Essai Selva 630 Emotion

Une carène exemplaire

Selva a choisi de compléter sa gamme de semi-rigides avec des unités un peu plus sophistiquées en provenance du chantier Marlin. Sur le 630, l’association avec la version XSR du 115 ch Selva s’avère un excellent choix.

Texte et photos Franck Van Espen


 38 970 € avec Selva 100 XSR (tarif 2016)
 6.3 m
 10
 38 nds avec Selva XSR 115 ch 4T
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Essai paru le 09/12/2015



Emotion Line est la nouvelle série créée par Selva Marine pour pénétrer le segment du semi-rigide haut de gamme. Pour cela, le motoriste italien a sélectionné un autre fabricant italien renommé pour ces bateaux pneumatiques élégants et bien équipés : Marlin Boat. Ce dernier est par ailleurs déjà présent sur le marché français depuis plusieurs années. Les trois modèles proposés pour l’instant, l'Emotion Line 630 de notre essai se situant presque à mi-chemin entre le 540 et le 790, proviennent de la série Dynamic de Marlin, qui fait chez lui office d'entrée de gamme. Côté tarif, le package pratiqué par Selva, avec le 115 XSR, s’inscrit dans une fourchette raisonnable compte tenu aussi de cette version survitaminée du bloc moteur Yamaha d’origine. Le bateau dispose de plus d’un équipement standard satisfaisant avec une direction hydraulique, un immense solarium à l’avant (longueur 210 cm) et surtout deux très longues plates-formes de bain encadrant le moteur. Pour ne pas gêner la circulation, l’échelle de bain est soigneusement intégrée dans un logement contremoulé. Même si les deux gammes Sport Line et Evolution Line, déjà commercialisées par Selva, sont d’un niveau de fabrication très satisfaisant, il est évident au regard de certains détails comme le "gelcoatage" de l'intérieur des coffres, le maintien des capots à l’aide de vérins où encore la présence d’une boîte à gants sur le poste de pilotage que l'Emotion Line offre des prestations légèrement supérieures.
Fort de son expérience de 27 années, le constructeur italien n’a pas lésiné aussi sur le nombre de rangements. Le plus volumineux d'entre eux est évidemment situé sous la banquette arrière où est aussi installé d’un point de vue technique, la batterie, le filtre à essence et les deux évacuations du cockpit sécurisées par des vannes en plastique. Les imposants renforts indiquent le niveau de résistance de la coque qui pourra accepter aisément la puissance maximale de 150 chevaux. Pour améliorer la circulation vers les plates-formes de bain, Marlin a mis au point un dossier qui bascule facilement vers l’arrière mais cela ne remplace évidemment pas la praticité d'un petit passage latéral. La sellerie est d’une très belle présentation et elle est maintenue sur la structure en polyester avec des boutons pressions. Lors de notre essai, même par vent de face, aucun coussin ne se détachera. Le principe du dossier basculant a été repris sur la banquette de pilotage pour conduire confortablement assis où debout. La console et le pare-brise manquent par contre d’un peu de hauteur pour bien protéger du ventEn malmenant notre bateau d’essai dans toutes les directions, nous n’avons pas reçu le moindre embrun. Brevets à l’appui, le concepteur de la coque a multiplié les virures pour optimiser à la fois les performances et le passage du Marlin dans la mer formée. La force de ce bateau est sans aucun doute son équilibre général naturel et sa facilité à couper les vagues, même si celles-ci sont parfois désordonnées. Le 115 chevaux XSR, rageur à souhait, témoigne d'un tempérament sportif en montant très rapidement dans les tours. Ses limites semblent difficilement atteignables et à près de 6 200 tr/min, il propulse cette carène à 38 nœuds sans donner la moindre impression de peiner. Les changements opérés sur la cartographie par l’équipe technique de Selva Marine semblent particulièrement efficaces, sa longue expérience de la compétition n'étant sans doute pas étrangère à ces résultats.

Aucun problème non plus pour la direction, douce, précise et très efficace, même lorsque l’on pousse ce bateau dans ses derniers retranchements. En virage serré, nous n’avons pas relevé la moindre amorce de dérapage avec une coque qui, compte tenu de son V très prononcé, adopte une gîte intérieure marquée, mais parfaitement maîtrisable. A l’arrêt, et avec trois personnes à bord en plus des pleins d’eau et d’essence, la partie arrière des flotteurs est au contact de l’eau afin d’assurer une stabilité que l'on appréciera au mouillage.

Si les aménagements de ce semi rigide sont assez classiques, ses capacités de navigation sont en revanche plutôt spectaculaires. Le constructeur semble avoir trouvé le parfait compromis entre une coque performante et confortable. Grâce à cette superbe carène, le XSR version boostée du Selva 115 chevaux peut exprimer tout son talent.



photo Selva 630 Emotion


photo Selva 630 Emotion


photo Selva 630 Emotion


photo Selva 630 Emotion


Au ponton
Avec la forme si particulière de ses flotteurs définie en terme marin par "teugue inversée", un peu comme les bateaux américains de pêche au gros, ce Marlin est reconnaissable entre tous. Cette caractéristique dont il a été le précurseur dans le domaine du semi-rigide, et qui lui donne une petite allure de squale, a fait l’objet d’un travail assez pointu avec le fournisseur de l’Hypalon, Pennel & Flipo. En dehors de cette configuration, le Selva 630 joue plutôt la discrétion avec une bande antiraguage bleue rehaussant le gel-coat et la sellerie d'un blanc immaculé. Cette dernière d’une densité assez ferme présente des surpiqures du plus bel effet. Pas de possibilité de guindeau, mais le Marlin dispose d’un superbe socle fixé sur l’étrave pour guider le mouillage, où simplement amarrer le bateau.




En mer
L’essai de ce nouveau bateau s’est déroulé sur le lac de Côme, à Domaso, petite station balnéaire située à seulement une heure de l’usine. L’endroit pourrait paraître inadapté pour tester la carène d’un semi rigide et pourtant lorsqu’un vent montagnard se glisse entre les versants à près de 20 nœuds, il soulève un petit clapot très serré qui se révèle très éprouvant pour les coques. Essayé en même temps que de nombreux autres bateaux commercialisés par Selva, l’Emotion Line 630 sort réellement du lot avec une capacité de franchissement hors du commun. La carène, sous l’effet du trim, se soulage jusqu'à réduire considérablement les surfaces de frottement. Le V particulièrement acéré de la quille tranche littéralement les vagues, procurant du confort une forte sensation de sécurité.




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