Essai Selva 550 Pro

Un rôle à jouer

Extrapolation du D.540 Evolution Line, le 550 Pro se démarque franchement de son aîné pour ce qui est de l'aménagement du cockpit, mieux pensé pour certaines activités comme la plongée ou la pêche. A ceux qui penseraient qu'il n'est qu'un clone déclassé, ce nouveau venu prouve qu'il mérite d'exister.

Texte Philippe Leblond - Photos Philippe Leblond et DR


 17 240 € avec Selva 60 ch 4T (tarif 2016)
 5.42 m
 10
 29,7 nds
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Paru dans le Pneumag n° 87 janvier/Février 2012



Selva a décidé, l'année dernière, de créer une série plus polyvalente, utilisant les carènes des Evolution Line, mais en délestant les cockpits de certains éléments de confort (banquette, bain de soleil, coffres…). Nous avons pu essayer le 550, de cette nouvelle famille baptisée "Pro", comportant également le 600 et le 700. Le 550 Pro reprend la carène du D.540, mais en proposant un cockpit plus dépouillé, mieux adapté aux loisirs sportifs, types pêche, chasse ou plongée, activités qui réclament une grande liberté de mouvement sur le pont. Curieusement, cet abandon du programme "farniente" se traduit par un prix de vente inférieur de seulement 900 €, à motorisation égale. Notre modèle d'essai était en fait le prototype, dans un premier temps nommé 540 Pro, et doté du Dorado (60 ch 4T). Puisque nous parlons moteur, voyons tout de suite ce que donne ce tandem en action… Testé dans des conditions clémentes, le 550 Pro (on va l'appeler par son nouveau nom) se montre d'une bonne volonté à toute épreuve et diffuse un sentiment de sécurité agréable (à valider néanmoins dans une mer vraiment formée). Il affiche une stabilité remarquable, tant en cap qu'en assiette, même lorsqu'on abuse du trim et que l'on brusque les commandes. Il enroule toutes sortes de virages sans faiblesse (si ce n'est la ventilation de l'hélice), passant presque à plat, avec une légère glisse en sortie, mais facile à maîtriser. Pas de coups de raquette, ni de tendance à contre-gîter… Bref un comportement très sain, mais on aimerait bien quelques chevaux en plus pour vraiment faire vivre cette carène que le 60 ch est loin de pousser dans ses derniers retranchements. Le relevé de performances l'atteste, puisqu'on reste sous les 30 nœuds au régime de 5 750 tr/min (hélice propice à la vitesse), avec une allure de croisière économique à seulement 16,5 nds (3 500 tr/min). Notons que les accélérations sont satisfaisantes, le cabrage lors au déjaugeage étant modéré. Disons que cette motorisation pourra convenir à un équipage léger, mais dans le cas contraire (quatre ou cinq personnes avec du matériel), le 60 XSR (modèle "boosté") ou le Portofino 80 ch (2-temps), nous semblent préférables. Depuis l'essai du proto, nous avons eu l'opportunité de prendre en main le 550 Pro, sur un stade nautique près de Milan. Verdict : 29 nds aussi à 5 600 tr/min, avec le Selva 40 XSR (version dopée du 40 ch, réservée au marché italien), mais des accélérations moins convaincantes (déjaugeage en 5"4 et 0 à 20 nds en 8"8), avec là encore une hélice à pas trop long.
Bien assis sur l'eau, avec ses flotteurs de gros diamètre, le Pro 550 se montre stable à l'embarquement et dessine un cockpit assez profond, malgré le pont contremoulé. Ce dernier abrite un réservoir inox optionnel de 100 litres que nous recommandons vivement, même avec une puissance modeste, car il permet de quadrupler l'autonomie de la nourrice. Les câbles du moteur et de la direction sont également logés sous le plancher qui intègre aussi le coffre de mouillage, flanqué d'un taquet et d'un guide de mouillage efficace, ainsi que deux cales de rangement. Concernant le poste de pilotage, le chantier propose deux formules : un leaning-post à structure inox avec assise en rondin, directement fixé sur ce le rebord arrière du cockpit, ou un leaning-post en polyester plus classique, positionné plus en avant. La première proposition a pour but de libérer un maximum de place en avant de la console, tandis que la seconde vise à un recentrage du poste de pilotage, en faveur sans doute d'un meilleur équilibre dans la mer formée.
Bien que plus simple que le D.540 dans sa conception, le 550 Pro n'en bénéficie pas moins d'un niveau de finition comparable, c'est-à-dire soigné. Les flotteurs qui diffèrent sensiblement de ceux du D.540, adoptent des teintes grises, des renforts d'assises, des passages plongeurs et des saisines plus généreuses. Un dernier mot sur la console qui offre un tableau de bord où il ne sera pas commode de faire cohabiter les instruments du moteur et un éventuel combiné GPS/sondeur, sans parler du compas…



photo Selva 550 Pro


photo Selva 550 Pro


photo Selva 550 Pro


photo Selva 550 Pro


AU PONTON
La configuration "tout à l'arrière" du 550 permet de laisser beaucoup d'espace libre en avant de la console, malgré le petit siège placé sur la face avant de cette dernière. Le leaning-post est formé d'une structure tubulaire en inox qui est directement fixée sur le tableau arrière intérieur. Sur le prototype (alors baptisé 540 – voir page précédente), la console et le leaning-post, doté d'un corps en polyester, sont plus avancés, ce qui devrait être un atout en termes d'équilibre face à la mer formée. Selva Marine propose les deux configurations, sans supplément de prix.




EN MER
Page de gauche, le 550 Pro dans sa version définitive. Page de droite, le prototype baptisé 540 Pro. Même comportement, mêmes performances mais avec deux moteurs distincts : pour le 550, un Selva 40 XSR, 40 ch boosté réservé au marché italien, pour le 540 un 60 ch de base. Grâce à sa cylindrée supérieure, le 60 ch reste néanmoins le maître dans le domaine des accélérations. Toutefois, dans l'optique de naviguer avec un équipage de type familial (quatre personnes et leurs affaires), un 60 ch XSR, voire un 80 ch, paraît de loin préférable.




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