Essai Ribeye SPORTS 650

Le pullman de la mer

Difficile de trouver un bateau de moins de sept mètres réservant pareil confort à ses passagers dans la mer formée. Le Ribeye possède une carène bénie de tous les membres de la famille qui sont souvent malmenés à bord de semi-rigides loin de posséder cet atout. De retour au port, aucune plainte n'est à déplorer.

Texte et photos : Philippe Leblond


 58 500 € avec Yamaha 200 ch 4T (tarif 2016)
 6.6 m
 10
 40,1 nds avec Yamaha 150 ch 4T

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Paru dans le Pneumag n° 45 Janvier/Février 2005




Ce véritable joyau de ce semi-rigide venu d'Angleterre, vous l'aurez compris, est sa carène. Doté d'un V profond, avec un angle presque constant de l'étrave jusqu'au tableau arrière, le Sports 650 ne craint pas de sortir par mer agitée. C'est d'ailleurs dans ces conditions qu'il excelle et fait la différence avec la plupart de ses concurrents. Le plaisir à la barre n'a d'égal que le confort offert par cette carène qui découpe la vague avec une rare efficacité. Sans effort apparent et sans subir d'impact. Les creux de 1 m à 1,50 m se succèdent et la douceur reste… Bluffant ! Ce Ribeye, mis à notre disposition par Armor Motonautic (Pont l'Abbé), profite aussi d'un poids important qui n'est pas sans jouer un rôle dans cette maîtrise de la mer. Coque lourde et profonde, deux ingrédients qui forment une bonne recette pour le confort à la mer avec, en corollaire, une tenue de cap exemplaire. Endurant face à la vague, le Sports 650 est aussi doté d'une excellente maniabilité en virage, où il passe sans déraper et avec une gîte importante, permettant aux passagers de ne pas trop subir la force centrifuge. Le Ribeye vire sur un rail et il est quasiment impossible de le prendre en défaut de motricité. En revanche, sa propension à pencher sur bâbord à vitesse moyenne peut surprendre. Elle nécessite à tout le moins un réglage de trim positif qui permet de gommer ce désagrément. Monter le trim a pour effet de faire se redresser la carène sur sa quille et de rendre la barre plus douce et précise. Il convient donc de l'actionner dès après le déjaugeage, ce dernier intervenant en seulement trois secondes. Au rang des avantages de cette exceptionnelle carène il faut aussi mentionner son bouchain vif qui court sur toute la périphérie de la carène et semble une bonne parade au risque d'enfournement. Par mer d'arrière, allure à laquelle le Ribeye se comporte avec une aisance toute particulière, ce bouchain lui permet de « soulager » plutôt que d'enfourner jusqu'au flotteur, la partie plane du bouchain épargnant à la structure gonflable des contraintes physiques importantes. Ce tableau idyllique se gâte quelque peu en raison d’une position de conduite indigne d’un tel bateauEn pilotage sportif, le siège proposé en standard est fixe et ne permet pas de l’adapter à sa morphologie : la place manque pour prendre de bons appuis sur le sol du cockpit et la commande de gaz est implantée un peu bas. La parade peut venir des sièges jockey proposés en option, mais ceux-ci, qui font le régal des plaisanciers anglais, semble un peu boudée sur nos côtes. Il est vrai qu’ils prennent une surface au sol importante… Du point de vue des performances, le Ribeye se situe dans la bonne moyenne malgré son poids et une puissance maxi (150 ch) qui pourrait être augmentée sans problème. On relève deux très bons chiffres de rendement à mi-régime (3 500 et 4 000 tr/mn) qui autorisent une vitesse de croisière respectable (24 et 28 nds) et économique. La qualité de réalisation n’appelle que des commentaires flatteurs. La partie polyester est soignée, avec un gel-coat impeccable, et bien échantillonnée, tandis que le tube en néoprène/Hypalon atteste d’un bon assemblage. Le choix des saisines traditionnelles (en corde) est une bonne chose pour les passagers amenés à naviguer assis sur les flotteurs, la console laissant des espaces latéraux confortables. Comme souvent sur les semi-rigides Britanniques, le poste de pilotage est situé dans la moitié avant. Une bonne chose pour la « balance » et l’assiette en navigation, mais pas vraiment favorable à l’installation d’un solarium… Il n’y en a donc pas, même si l’on note la présence d’un grand coussin recouvrant le coffre avant. Le petit siège intégré sur la face avant de la console bénéficie d’un petit capitonnage faisant office de dossier. En revanche, le siège pilote biplace n’est pas à citer en exemple. Doté de deux assises fixes, il est constitué d’une coque plastique montée sur un coffre non contre-moulé. Son large dossier pénalise un peu la circulation vers l’avant.

On trouve également un autre grand coffre qui sert de base à la banquette arrière pleine largeur avec ses trois places « ergonomiques ». Les dosserets en forme d'appui-tête sont amovibles pour favoriser le passage vers le bac moteur, et la pratique éventuelle de la pêche. Le tableau arrière, qui ne comporte pas de plate-forme de bain, est percé de deux gros vide-vite à manchons relevables (les taquets coinceurs devront être placés plus haut). Il sert aussi de base de fixation au roll-bar inox qui supporte les feux de navigation. L'étrave est surmontée d'un petit davier inox et d'un taquet sur support polyester facilitant les manœuvres de mouillage. Toutefois, l'accastillage est plus limité que celui de certains bateaux italiens, comme en témoigne l'absence d'échelle de bain en série. .



photo Ribeye SPORTS 650


photo Ribeye SPORTS 650


photo Ribeye SPORTS 650





Conclusion
Ce Ribeye, aux qualités marines remarquables, fait valoir un confort en navigation qui autorise de sortir en famille, même par des conditions moyennes et de parcourir de belles distances sans fatigue.
L’autonomie (environ 120 milles à 24 nœuds) et la relative discrétion sonore du Yamaha 150 ch 4T sont propices à de longues randonnées en mer, en sécurité.




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