Essai Ribeye S Series 785

Toujours au niveau

Depuis son apparition, il y a une dizaine d'années, le 785 des "Sport series" de ce chantier anglais qui fait construire en Afrique du Sud, n'a guère pris de rides. Que ce soit visuellement (look soigné) ou dynamiquement (tenue à la mer impeccable), il reste parmi les leaders de sa catégorie.

Texte et photos Philippe Leblond


 72 000 € avec Yamaha 300 ch 4T (tarif 2016)
 7.83 m
 14
 49,6 nds avec Yamaha 225 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 93 janvier/Février 2013



Un solarium, une échelle de bain avec sa plate-forme, un pont recouvert de teck (une imitation, mais quand même), un taud de soleil… Les Anglais se "lâchent" ! Bon, ne vous emballez pas, ils n'en sont pas encore, comme les Italiens, à la dînette, la douchette et l'abri WC (quoique… Scorpion est en train de nous faire mentir…) ! Mais, tel quel, la dernière version du S 785, l'un des modèles phares du chantier de Dartmouth, offre un visage à même de séduire la clientèle méditerranéenne, ce qui était loin d'être l'objectif il y quelques années… Et cela, sans renier ses qualités intrinsèques de semi-rigide britannique. A savoir, une carène étroite et en V profond, dessinée pour se déplacer rapidement en mer formée, des flotteurs de diamètre modéré pour ne pas toucher l'eau en navigation (pas de traînée, ni de coups de raquette), un catalogue qui fait la part belle aux sièges jockey (notre bateau d'essai arborait un nouveau bolster convertible)… Non, pas question pour Ribeye de tourner le dos à son identité première, qui est de proposer un bateau donnant envie de passer au moins autant de temps à la barre qu'au mouillage !
Le diamètre contenu des flotteurs permet, malgré une largeur au gabarit routier, tubes gonflés, de disposer d'une surface de pont décente pour un semi-rigide de cette longueur. Ainsi, bien que le poste de pilotage soit étudié pour deux (pilote + copilote), les passavants ne sont pas sacrifiés, et les déplacements sur le pont s'avèrent commodes, le Teck Deck étant un antidérapant efficace. Côté rangement, le coffre avant et la soute arrière (sous la banquette triplace) ne sont ni l'un, ni l'autre, en mesure de stocker l'encombrante rallonge du solarium avec son support en tubes inox fixes. Par ailleurs, il est dommage de ne pas bénéficier d'une baille à mouillage dédiée, sur un bateau de ce standing… Un petit socle avec taquet et davier permet quand même d'aider à la manœuvre. Le siège devant la console peut accueillir deux enfants. Si l'on ajoute les deux places du nouveau bolster, convertible assis/debout (un peu une usine à gaz, et plutôt encombrant), ainsi que les trois de la banquette de poupe ergonomique, ce sont sept passagers qui peuvent voyager confortablement, même dans du gros clapot.
Oui, car même après une dizaine d'années d'existence, la carène du 785 demeure un must dans le segment des 25-26 pieds. Son étrave acérée coupe la vague avec une facilité désarmante (quel confort dans le clapot !) et dessine des trajectoires d'une grande précision, quel que soit le rayon du virage qu'on effectue. Le grip est indéfectible, la gîte intérieure marquée et constante, et les relances produites par le gros V6 Yamaha, énergiques. Le plaisir à la barre est donc au rendez-vous, et l'on est surpris de la facilité qu'il y a à maîtriser les 300 chevaux qui déferlent à chaque coup de gaz. Même avec ce hors-bord qui "cube" plus de quatre litres de cylindrée, le S 785 semble loin d'être en limite de motorisation. Il convient juste de "redresser" le bateau avec un peu de trim positif à l'accélération, car l'effet de couple de l'hélice se fait sentir…
Petite déception, en revanche, concernant la vitesse maxi. Nous avons eu beau trimer à la limite de la ventilation de l'hélice, nous n'avons pu accrocher les 50 nœuds… Pour mémoire, nous avions signé un beau 48,5 nœuds avec un Yamaha 250 (800 cm3 en moins et 25 kg en plus). Etonnant, car sur les intermédiaires, nous étions largement en avance avec le F300 (30 nœuds à 3 500 tr/min contre 24,8 nœuds, et 40,1 à 4 500 contre 33)… On se consolera donc avec les meilleurs rendements obtenus par le F300 – bien que n'ayant pas les consos de ce dernier, il y a fort à parier qu'il est plus économique à ces régimes de croisière. Les neuf heures d'autonomie attendues (notre estimation) avec les 280 litres du réservoir fixe seront, à cet égard, tout à fait satisfaisantes.



photo Ribeye S Series 785


photo Ribeye S Series 785


photo Ribeye S Series 785


AU PONTON
Malgré un pare-brise assez bas, la console défléchit bien le flux d'air à haute vitesse, et d' éventuels embruns... Le nouveau siège de pilotage traité en double bolster avec assises rabattables est à la fois encombrant et difficile de maniement. De plus, en position haute, il n'est pas très confortable car il rabat le corps du pilote vers l'avant. Autre grande évolution à bord du S 785, le solarium avec sa rallonge offrant de bonnes dimensions. En revanche, ce lourd et encombrant accessoire ne pourra trouver place dans les coffres du bord.




EN MER
La carène du S 785, semi-rigide bien connu chez nous, reste une référence. Son mariage avec le Yamaha F300 est une réussite totale, même si l'on a échoué d'un rien contre le mur des 50 noeuds. Un choix d'hélice, ou une hauteur de montage moteur à peaufiner et ce chiffre magique devrait, n'en doutons pas, s'afficher sur l'écran du GPS. Les rendements avec le V6 japonais devraient être excellents à mi-régime.




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