de même que le niveau d’équipement dans le cadre d’une utilisation familiale. Ajouté à ses qualités intrinsèques, son prix compétitif fait que l’on peut oublier l’absence d’un pedigree plus prestigieux. Sauf peut-être dans l’optique de sa valeur de revente…




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