Essai Nuova Jolly Winner 545

Sportif et polyvalent

Proposé en package par Motana Marine avec une motorisation Suzuki 50 ch 4 temps, ce semi-rigide est assez grand pour embarquer toute la famille sans se bousculer. Il bénéficie d'un flotteur en Néoprène-Hypalon sur une coque à la fois légère et robuste grâce au moulage d'une seule pièce du fond de cockpit et de tous les coffres et banquettes. Cette bonne résistance structurelle lui permet de porter jusqu'à 100 ch au tableau arrière, bien qu'il n'ait nullement besoin d'une telle puissance pour s'exprimer.

Texte et photos : Jacques Anglès


 16 872 € avec Suzuki 50 ch 4T (tarif 2004)
 5.4 m
 8
 31 nds avec Suzuki 60 ch 4T

Suzuki-gif-540x145
Orca-logo_rvb

Paru dans le Pneumag n° 43 Septembre/Octobre 2004




Fondé en 1961, Nuova Jolly est un des plus anciens producteurs italiens de pneumatiques et s'appuie sur une solide expérience dans la conception de ses bateaux, avec un esprit créatif confirmé par le récent 750 Cabin ou par la possibilité de motorisation in-board sur les modèles de la gamme King (4,90 à 7,50 m). La gamme Winner, motorisée exclusivement en hors-bord, constitue l'offre "sportive" de la marque, privilégiant la légèreté et l'espace dans le cockpit, philosophie qu'illustre bien le Winner 545. Avec 260 kg sans moteur, il s'inscrit parmi les poids légers de sa catégorie, tout au moins ceux réalisés en Néoprène-Hypalon. Avantage principal de cette légèreté, il n'exige que peu de puissance par rapport à nombre de modèles de même taille ayant besoin de 15 à 20 ch de plus pour obtenir des performances équivalentes. Voilà un atout à prendre en compte puisqu'il représente une double économie, à l'achat et en consommation. à cet égard, les rendements et l'autonomie enregistrés lors de notre essai avec le Suzuki 60 ch 4 temps sont élogieux et ils le seront encore plus si l'on opte pour le 50 ch 4 temps proposé en package par Motana Marine, avec un gain de poids de 52 kg sur le moteur. La réalisation est de bonne facture sous une présentation sobrement élégante, avec flotteur gris clair rehaussé de bleu marine, coque et sellerie blanches. Le flotteur, en Néoprène-Hypalon, est protégé par un large liston et, à sa partie supérieure, par des renforts formant marche-pied. Une série de poignées en sangle borde le cockpit avant et, à l'arrière, le copilote appréciera la grosse poignée de maintien en caoutchouc juste à portée de main. Seul bémol, ce flotteur ne compte que trois compartiments étanches alors que l'on en trouve habituellement cinq sur les semi-rigides de cette longueur. Le fond de cockpit remonte suffisamment sur les côtés pour protéger les flotteurs, et les éléments d'aménagement standard (coffre avant, bloc central console-banquette et banquette arrière) sont moulés d'une seule pièce avec le plancher. Cette technique accroît la rigidité et évite les faiblesses des éléments vissés ou rivetés sur le fond de cockpit.Cette version de base offre des rangements suffisants. La baille à mouillage est assez grande pour y ranger en plus les pare-battages et les amarres ; la console-banquette centrale abrite deux beaux compartiments (celui du bas alloué à la batterie et la nourrice de carburant, avec encore beaucoup d'espace, celui du haut pour les papiers et les petits effets personnels) ; enfin, la banquette arrière forme une grande soute pour le matériel de bord. En option, ce cockpit peut être agrémenté d'une banquette additionnelle en U, avec table convertible en bain de soleil, qui accroît encore la capacité de rangement. L'ensemble est fonctionnel, pratique à l'usage, l'obligation d'enjamber la banquette médiane pour passer de l'avant à l'arrière étant peu gênante. La carène affiche un V modéré avec quatre virures de fond et, à l'arrêt, le flotteur s'appuie sur l'eau, assurant une parfaite stabilité au mouillage. La banquette de pilotage, épaisse et souple, est confortable, avec un bon dossier enveloppant mais elle est placée près du volant, ce qui est bien pour le pilotage assis mais laisse peu de recul en pilotage debout. Contact ! Le Suzuki 60 ch démarre au quart de tour et fait preuve d'une discrétion exemplaire au ralenti, une qualité qui se confirmera aux régimes de croisière. Le bruit est léger et rond, sans le moindre toussotement et le temps de sortir de la bande des 300 mètres, la mécanique atteint la bonne température. En poussant la manette des gaz à fond, le Winner bondit littéralement, déjaugeant en un temps record (3 secondes), avec un cabré assez impressionnant, avant de reprendre rapidement son assiette. Il est vrai qu'avec seulement deux personnes à bord, tout le poids est sur l'arrière, ce qui accentue le cabrage.

En solo ou à deux, on ressent également cette légèreté de la proue à haute vitesse, en particulier par vent debout, où le contrôle peut être délicat, mais cette instabilité disparaît si l'on charge l'avant. En équipage réduit par vent fort, il ne faut donc pas hésiter à charger la proue pour trouver le bon équilibre. Cela dit, le bateau est nerveux et amortit correctement les vagues, sans être tout à fait exempt de quelques coups de raquette dans le clapot, à cause des flotteurs bas sur l'eau (c'est la contrepartie de sa stabilité au mouillage). Prédisposé à un pilotage sportif, il demande du doigté dans le réglage de trim et affiche de bonnes performances sans exiger beaucoup de chevaux. Il vire presque à plat et assez large, en décrochant progressivement si on le pousse dans ses retranchements, avec une direction douce, y compris en sortie de virage à droite. .



photo Nuova Jolly Winner 545


photo Nuova Jolly Winner 545


photo Nuova Jolly Winner 545





Conclusion
Voici un attelage polyvalent, apte à emporter famille et amis en balade, ou à satisfaire les plongeurs et les pêcheurs. Il a pour lui sa construction sérieuse, sa légèreté et un cockpit qui se révèle fort pratique à l'usage, avec de nombreux rangements et suffisamment de places assises. Le package avec 50 ch Suzuki 4 temps paraît tout à fait adapté à un programme familial (à condition toutefois de ne pas le surcharger) et son excellente autonomie est un sérieux avantage pour la pêche, surtout si on le dote du réservoir fixe optionnel.




Maxi_22052008-182516image_2 Maxi_22052008-182516image_3 Maxi_22052008-182516image_4