Essai Selva PA 430 ALU

Pourquoi dépenser plus ?

Difficile de trouver budget plus serré pour faire ses premiers pas dans le motonautisme ! Et pourtant, l'ensemble Selva (le moteur aussi est de la même marque) propose un cockpit homologué pour huit, et un 25 ch assez nerveux pour l'initiation au ski ou tirer un wake-board. Bref, on en a pour son argent !

Texte et photos Philippe Leblond


  5 880 € avec Selva 20 ch 2T (tarif 2016)
 4.29 m
 8
 20,5 nds avec Selva 25 ch 2T

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Paru dans le Pneumag n° 64 mars/avril 2008




L'un des points forts de cet ensemble Selva est bien sûr son prix qui ouvre la porte du loisir nautique motorisé à un large public, d'autant qu'il s'agit d'un canot pliable ne nécessitant pas l'achat d'une remorque. Comment parvenir à contenir un budget à un seuil aussi bas, alors qu'on propose un pneumatique de 4,30 m et un hors-bord de 25 ch, ce qui le situe déjà bien au-dessus du point de départ du petit pneumatique familial (limite arbitraire : 3,50 m et 9,9 ch) ? Selva a dû se poser la question, et sa réponse, comme pour d'autres (même Zodiac !) aura été de faire construire certains de ses modèles en Chine, où le coût de la main-d'œuvre - doit-on le rappeler ? - est bien moins élevé qu'en Italie, où sont fabriqués les autres Selva. Cette délocalisation concerne donc la gamme Plein Air qui comporte des modèles PVC à plancher gonflable haute pression, ou en aluminium, comme le 430 que nous avons pu essayer à Gênes. Première constatation : le PA 430 présente bien. La finition est soignée, que ce soit pour le tube en PVC, à l'assemblage propre, ou pour le plancher en aluminium et bois peint, bien ajusté. La toile qui sert de fond de coque renferme une quille gonflable protégée par une bande de renfort en caoutchouc : bien pour l'échouage… Par contre, les poignées de portage ne sont pas à la hauteur : d'apparence « cheap » et d'une ergonomie approximative, elles ne sont pas agréables à la main. Autre défaut étonnant sur un canot de ce type, où les passagers seront le plus souvent assis sur les boudins, l'absence de véritables saisines, sur toute la longueur. Ici, vos mains devront se contenter de brides en PVC (les ampoules sont fournies avec !), ou de… rien du tout, pour ceux qui seront assis à l'arrière. Mais, il y a d'autres notes plus positives comme les avirons sur dames de nage repliables (on s'interroge quand même sur la solidité…). Ceux-ci peuvent aussi prendre place sur l’intérieur des flotteurs, dans des clips en caoutchouc, afin de libérer de la place pour s’asseoir sur les flotteurs. Autre bon point pour le plancher en alu qui comporte un striage efficace pour rester debout (les planchers en alu lisse sont de vraies patinoires lorsqu’ils sont mouillés…). Les deux bancs en bois sont amovibles, comme il se doit, mais manquent un peu de rigidité : attention aux plus de 100 kg ! Il est aussi dommage que la courte liste des options (un taud de mouillage à 109 c) ne propose pas un sac étanche, de type « fourre-tout », à arrimer dans la pointe avant… Une fois en route, on est tout de suite rassuré par l’assise de ce canot pliable dont les flotteurs de gros diamètre dessinent un cockpit assez profond. Le 25 ch Selva à carburateurs ne fume pas plus que ça au démarrage et ne vibre pas trop au ralenti, mais s’avère assez bruyant, dès les moyens régimes. Par contre, il ne manque pas de punch, ce qui procure rapidement une bonne sensation de vitesse, même à 14 nds, allure que nous retiendrons comme étant celle de croisière. En montant dans les tours, le niveau sonore augmente sensiblement et il faut commencer à « s’occuper » de la barre franche. Deux à bord, mais sans chargement, nous dépasserons juste les 20 nds à plein régime, une vitesse qui semble bien plus importante assis près de l’eau. La tenue cap reste assez facile à maîtriser, mais dans les virages rapides, où le bateau passe quasiment à plat, il faut se cramponner et bien gérer les remises de gaz, en attendant si possible d’avoir débraqué. Ce petit ensemble Selva est vif et plaisant à piloter, mais réclame un peu d’accoutumance pour utiliser efficacement toute la puissance. Attention aussi lors du déjaugeage, au cabrage prononcé. Phénomène tout à fait normal sur ce genre de bateau, avec 25 chevaux. Il est donc conseillé d’éviter de déjauger face à un vent fort, et de réaliser cette manœuvre vent dans le dos ou de côté. Ajoutons pour terminer que la puissance maxi ne s’impose pas, sauf pour les amateurs de ski ou de wake. Pour des utilisations moins sportives, sachez que le PA 430 peut s’avérer déjà performant avec un 15 ch, pour un prix encore plus bas !.



photo Selva PA 430 ALU


photo Selva PA 430 ALU





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