Essai Northstar 205 WRF

L'esprit tout-terrain

Les atouts de ce semi-rigide de conception polyvalente sont nombreux : un cockpit ample et profond, un bon volume de rangement et un comportement marin hauturier. La palette des loisirs est large, mais ce baroudeur aux larges épaules doit être dégonflé un peu pour partir sur la route…

Texte et photos Philippe Leblond


 43 000 € avec Mercury Verado 175 ch 4T (tarif 2010)
 6.26 m
 14
 42,8 nds

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Paru dans le Pneumag n° 76 mars/avril 2010




Avec ses flotteurs d'un élégant bleu nuit, sa ligne sobre remontant sur l'étrave mais sans excès, le 205 WRF ne manque pas d'allure. Rien de spectaculaire dans cette esthétique de semi-rigide traditionnel, mais le charme indéniable du pneumatique bien balancé et rassurant. C'est un fait que ce Northstar est bien assis sur l'eau, avec sa largeur peu commune (30 cm de plus que les concurrents de longueur comparable). Cet avantage se traduit aussi par une surface de cockpit majorée, que les utilisateurs actifs (pêcheurs, plongeurs), auxquels il s'adresse en priorité, sauront apprécier. La contrepartie de cette carrure d'athlète, c'est qu'il est nécessaire de le dégonfler légèrement pour le véhiculer sur remorque. Un inconvénient à prendre en compte pour qui pratique la mise à l'eau fréquente, voire quotidienne… Pour les autres, cette largeur supérieure à la moyenne offre une surface de pont appréciable, d'autant que celui-ci reçoit un aménagement minimaliste avec une console debout et un leaning-post biplace laissant tous deux des passages latéraux plus que confortables. Contremoulé et armé d'un sandwich en nid-d'abeilles épais de 2 cm, le pont intègre un coffre à mouillage de grande dimension dont le couvercle est doté d'un vérin, et une profonde cale arrière (batterie, centrale hydrau-électrique du Verado) dont le seuil surélevé sert de support au roll-bar en inox et pourrait même faire office de banquette en le parant d'un coussin sur mesure. Sinon, ni banquette ni solarium à l'horizon : les amateurs de farniente repasseront… Normal, le 205 WRF a d'autres projets que de se pavaner dans les criques ensoleillées. Son cockpit spacieux et profond, ceint par d'imposants flotteurs en Néoprène/Hypalon 1 100 décitex dont le tissu est fourni par le spécialiste japonais Achilles, laisse entrevoir un tempérament hauturier que son comportement dynamique va confirmer lors de notre sortie en mer. La console ne s'embarrasse pas de courbes sophistiquées : moulée à angles vifs, elle n'a d'autre ambition que d'abriter, derrière son petit pare-brise, les commandes (bien placées) et l'électronique de navigation (sur étrier). Sa façade postérieure est hélas à l'aplomb des commandes, ne laissant pas beaucoup d'espace pour fléchir les genoux sans se cogner. Elle comporte aussi un petit volume de rangement. à ce dernier, vient s'ajouter un sac étanche amovible, astucieusement fixé sous l'assise du leaning-post.Avec son râtelier de supports de cannes, ce dernier nous est familier puisque venant de chez Taco (États-Unis) et distribué par Accastillage Bernard. Un reproche toutefois : son assise un peu molle et son repose-pieds non rabattable. Rayon accastillage, le 205 WRT n'est pas des plus généreux : il offre bien une petite delphinière avec davier et taquet pliable (sous-dimensionné), une main courante de console avec feux de navigation, mais il manque cruellement de taquets, côté poupe, sans parler de l'échelle de bain, oubliée. Au moment de prendre les commandes ont se satisfait du volant réglable en inclinaison et du boîtier pupitre Mercury. Ce dernier est une commande DTS (électrique), Verado oblige… Très agréable en manœuvre, elle demande à être bien réglée pour le pilotage en mer formée, sous réserve de désagrément. C'est le cas de celle-ci qui va s'avérer précise lors de remises de gaz rendues nécessaires par l'état de la mer (force 4/5, 1,50 m au plus profond). Ces dans ces conditions peu clémentes que l'on va immédiatement apprécier la qualité majeure du Northstar : son confort dans la vague. Plutôt lourd malgré sa structure sandwich et son équipement spartiate, il profite de ses 920 kg (sans moteur) pour amortir les impacts dans cette mer cassante. Une bonne chose car son programme sera le plus souvent fait de longues navigations à la recherche de spots de pêche ou de chasse. Bien que doté de la motorisation maxi, le 205 WRF est agréable à barrer et donne l'impression de pouvoir supporter plus de puissance. Il s'accommode donc fort bien du Verado 175 ch dont le compresseur fournit un couple copieux. Les accélérations sont franches, comme le montre le chrono canon du déjaugeage (3,1 secondes) de même que les reprises en sortie de virage. Autre point de satisfaction : la tenue de cap rigoureuse, même avec le vent et la mer par le travers. Son point faible, déjà vu sur d'autres modèles de la marque, se situe en virage serré, où si l'on remet brutalement les gaz, l'avant se met à déraper. La cause : le flotteur intérieur qui porte sur l'eau et fait décrocher la quille. Il suffit de réduire les gaz ou d'ouvrir la trajectoire, et tout rentre dans l'ordre. Convaincant en comportement, le Northstar l'est aussi en termes de performances. Déjaugeant comme l'éclair, réactif au réglage de trim, sa carène s'aère bien pour signer une V-max de belle facture : 42,8 nds (mesure sur plan d'eau abrité). Il signe ses meilleurs rendements entre 3 000 et 4 500 tr/min, laissant toute latitude d'adopter une allure adéquate (de 14 à 28 nds) en fonction de l'état de la mer ou du timing de la sortie. Quel que soit le rythme adopté, l'autonomie suivra (170 milles maxi) grâce au réservoir (cloisonné) de 170 litres.

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photo Northstar 205 WRF


photo Northstar 205 WRF


photo Northstar 205 WRF





CONCLUSION
Marin, confortable dans la vague, performant et spacieux, le 205 WRF a de quoi séduire d'autant que son apparence est avantageuse. Son vaste cockpit autovideur à l'arrêt plaira à coup sûr aux plongeurs ou aux pêcheurs. Le mariage avec le Verado 175 est une réussite. Toutefois, si le bateau est amené à naviguer à mi-charge, il pourrait se contenter du Verado 135 ch, avec à la clé une réduction de budget significative.




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