Essai Narwhal WB 550

Un Ibère de caractère

Polyvalent, du fait de son plan de pont aménageable à la carte, ce semi-rigide à tout faire est une valeur sûre dans le segment des cinq à six mètres typé utilitaires. Pour ne rien gâter, ses aptitudes dynamiques sont convaincantes et son prix d'achat, vraiment accessible.

Texte et photos Philippe Leblond


 9 678 € sans moteur (tarif 2016)
 5.4 m
 13
 34,4 nds avec Tohatsu 75 TLDI
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Paru dans le Pneumag n° 88 mars/Avril 2012



La série WB est intermédiaire entre le bateau à vocation utilitaire et les loisirs familiaux. Le plan de pont n'intègre que le puits de mouillage. Pour le reste, le propriétaire est libre de choisir parmi une liste d'accessoires produits par le chantier (siège, console, coffre latéral) afin d'offrir à l'équipage un peu plus de confort. Fidèle à son mode de fabrication des flotteurs par thermosoudure, Narwhal dote ses flotteurs en tissu Tritex (PVC) de valves de surpression, tandis que la carène, certifiée insubmersible, est garnie avec de la mousse, ce qui outre un surcroît de flottabilité contribue à atténuer le bruit des impacts dans la mer formée. Pour sa gamme WB, le chantier espagnol conserve ses accessoires de flotteurs habituels : saisines en Nylon tressé, double bande de ragage, guide de mouillage, passage plongeur avec renforts d'usure… Saluons au passage la qualité de la finition, bien que les tubes assemblés "en sections" commencent à dater sur le plan esthétique.
Malgré sa quille en V profond presque constant, le WB-550 offre une stabilité à l'arrêt plutôt correcte, grâce à deux larges bouchains. Le tableau arrière est percé d'un vide-vite de gros diamètre, prolongé par un manchon de PVC relevable sur taquet coinceur. Les flancs du cockpit remontent haut sur la face intérieure des tubes et procurent un sentiment de sécurité appréciable, notamment lorsqu'on navigue avec de jeunes enfants. Notre bateau d'essai se contentait d'une simple console, légèrement excentrée, pour dégager un large passage sur bâbord, et fixée dans la moitié avant du bateau, en faveur de l'équilibre longitudinal. Les commandes tombent bien sous la main et le pilote a toute la place voulue pour prendre des appuis au sol à distance de la console. On apprécie au passage l'intégration des câbles dans le bordé tribord, laissant le plancher bien clair. Par contre, l'un des points faibles de ce WB, c'est le peu de rangements, la console étant presque entièrement occupée par le réservoir fixe et la batterie. Du coup on regrette que le coffre avant (plutôt volumineux) dédié au mouillage ne comporte pas un cloisonnement pour y ranger des affaires. Nous ne saurions trop vous recommander l'option du coffre latéral de flotteur bâbord (en longueur) qui permet d'abriter avirons, gaffe ou canne à pêche.
La Loire n'est sans doute pas le terrain de prédilection du WB-550, mais nous allons nous en contenter. L'absence de courant au moment de l'essai et la température fraîche devraient compenser en partie la moindre portance de l'eau douce, en comparaison de l'eau de mer. De fait, les performances obtenues avec le Tohatsu 75 ch à injection directe dernière génération ont mis en évidence l'excellent mariage du 2-temps nippon et de cette carène affûtée. Avec près de 35 nds au régime maxi, il n'y a pas de quoi se plaindre… Pas plus d'ailleurs que des accélérations, brillantes : 3"3 pour déjauger et 5"4 pour passer les 20 nœuds, grâce au cabrage modéré et au punch du Tohatsu. Planant dès 3 000 tr/min et 12,5 nœuds, le Narwhal possède une large plage d'utilisation en croisière. Par contre, la sonorité prend de l'ampleur aux alentours de 4 000 tr/min (92 décibels), l'allure la plus agréable se situant à 3 500 tr/min à 18,5 nœuds (88 décibels).
Véloce, la carène du WB-550 réagit bien aux réglages du trim, sans tendance au roulis, même à la vitesse maxi où la tenue de cap reste précise. Incisif en virage, le Narwhal montre une maniabilité remarquable avec une gîte intérieure prononcée et un grip constant permettant de tracer des trajectoires au millimètre, avec de bonnes relances en sortie. Seule petite ombre au tableau, il se montre hésitant en entrée de grande courbe à haute vitesse, restant droit sur sa quille et tardant à s'inscrire en début de braquage. Pour ce qui est du confort dans la vague, difficile de porter un jugement définitif sur un fleuve. Quelques sauts répétés dans le sillage du bac de Nantes ont tout de même permis de constater une assiette bien équilibrée et des réceptions en amorti préjugeant d'un comportement marin prometteur. Performant et efficace avec le Tohatsu 75 (même lorsqu'on pilote sportivement seul à bord), le WB-550 pourrait se contenter d'un 60 ch.



photo Narwhal WB 550


photo Narwhal WB 550


photo Narwhal WB 550


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