Essai Selva D 600 DS

Fils du soleil

Cette déclinaison du D.600 fait la part belle aux adorateurs du "dieu soleil". Sur moins de six mètres, le "DS" propose deux spacieux solariums totalisant près de cinq mètres carrés de matelas ! Sa ligne s'en trouve un peu alourdie, mais en navigation, il conserve les qualités évolutives de son aîné.

Texte et photos Philippe Leblond


 28 300 € avec Selva 70 ch 4T
 5.99 m
 10
 40,8 nds avec Selva 115 ch XSR 4T
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Paru dans le Pneumag n° 93 Janvier/Février 2013



Le chantier italien s'est offert une version encore plus "méditerranéenne" du D.600, en le dotant de deux vrais solariums. Il a même récidivé au Salon de Gênes avec une déclinaison DS du D.650 ! Concernant le 600 DS, que nous avons pu essayer sur un stade nautique près de Milan, l'effet des deux solariums est saisissant. Deux beaux espaces (208 x 130 à l'avant, 106 x 180 à l'arrière) pour les amateurs de bronzette ! Mais, comme souvent, le compromis est de rigueur… Au rang des avantages, il y a bien sûr ces quatre places pour s'allonger au soleil, et une soute arrière XXL puisqu'elle sert de support au solarium. On remarquera aussi que le bain de soleil de proue est encore plus grand que celui du D.600, son matelas venant épouser le siège de console. Au rang des inconvénients, il y a la disparition du leaning-post biplace indépendant de la banquette arrière, signifiant la perte de deux places assises et un accès aux plates-formes arrière via les plats-bords en polyester (sur le 600 DS, on est obligé de piétiner la banquette et le solarium). Plus subjectif, il y a aussi le "préjudice" esthétique, à savoir une silhouette alourdie par le gros module polyester de la poupe, nécessaire au second solarium.
Plus dans le détail, le DS.600 est très proche du D.600, la partie avant étant quasiment la même (la seule différence c'est que le D.600 possède deux coffres, en plus de celui du mouillage), de même que la console avec son petit siège moulé sur l'avant, renfermant lui aussi un coffre. Les flotteurs en tissu Orca sont aussi les mêmes, ponctués à l'avant d'un socle en polyester intégrant un taquet inox. L'environnement du moteur est également identique avec deux courtes plates-formes et le nable de remplissage du réservoir d'essence. Saluons l'effort de Selva, bien que le prix soit contenu, qui offre une finition propre, à défaut d'être sophistiquée, et pour les coffres, des joints d'insonorisation et des vérins à gaz (soute arrière), ainsi qu'un réservoir en inox de bonne contenance (150 l), avec ventilateur de cale et filtre décanteur.
Doté d'une carène en V évolutif mais bien défendue à la proue, le 600 DS se montre à la fois vivant et sûr à piloter. Notre bateau d'essai était, il faut le souligner, propulsé par le Selva 115 XSR, une version dont la cartographie de l'injection électronique et l'admission d'air ont été boostées. Selva annonce environ 15 chevaux de plus, ce qui n'est pas rien sur un bateau aussi léger… Résultat, la pointe de vitesse parle d'elle-même : 40,8 nœuds au GPS, avec une hélice un peu courte et sur de l'eau douce par une chaleur caniculaire ! En conséquence, les allures de croisière à mi-régime sont vraiment probantes : 19,5 nœuds à 3 500 tr/min et 26,4 nœuds à 4 500 tr/min. A ces régimes, le Selva Tarpon se montre d'une discrétion sonore acceptable, et le bateau semble glisser sans effort. Sa stabilité latérale ne se dégrade (prise de roulis) que lorsqu'on va chercher les derniers dixièmes de nœuds, à 6 400 tr/min. Le bateau reste, toutefois, facile à contrôler et ce phénomène n'apparaîtra sans doute pas avec quatre ou cinq personnes à bord, ou avec le 115 ch "normal" ou une puissance inférieure dont le D.600 DS peut très bien s'accomoder. Vif à la barre, sain et donc facile à exploiter, ce 600 DS distille un vrai plaisir de pilotage. Maniable, il enchaîne les virages, larges ou serrés, avec un égal bonheur, grâce à une gîte intérieure franche et constante. Les relances du 115 XSR sont énergiques, ce qui devrait être appréciable aussi dans les vagues, fatalement absentes sur ce plan d'eau milanais.
Pour conclure, cette seconde version du D.600 devrait séduire à coup sûr les amateurs de mouillages ensoleillés, qu'ils soient en famille ou entre amis (six personnes pas plus, pour être à l'aise). Reste que l'absence de douche de pont et de table pour le pique-nique, parmi les options, a de quoi surprendre sur un semi-rigide de cette philosophie… En revanche, ses qualités nautiques ne sont pas en reste, même si un essai en mer formée reste à accomplir pour valider le confort de navigation.



photo Selva D 600 DS


photo Selva D 600 DS


photo Selva D 600 DS


AU PONTON
La console laisse de part et d'autre de larges passages et offre un petit siège biplace sur sa face avant. L'objet principal du concept du D.600 DS est de prposer un vrai second solarium. Mission accomplie, mais par contre, le siège de pilotage indépendant, qu'on trouve à bord du D.600, disparaît pour ne laisser place qu'à une petite assise surrelevée, intégrée à la banquette. L'autre point clé du DS est son énorme cale arrière qui peut à elle seule contenir tout le matériel de sécurité du bateau. Notez le dossier mobile qui permet de passer de la position banquette à celle de repose-tête, en configuration bain de soleil.




En Mer
L'accord entre le D.600 DS et le 115 XSR est une réussite. Plus de 40 nœuds sur eau douce avec un moteur siglé 115 ch, cela a de la gueule ! Oui mais, ce 115 ch est un peu spécial. Il en vaut selon le motoriste italien, environ 130. L'électronique sait produire quelques miracles... Vivant à la barre, cet ensemble Selva se montre très évolutif, virant serré et se relançant avec brio. Il nous manquait juste quelques vagues pour valider ce comportement prometteur.




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