Essai Selva D650 DS

Beau rapport qualité/prix !

Selva, à sa manière, cultive sa "force tranquille" : pas d'effets de style mais du sérieux de A à Z. À l'image du nouveau D.650 DS. Très spacieux, marin et délivrant des performances de haut niveau. il est vendu exclusivement avec des motorisations maison, à prix canon. Toutes raisons qui lui promettent un bel avenir.

Texte et photos Jacques Anglès


 33 320 € avec Selva 100 ch 4T
 6.58 m
 12
 45,3 nds avec Selva 150 ch XSR Tarpon 4T
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Paru dans le Pneumag n° 96 juillet/Août 2013



Selva est un cas unique dans le monde du nautisme. Motoriste européen historique - depuis 1945 - ayant remporté de nombreux trophées motonautiques mondiaux, il construit aussi ses propres bateaux, modèles rigides et pneumatiques, tous vendus avec des moteurs Selva, évidemment. Côté moteurs, le constructeur italien collabore depuis longtemps avec Yamaha, auquel il fournit toujours des blocs de petite puissance. La plupart de ses autres moteurs actuels sont des Yamaha pur jus, coiffés d'un capot Selva. Certains sont toutefois accommodés à la sauce italienne en passant par l'usine milanaise, à l'exemple du 150 XSR (version boostée du 150 standard) qui équipe le nouveau Selva D. 650 DS de notre essai.
Ce nouveau millésime 2013 vient s'insérer au milieu de la gamme Evolution Line (12 modèles de 4, 70 m à 9,60 m). Il offre une belle avancée en termes d'espace par rapport au précédent D.640, maintenu au catalogue encore un temps. Le D.650 DS est un familial qui met l'accent sur l'espace et le confort du cockpit, avec un l'agencement de type "3 zones" assez classique dans cette catégorie. Il se distingue par la répartition très étudiée de ces espaces et par une circulation facile d'un bout à l'autre, avec deux larges passavants et des détails bien faits, tels que les marches d'accès aux plates-formes arrière. Les deux grands solariums (avec rallonges et coussins fournis) indiquent clairement la balade estivale comme vocation première, mais ce cockpit peut convenir à d'autres programmes tels que la plongée ou la pêche, avec ses vastes coffres avant et arrière pour ranger tout le matériel lié à ces activités. De manière plus générale, les rangements sont d'ailleurs un des points forts du Selva 650 DS, tant par leur volume que par leur accessibilité, grâce aux grands capots équipés de vérins pneumatiques efficaces. Le genre de détail qui rend la vie à bord plus facile…
Toujours au chapitre pratique, on note aussi l'extension du bain de soleil, formée de deux plateaux (droit et gauche), avec possibilité d'en installer un seul si l'on veut préserver de l'espace au sol. En outre, ces rallonges et leurs coussins se rangent exactement dans le coffre sous l'assise de pilotage. Pour disposer d'autant d'espace de pont, il faut évidemment rogner un peu ici ou là. L'assise de pilotage par exemple, dont les 74 cm de large sont un peu juste pour deux, ou encore la banquette arrière, trop haute et étroite. Pour en finir avec les critiques, on regrette aussi l'absence d'une table amovible (pas même proposée en option) qui trouverait place facilement dans le cockpit avant, avec 4 à 6 places autour. À cela près, l'équipement standard est bien conçu, en particulier pour ce qui concerne les installations techniques, toutes montées d'origine : moteur avec direction hydraulique et instrumentation, faisceaux électriques complets, réservoir d'essence, pompe de cale. Pour le confort, on appréciera les rallonges de bain de soleil avant avec coussins, fournis en standard. Il suffit d'y ajouter quelques équipements tels qu'échelle de bain, table de cockpit, bimini et douche pour obtenir un bateau vraiment complet.
Au plan de la fabrication, ce Selva inspire confiance, avec de gros renforts structurels dans les fonds, un polyester bien fini et un accastillage très correct. Le flotteur, réalisé en CR/CSM de 1 500 dtex, confirme cette impression (collages sans bavure, liston périphérique englobant les extrémités arrière, solides mains-courantes nouées sur un "rail" en CR/CSM, bien mieux que les habituelles poignées en sangle...). Un renfort de proue contre le ragage de la chaîne d'ancre serait toutefois bienvenu (un point facile à corriger, merci d'avance au chantier !). Bilan statique très positif donc, malgré les quelques réserves notées ci-dessus.
Voyons ce que cela donne en mer, avec un Selva 150 XRS ch au tableau arrière, soit la motorisation la plus puissante proposée en package (on peut aussi opter pour le 115 ch). Chronomètre et GPS en mains, le 150 XRS (version boostée du 150 standard) révèle son tempérament fougueux dès les premiers runs. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 3 secondes pour déjauger, 4,5 secondes pour dépasser 20 nds et une accélération rapide jusqu'à la vitesse maxi, enregistrée à 45,3 nds ! Avec ce chrono de rêve, notre "familial" se classe au top de sa catégorie, tout en restant sûr. La position de pilotage debout (la seule possible, ce dont on ne se plaint pas) est confortable, en appui sur le leaning-post avec volant et poignée gaz bien placés, mais le mini pare-brise n'offre aucune protection contre vent et embruns. À ce bémol près, le pilote se régale ! Dans les vagues, le 650 DS montre une bonne rigidité et un comportement très sain, avec une direction hydraulique précise (mais ferme) qui permet de guider les trajectoires avec précision. Vent et vagues de face à près de 35 nds, la carène passe en sécurité, sans éviter quelques coups de raquette, pas étonnants compte tenu de sa largeur. Cette carène s'avère tout aussi saine par mer de travers, avec parfois un léger dandinement, ainsi que par mer arrière où l'on ne décèle aucune tendance à enfourner en rattrapant les vagues. De plus, la réactivité au trim permet d'ajuster l'assiette selon les conditions et de gagner en performances (400 tours de mieux à pleins gaz). Enfin, la tenue en virages rapide est bonne, avec une gîte modérée et un caractère très légèrement survireur qui n'atteint jamais le dérapage brusque. L'accroche se maintient en resserrant le rayon, et il faut pousser le bateau dans ses retranchements pour provoquer la ventilation de l'hélice. Bref, que du bon !



photo Selva D650 DS


photo Selva D650 DS


photo Selva D650 DS


photo Selva D650 DS





Conclusion : Ce nouveau Selva est une réussite, même s'il n'échappe pas à quelques critiques. Capable d'accueillir six à huit passagers, voire plus à l'occasion, c'est un modèle du genre pour son espace, ses surfaces de farniente et ses grands rangements. Il ne manque qu'une table, pas prévue mais facile à installer. Si le Selva 150 XSR procure des performances d'exception, le package avec un 115 XSR, plus léger et moins cher de 4000 €, paraît amplement suffisant pour le programme de ce modèle.




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