Essai Sacs S 780

Catégorie grand tourisme

Sa ligne ne risque pas de le faire confondre avec un autre. à la fois élégante et puissante, elle ne donne pas dans la sobriété, comme le montre le traitement de la delphinière et surtout de l'arceau. Mais, il est bien dans la philosophie de Sacs de surprendre tout en respectant l'essentiel : une construction sérieuse, un comportement marin et un plan de pont convivial.

Texte et photos Philippe Leblond


 37 160 € sans moteur (tarif 2006)
 8.02 m
 20
 41,9 nd avec Suzuki 250 ch 4T

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Paru dans le Pneumag n° 51 Janvier/Février 2006




D'aucuns diront - et ce n'est pas l'arrivée du sulfureux Samouray qui leur fera dire le contraire ! - que le style Sacs ne donne pas dans l'élégance discrète. Certes, mais le chantier italien est un peu, toutes proportions gardées, ce qu'Azimut est au yacht. Un agitateur dans la sphère souvent timide et répétitive des concepteurs de semi-rigides. Sa créativité s'exprime par des réalisations spectaculaires, pas toujours du meilleur goût il est vrai, mais souvent porteuse d'une forte personnalité. Ainsi, le S 780 se signale par une arche porte-radar au dessin inspiré, mêlant le polyester et l'inox, tandis que l'imposante delphinière, moulée sur le nez du bateau, lui confère une proue conquérante. Mais, l'ensemble « fonctionne bien » dans la mesure où la console, au profil dynamique et au tableau de bord design, est elle aussi volumineuse. L'équilibre esthétique est donc harmonieux bien que très structuré. Passé ce premier choc visuel, il est temps de détailler les qualités et les points faibles du plan de pont. Les deux petites plates-formes, couvertes de teck en standard (comme l'ensemble du cockpit d'ailleurs), peuvent aussi bien servir à la baignade qu'à l'embarquement lorsque le bateau est amarré « cul-à-quai ». Un reproche, toutefois, sur un bateau de ce niveau, l'échelle de bain n'est pas coffrée. Il est à noter que les plates-formes sont prises sur la longueur intérieure, encadrant ainsi le large bac moteur (la double motorisation profite de moteurs arbre extra-long, donc avec la contre-rotation), ce qui dénote une longueur importante à la flottaison. La main courante qui borde l'arrière du solarium est la bienvenue pour se maintenir à la poupe du bateau, notamment côté douchette (option). L'accroissement de surface du bain de soleil de poupe (184 x 128 cm) est obtenu par le basculement, vers l'avant, du dossier de la banquette, laquelle peut accueillir deux à trois personnes seulement, en raison des montants du roll-bar inclinés vers l'intérieur (ah, toujours le style !). Un cran plus en avant, on trouve le siège pilote biplace, bien bordé dans son cocon en plastique moulé, dans le dos duquel on trouve une tablette de pique-nique escamotable. Soit dit en passant, il est dommage que Sacs n’ait pas prévu une main courante au dos de ce siège, pour permettre aux passagers de l’arrière de naviguer debout lorsque la mer forcit. Par contre, un bon point pour l’assise relevable qui sert d’appui fessier en pilotage sportif. La console volumineuse et au dessin recherché n’est pas un modèle d’ergonomie de pilotage (commandes trop basses), et elle n’évite pas le reproche du manque de place pour intégrer l’électronique. Heureusement, il reste la solution de fixer les appareils sur le dessus. à mentionner : le petit témoin lumineux pour éviter d’oublier de couper les batteries en quittant le bord. Une idée « Top Loisirs », le distributeur Sacs de La Trinité-sur-Mer, chez qui nous avons fait l’essai.

Passer vers l’avant n’est qu’une formalité grâce aux deux larges passavants de part et d’autre de la console. Cette dernière présente la particularité de posséder un siège escamotable sur sa face avant. Ce qui permet d’augmenter la surface du solarium avant (190 x 160cm). Ce dernier recouvre une immense cale avec capot sur vérin à gaz. Cette assistance au levage est appréciable car ledit coffre est entièrement recouvert de teck. Comme la grande cale située sous la banquette arrière (batterie, coupe-batterie, pompe de cale et poire d’amorçage faciles d’accès), celui-ci peut fermer à l’aide d’un cadenas. Ce grand rangement est dominé par l’impressionnant « gaillard d’avant », avec accès frontal au puits de mouillage (petite porte en teck). Il est vrai qu’il intègre un guideau, avec ses commandes électriques locales, et un solide davier en inox poli miroir, du plus bel effet. On y trouve aussi deux taquets, de part et d’autre de la chaîne, pour les amarres de pointe. Ce tour du propriétaire ne serait pas complet sans évoquer l’assemblage de belle facture du flotteur en Néoprène/Hypalon de fort diamètre, bien protégé sur toute sa périphérie par une double bande antiragage. Notons aussi le passage plongeur à mi-longueur, avec son doublage de renfort, et les poignées siglées Sacs, bien placées pour aider à la remontée à bord. Plus élégantes mais moins fonctionnelles, les saisines en forme de brides ont, hélas, été préférées au traditionnel cordage en polyéthylène.

à la barre, nous n'avons pas pu bénéficier de conditions parlantes pour tester véritablement les qualités de confort de la carène du S 780. Même en allant chercher vers le large, nous avons dû nous contenter d'un petit clapot qui n'a posé, vous vous en doutez, aucun problème à cette grande coque en V profond et au poids respectable. Même à vive allure, la carène du S 780 gomme sans effort et sans secousses les petites crêtes qui viennent à sa rencontre. On apprécie la rigueur de la tenue de cap, même à plein régime (6 000 tr/mn), où malgré un réglage de trim assez poussé (pour obtenir la plus haute vitesse), aucune velléité au roulis ne se fait jour. La performance obtenue est respectable : 41,9 nds en restant à 50 ch de la puissance maxi autorisée par le constructeur… Avec 300 ch (mais il faut passer chez Yamaha), les 45 nds sont envisageables. C'est alors que nous décidons d'enchaîner une série de virages, au rayon de plus en plus court. La barre précise et douce rend l'exercice agréable et l'aisance avec laquelle le long nez du Sacs s'inscrit dans les courbes est un régal. La gîte intérieure plutôt marquée (V profond oblige) préserve notre confort, même lorsqu'on remet plein gaz en sortie. Là, aucune ventilation de l'hélice. Le Suzuki 250 ch relance bien, sans perte de motricité et fait apprécier sa souplesse à défaut de fougue. Mais, le plus important considérant la philosophie du Sacs, semi-rigide de grand tourisme familial, c'est de constater l'agrément qu'il offre en allure de croisière, par exemple à 4 000 tr/mn, où sa force tranquille le fait avancer à près de 27 nœuds et (presque) en silence. Et avec 300 litres de carburant, l'autonomie devrait approcher les 200 milles. De quoi faire de belles balades….



photo Sacs S 780


photo Sacs S 780


photo Sacs S 780





Conclusion
Difficile de faire la fine bouche au moment de conclure sur un semi-rigide de ce standing ! En attendant de le mettre à l’épreuve de la mer formée (mais cette perspective ne nous inquiète pas plus que ça), le Sacs n’a montré que de bons côtés : confort en navigation, maniabilité, qualité de construction, circulation à bord, capacité de rangement, surface de bain de soleil, esthétique accrocheuse… En regard de quoi, les quelques imperfections – à l’exception de la position de conduite peut-être - tiennent du détail.




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