Essai Northstar 720 OP

Baroudeur polyvalent

Dur au mal, grâce à sa construction quasi militaire, très marin avec son étrave fine et bien défendue, performant sans faire appel à la puissance maxi, ce semi-rigide sportif est taillée pour les longues randonnées à rythme soutenu. Son plan de pont qui laisse une liberté appréciable en termes d'agencement est un autre gros atout.

Texte et photos Philippe Leblond


 34 320 € sans moteur (tarif 2016)
 7.2 m
 18
 43,3 nds 
avec Mercury Verado 250 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 97 Septembre/Octobre 2013



Retour vers le futur ! Nous avions essayé, il y a deux ans, un 720 OP à l'état de prototype (Pneu Mag n°83) et nous avions déjà pu apprécier les solides "fondamentaux" de ce semi-rigide au look austère, car dérivé du G 7200 produit pour la Marine turque. Le gros œuvre reste identique, avec son ensemble coque/pont/flotteurs entièrement noir. Une construction très robuste qui fait appel à un sandwich en nid d'abeille pour apporter rigidité sans embonpoint, et des tubes collés et vissés sur toute la longueur de la coque, ce qui a permis au chantier turc de poser une garantie de trois ans sur ces derniers et de cinq ans sur la coque. Plus dans le détail on s'aperçoit que deux des critiques que nous avions formulées ont trouvé solution : la haute bitte d'amarrage qui entrait dans le champ de vision du pilote à été surbaissée, et la gêne qu'elle occasionnait pour accéder à ses apparaux de mouillage a été contournée avec le placement de l'ancre dans un écubier, à l'étrave. Précisons que le guindeau électrique, existant en option, n'a pas été monté par le propriétaire jugeant qu'un bateau de ce gabarit ne le nécessitait pas. A voir…
Parmi les autres changements, mais ils touchent là plus à l'aménagement à la carte qu'autorise le Northstar qu'à sa conception de base, on note le montage d'une console large et dotée d'un pare-brise abaissé (celui du prototype était inutilement haut). Trois avantages : un tableau de bord plus spacieux, autorisant le montage de deux combinés à grand écran, une protection accrue lors des sorties par temps difficile, et un siège moulé sur l'avant de la console, pour deux enfants. Un inconvénient : des passavants vraiment rikiki. Ce dernier point est regrettable car, par ailleurs, le pont offre des déplacements faciles, même avec la banquette pleine largeur, barrant la poupe. Cette dernière permet de disposer d'un grand coffre supplémentaire, venant s'ajouter aux deux cales situées au sol devant la console, qui elles-mêmes portent la capacité de rangement à un niveau très décent pour un semi-rigide de cette conception. Autre remarque, on ne trouve toujours pas de passage plongeur, à savoir que les rangées de saisines courent ininterrompues sur la longueur des tubes. Un coup d'œil enfin sur le leaning-post biplace. Debout, si la position de conduite est exemplaire (hormis les supports latéraux en acier sur lesquels cognent les hanches en mer formée), les assises rabattables sont placées très haut, de sorte que les pieds touchent difficilement le plancher.
Quittons le ponton pour voir si cette carène s'accommode du Verado 250 ch, alors que nous avions atteint 52,6 noeuds avec le Verado 350 SCi. Le verdict ne tarde pas et avec cent chevaux de moins, avouons que les performances sont encore d'un bon niveau puisque nous avons signé un honorable 43,3 nœuds à plein régime. Les allures de croisière sont aussi satisfaisantes avec 22,2 nœuds en mode économique (28,8 litres/heure) et 30,5 nœuds (49,3 l/h) au pas de gymnastique. Précisons qu'à ce régime (4 500 tr/min) le Northstar est vraiment impérial dans le clapot, procurant un confort remarquable et une facilité de glisse qui s'apparente à celle des semi-rigides anglais. Et les accélérations sont au diapason, puisque le 720 OP sort en 3"9 et met tout juste une seconde de plus pour franchir les 20 nœuds. Côté autonomie, le résultat reste exceptionnel (13 heures !) même si le réservoir a perdu de sa capacité (350 au lieu de 450 litres).
Quant au comportement de ce baroudeur, il est à la fois généreux, homogène et attractif. La carène montre une belle propension à s'aérer sous l'effet d'un trim positif, sans perdre de sa rigueur de cap, ni de sa stabilité. Elle fend la vague tant en puissance qu'en finesse, et ne déteste pas prendre son envol sur quelques barres de houle, avec réceptions en souplesse et en ligne, le Verado relançant vigoureusement à chaque remise de gaz. En virage, le 720 OP ne se départit pas de son aisance, avec une prise d'angle progressive et constante, jusqu'en sortie de courbe, où la motricité (hélice Revolution quatre pales) n'est jamais prise en défaut, même lorsqu'on braque sévèrement.



photo Northstar 720 OP


photo Northstar 720 OP


photo Northstar 720 OP


Avec le 720 OP, le chantier turc vise résolument une clientèle de plongeurs ou de pêcheurs. L'aménagement du pont, à la carte, devrait les satisfaire, de même que la construction très robuste, directement empruntée aux bateaux à usages professionnel. La finition n'en est pas moins soignée, et l'on appréciera les cales avant gel-coatées, tout en regrettant l'absence de vérins à gaz pour maintenir les capots ouverts lorsque le bateau roule à l'arrêt. Notez la console ultra protectrice !




La carène en V profond du 720 OP réclame une certaine puissance pour hydroplaner (3 000 tr/min au moins) mais, une fois entrée dans es lignes, la glisse semble s'accélérer sans effort, à l'image des semi-rigides britanniques. Le Verado 250 convient parfaitement à ce bateau, et il serait possible de rester à un niveau de performances significatives avec un 200-chevaux. A notre avis, sous ce niveau de puissance, la carène ne sera pas pleinement exploitée.




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