Essai Sacs 33 X File

Un grand fauve

Enfant terrible de la production italienne, Sacs s'ingénie à explorer les chemins de traverse pour dessiner des modèles hors du commun, avec un bonheur certain. Bravo, car il ne faut avoir froid aux yeux pour proposer un 9,50 m destiné tout simplement à la balade en famille avec 500 ch au tableau arrière !

Texte et photos : Jacques Anglès


 128 000 € avec 2 x Mercury Verado 250 ch 4 T (tarif 2005)
 9.7 m
 24
 51,8 nds

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Paru dans le Pneumag n° 45 Janvier/Février 2005




Dans le club assez restreint des semi-rigides de 9-10 m, la plupart des modèles visent prioritairement les clubs de plongée ou d'autres usages professionnels tels que le sauvetage en mer. Le Sacs 33 X-File, lui, tourne le dos à ces considérations bassement utilitaires et propose un engin de pure plaisance, très fun par sa conception et son design, avec un programme de balade rapide et de farniente dans les criques. On en trouve confirmation dans les deux bains de soleil King-size (2,50 x 1,55 m à l'avant, 1,85 x 1,40 m à l'arrière), tout à fait adaptés à l'art du bronzage pile-face sous le soleil de Méditerranée. Une chose est sûre, ce pneu géant au look recherché suscite toujours la curiosité (et des commentaires élogieux) quand on arrive près d'un quai. Il est vrai que le pont en teck (en option) lui ajoute une jolie touche de classe. Le gros flotteur (68 cm de diamètre !) gris clair, réalisé avec soin en néoprène-Hypalon 1600 décitex, est protégé par un large liston de caoutchouc que souligne un filet bleu marine. Le gel-coat des parties en polyester montre un aspect soigné avec des portes de placards en teck et des pièces d'inox qui renforcent l'aspect luxueux du bateau. Bonne idée, le gros massif de proue en polyester sert de support au guindeau électrique (protégé par un capot), la chaîne descendant directement dans la soute située en dessous, avec un accès pratique par une large porte. En revanche, le gel-coat brillant de ce coffre, souvent utilisé comme marchepied lorsque l'on embarque depuis un quai, est dangereusement glissant ; un bon antidérapant s'impose sur cette surface. Placée assez en arrière pour dégager un grand pont avant plat, la volumineuse console de pilotage abrite une cabine où l'on tient debout (hauteur de 1,86 m), dotée de deux couchettes de 1,98 x 60 cm, assez claire grâce à deux hublots latéraux. Le socle de la banquette de pilotage abrite un frigo et une cuisine jolie et pratique, mais en revanche la table rabattable, à la fois trop haute et trop loin de la banquette arrière, est peu commode.On retrouve d'ailleurs sur tout le bateau ce contraste entre des choses magnifiquement réalisées (par exemple les superbes ouïes d'aération en inox, ou l'installation du guindeau) et certains détails quelque peu négligés, à l'image des supports de verres de chaque côté de la banquette arrière, coupés dans un contreplaqué mince et fragile ou de l'absence de gel-coat intérieur dans la très grande soute arrière. Malgré ces quelques bémols, le charme de ce bateau est indéniable. En mer, confortablement calé derrière la haute console du 33 X-File, votre essayeur Pneu-mag apprécie les performances de cette belle machine, volant à 50 nœuds sur les crêtes d'un gros clapot de sud-est. Ça décoiffe à plaisir, avec derrière, les Verado qui rugissent de tous leurs cylindres en basses rauques et puissantes. Courbe à droite, courbe à gauche, ça passe bien sur cette mer assez dure, mais à cette vitesse il faut tout de même rester attentif aux vagues et jouer du trim quand il faut. La position de pilotage (assise ou debout grâce aux sièges relevables) est agréable et bien abritée des embruns, le volant étant positionné presque à plat à la manière des gros fishings américains, mais il faut quelques minutes pour se faire à l'inhabituelle douceur des commandes d’accélérateur électriques des Verado. Heureusement il n'y a personne aux environs, car avec 500 ch à plein régime, parler de la discrétion des moteurs n'a guère de sens. En revanche, en rendant un peu la main, ces mêmes moteurs se montrent étonnamment silencieux : 78 dB à 4000 tr/mn, une valeur très inférieure à la moyenne, ce qui fait une énorme différence à l'oreille et permet de converser sans hausser le ton.

à ce régime, notre X-File file 33 nœuds, une vitesse de croisière "peinarde" avec un confort absolu. C'est là que réside son principal atout : naviguer entre 30 et 40 nœuds avec la sensation d'être à une allure de promenade ! Manette à nouveau dans le coin pour chercher la vitesse de pointe en aérant la carène, et en évitant de donner trop de trim à cette carène gourmande qui flirte avec les 52 nœuds. Suite du programme avec un enchaînement de virages serrés, où la carène reste sur des rails, sans que l'on décèle la moindre velléité de décrochage. Au pire, on parvient à faire ventiler les hélices en insistant lourdement. Bref, c'est bon partout, avec en prime l'agrément d'une direction hydraulique douce et précise. .



photo Sacs 33 X File


photo Sacs 33 X File


photo Sacs 33 X File





Conclusion
Ce modèle hors normes est réservé à une clientèle fortunée, car outre son prix d'achat élevé, il faut aussi prévoir un budget en centaines d'euros pour la moindre sortie, sans parler de la nécessaire place de port et autres à-côtés. Évidemment, une bête de cet acabit peut paraître superflue pour de simples balades côtières en famille ou entre amis, mais ceux qui n'ont pas de problème de budget craqueront pour son look de séducteur, son pont en teck et ses performances grisantes. D'autant plus que la double motorisation Verado, testée ici, offre au pilote un vrai régal mécanique !




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