Essai Sacs Strider 13 Open EFB

Luxe et volupté

Fidèle à l'image du chantier milanais, le Strider 13 est d'abord un joyau de design, racé et luxueux, qui attire tous les regards. Double programme pour ce canot très haut de gamme : balades et farniente entre amis avec d'immenses bains de soleil, ou croisière amoureuse, avec une luxueuse cabine double. Superbe… mais pas tout à fait sans défaut.

Texte et photos Jacques Anglès


 366 000 € avec 2 x Mercruiser 430 ch essence (tarif 2016)
 13.35 m
 15
 40,2 nds
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Paru dans le Pneumag n° 87 Janvier/Février 2012



Mettons d'emblée les choses au clair : cet engin hors du commun n'est pas à la portée de Monsieur Tout-le-monde, mais on peut toujours rêver ! Faire rêver, c'est d'ailleurs le leitmotiv du chantier milanais, jamais en panne d'audace en matière de design. En particulier avec les séries haut de gamme, Strider et Indaco, dont le modèle amiral affiche 17 m de long ! Rappelons tout de même que si Sacs fait valoir son image grâce à ses unités de prestige, il produit aussi des canots plus accessibles et tout aussi séduisants, dénommés Sport Class, avec sept modèles de 4,90 m à 8,70 m.
Mais revenons au Strider 13 de cet essai. C'est un open, équipé du T-Top en polyester laqué optionnel que propose le chantier. Joliment profilé, ce "couvre-chef" n'altère pas le profil affuté de ce grand canot, tout en apportant un indéniable confort en navigation, notamment en croisière. La première chose qui frappe en embarquant, c'est la fabuleuse surface de pont, à commencer par le carré arrière, avec peu d'équivalent dans le monde du semi-rigide (sinon sur le… Strider 15 !). Son immense banquette en U (4,50 m de longueur totale !) y accueille aisément dix personnes, avec, au centre, une belle table (repliable et abaissable), pour apéros ou repas de fête. À côté, le meuble-cuisine, avec frigo intégré (ou deux en option), s'adosse à l'arrière du poste de pilotage. Dommage que la plaque de cuisson y soit en option. Le carré est prolongé vers l'arrière par un vaste solarium installé sur le capot du compartiment moteur. Quatre personnes peuvent lézarder à l'aise sur cette aire de farniente, parfaite au mouillage mais inutilisable en mer vu l'absence, regrettable, de garde-fou. Ce solarium se lève grâce à deux vérins électro-hydrauliques commandés du tableau de bord, donnant ainsi accès aux V8 Mercruiser.
À peine plus basse que le solarium, la plate-forme de poupe de près de cinq mètres carrés, parée de teck (contre-plaqué rainuré à joints traditionnels), mérite l'appellation de plage de bain, avec une échelle qui s'escamote dans le plancher. Au centre, le poste de pilotage s'abrite derrière une grande console au profil d'avion de chasse. Il offre une banquette à trois places très confortable, avec un haut dossier enveloppant. Le tableau bord est bien lisible, et le pilote dispose d'une assise relevable pour barrer debout et d'un cale-pieds en pilotage assis, privilège que ne partagent pas les copilotes. L'entrée de la cabine, côté gauche de la console, est abritée par le T-Top, ce que l'on appréciera particulièrement en cas de pluie. De part et d'autre, deux passavants extra larges conduisent au pont avant surélevé, sous lequel se loge la cabine. Comme à l'arrière, on regrette ici l'absence totale de balcon ou garde-fou, tout à fait préjudiciable à la sécurité, d'autant plus que les mains-courantes de chaque côté de la console sont très courtes. La prudence incitera donc à interdire cette zone en navigation, donc à se priver de sa magnifique surface de farniente, dommage. Tout à l'avant, on trouve une soute volumineuse, ou l'on pourra stocker des objets encombrants, matériel de plongée, vélos pliants pour la croisière, etc. Pour ce qui est des rangements, le Strider 13, mérite d'ailleurs tous les éloges. Outre la soute ci-dessus, il offre en effet une seconde cale, géante, sous le poste de pilotage (accessible par quatre panneaux) et une série de coffres très pratiques, sous la banquette arrière, sans compter les rangements intérieurs. Terminons notre visite par la cabine, à laquelle on accède par un bref escalier. Elle offre un bon confort pour un couple, avec une hauteur sous rouf de 1,80 m à 1,73 m, un lit double king-size et un cabinet de toilette spacieux. On y apprécierait une douche, mais celle-ci est cantonnée à l'extérieur.
Séducteur et séduisant à l'arrêt, le Strider 13 l'est-il autant en navigation ? Sur le papier, le duo de V8 américains totalisant 860 ch semble bien adapté à ce grand canot, dont le poids approche les sept tonnes avec les réservoirs à demi pleins, et six personnes à bord. Contact ! Bon point au passage pour le poste de pilotage, où la position debout est la plus agréable, avec un bon appui sur l'assise de pilotage relevée. Volant et commandes de gaz (Smartcraft électrique) juste sous la main, tableau de bord bien lisible (malgré une distribution des cadrans un peu "éparpillée" autour de l'écran de navigation central), c'est bien fait. Seul bémol, les montants du T-Top gênent un peu la visibilité, surtout sur tribord avant.
Pour lancer l'engin, toute la puissance des V8 est requise. La longue coque “décolle“ progressivement, à la manière habituelle des grands bateaux, pratiquement sans cabrer. Bien déjaugé, dès 15 nœuds, le Strider atteint 20 nœuds en 8,5 secondes, performance tout à fait satisfaisante compte tenu de la masse. La vitesse de croisière idéale se situe entre 22 et 28 nœuds, allure à laquelle on a vraiment la sensation de se balader en toute sécurité, dans un confort exceptionnel. Le bruit des moteurs reste modéré, permettant de converser sans élever la voix. Le pilotage est certes moins ludique que sur un bateau plus petit et léger, mais néanmoins plaisant, avec une bonne sensibilité au trim, qui permet d'ajuster l'assiette au mieux. Longue et puissante, la carène passe en douceur dans les vagues et fait preuve d'une belle maniabilité en virage, bien servie par une direction douce et précise. On apprécie aussi la stabilité impeccable qu'elle démontre en toutes circonstances (mer de face, de travers ou d'arrière). Le chrono maxi de 40 nœuds nous laisse toutefois un peu sur notre faim au regard de la silhouette sportive de ce modèle, d'autant plus qu'à cette vitesse la carène est à l'évidence loin de ses limites. On rêve d'une motorisation plus puissante… hélas inexistante en stern-drive "plaisance", à moins de monter trois V8, ce qui n'est pas prévu, ou des moteurs de course Mercruiser Racing.



photo Sacs Strider 13 Open EFB


photo Sacs Strider 13 Open EFB


photo Sacs Strider 13 Open EFB


photo Sacs Strider 13 Open EFB





CONCLUSION
On se laisse d'abord séduire par le look de ce grand jouet de luxe, qui ne laisse personne indifférent, puis par son pont particulièrement spacieux et convivial, capable d'accueillir aisément dix personnes, voire plus. Que ce soit lors des repas, où le superbe carré est un bonheur, ou lors des moments de farniente, avec des solariums avant et arrière immenses, on ne se sentira jamais à l'étroit sur ce semi-rigide XXL. Et si l'on veut s'offrir une croisière romantique, hors des sentiers battus, la carène assure en mer et la grande cabine double propose son confort à l'escale.




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