Essai Sacs Strider 8

A fond sur la séduction !

Quelle ligne ! Le contraste du gel-coat et des tissus, bien tempéré par la chaleur du teck massif, séduit au premier regard. Le moins grand des Strider est déjà une unité ambitieuse et ses performances, avec un seul moteur, ajoutent à sa compétitivité dans un segment de marché où les Italiens règnent en maîtres.

Texte et photos Philippe Leblond


 102 000 € avec 250 ch (tarif 2016)
 8.43 m
 16
 46,3 nds avec Mercury Verado 300 4T
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Paru dans le Pneumag n° 108 Juillet/Août 2015



En dépit de ses dimensions plus que respectables, le 8 est le plus petit de la gamme Strider, dominée par le fabuleux Strider 19 (18,30 m) que nous avons présenté dans notre précédent numéro. Le bateau de notre essai est la version hors-bord, sachant que le Strider 8 est aussi proposé avec une propulsion in-board monomoteur, essence ou diesel. Sans atteindre la fluidité de la silhouette du modèle in-board, la ligne du Strider 8 hors-bord charme au premier regard. Le coup de crayon de Christian Grande, l'architecte "attitré" de Sacs Marine, fait mouche. D'autant plus que les propriétaires de cet exemplaire n'ont pas hésité à recourir à une coque noire, qui contraste avec le blanc des flotteurs et de la sellerie. Le teck (véritable) quant à lui jette une touche cossue sur ce grand semi-rigide au physique très avantageux. Parmi les points qui retiennent l'attention, il y a bien sûr les deux grands solariums qui encadrent le poste de pilotage où le leaning-post se voit adossée une kitchenette. Cette dernière comporte un petit évier, une planche à découper en marbre, une tablette de pique-nique rabattable et un mini frigo à tiroir. Il y a aussi le grand cabriolet qui s'extrait d'un rangement spécifique, aménagé au pourtour du bain de soleil arrière. Une solution à la fois élégante et pratique.
On ne peut pas non plus passer sous silence l'impressionnante capacité de rangement qu'offre le Strider 8, et notamment l'énorme soute arrière qui, sur la version in-board, sert de compartiment au V8 Mercruiser. A celle-ci, s'ajoute une autre, sous les pieds du pilote, ainsi que trois beaux coffres qui servent de socle au solarium de proue et pour lesquels le chantier a posé des joints de caoutchouc qui les rendent à la fois secs et silencieux en navigation (pas de vibrations des capots). Par ailleurs, les amateurs de mouillages "gourmands" apprécieront de disposer de deux tables, celle au dos du leaning-post et une plus grande, à l'avant, qui se dresse à l'aide du complément central du solarium. Ainsi, il est possible de prendre son repas, ou l'apéritif, soit à partir de la banquette arrière (cinq personnes) ou du carré avant (cinq aussi), avec la possibilité de faire déjeuner les enfants à l'écart.
Pour ce qui est du poste de barre, pilote et copilote apprécieront de pouvoir naviguer à vive allure derrière le haut pare-brise enveloppant. Le volant à inclinaison réglable, ainsi que la demie assise relevable permettent de trouver une position de pilotage agréable, même pour les grands gabarits. En revanche, pour piloter assis, il manque un repose-pieds et comme souvent une boîte à gants, ou un équipet ouvert, afin d'y déposer le petit matériel (VHF portable, téléphone, clés…). On soulignera également l'absence d'une poignée pour le copilote, ainsi que d'une main courante latérale sur la console et le leaning-post, pour assurer ses déplacements à bord par mer agitée. En revanche, on ne peut pas reprocher à Sacs d'avoir vu étriqué pour le tableau de bord ! Il y a toute la place qu'on veut pour intégrer une centrale de navigation à grand écran.
Avant de prendre les commandes, la plate-forme de bain mérite un commentaire. D'abord pour saluer l'espace qu'elle offre pour accéder à la baignade, mais aussi pour le rôle de chaise moteur qu'elle assume, rallongeant de manière significative la longueur à la flottaison. Nettement déporté au-delà de l'extrémité des flotteurs, le Verado 300, ex-plus puissant des hors-bord plaisance de Mercury, devrait profiter d'une bonne motricité et d'une traînée hydrodynamique en atténuation. Les vitesses obtenues parlent d'elles-mêmes, avec un brillant 46 nœuds à 6 250 tr/min, soit en plein dans la fourchette de régime maxi préconisée par le motoriste. Cette performance en entraîne une autre avec des allures de croisière relativement économiques aux régimes qui nous intéressent, c'est-à-dire en croisière, entre 3 500 et 4 000 tr/min avec respectivement 20,1 nœuds et 0,65 milles/litre, et 30,6 nœuds et 0,60 mille/litre. Par contre, à 5 000 tr/min (35 nds), le rendement chute assez brutalement avec une consommation qui s'envole. A 4 000 tr/min, le Strider 8 est une vraie limousine, gommant le petit clapot, le Verado conservant un timbre grave et discret. Ce sera certainement, avec cette motorisation, l'allure de référence pour les longues balades en famille. Pour des navigations plus ambitieuses (traversées hauturières), on notera une autonomie modeste au regard de celle de la concurrence, et elle le sera encore davantage en bimoteur avec 2 x 150 ch. Un réservoir de 350 à 400 litres serait le bienvenu… Malgré une légère latence dans sa mise en action, le puissant 6 en ligne américain met les bouchées doubles une fois son compresseur en action, pour signer des temps d'accélération satisfaisants considérant les 2,5 tonnes de ce semi-rigide à demie charge.
Pour ce qui est du comportement, le pilote et ses passagers n'ont pas à se plaindre. Même si la mer, particulièrement clémente le jour de notre essai, ne permet pas de porter un jugement définitif en termes de confort, force est de souligner la docilité, la précision et l'homogénéité du Strider 8 dans toutes ses évolutions, même dans les virages pris sans ménagement, ou sa gîte et son grip progressifs mettent tout de suite en confiance. Les sorties de courbes se font en pleine motricité avec, il est vrai, un montage moteur sage qui explique peut-être aussi, une réactivité mesurée aux réglages de trim. On aimerait bien 100 chevaux de plus, histoire de voir si le Strider 8 montre plus de tempérament…



photo Sacs Strider 8


photo Sacs Strider 8


photo Sacs Strider 8


photo Sacs Strider 8





Conclusion
Diablement séduisant, le Strider 8 joue de son esthétique émanant d'une qualité de construction soignée et d'un dessin habile. Spacieux, son cockpit fait la part belle au farniente mais n'oublie pas de garantir une circulation aisée et le teck massif ajoute encore à l'impression de luxe. Quant aux performances, elles sont d'un bon niveau sans recourir à la bimotorisation.




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