Essai Sillinger 765 XL Silverline

Plus c'est long…

Gagner de la longueur de flottaison, c'est gagner du confort en navigation. Ici, ce précepte sert aussi à reconfigurer la poupe du 765 de base, avec notamment un large passage central donnant des envies de baignade. Pour le reste, cet excellent semi-rigide conserve ses qualités dynamiques.

Texte et photos Philippe Leblond


 76 655 € sans moteur (tarif 2016)
 7.75 m
 22
 49,3 nds avec Yamaha 300 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 83 Mai/Juin 2011



Doté d'une chaise moteur Armstrong (alu) boulonnée au tableau arrière, le 765 Silverline se pare du sigle "XL", quand bien même sa longueur hors tout ne gagne que 10 cm. Par contre, le moteur, lui, recule d'environ 70 cm, au bénéfice d'une surface accrue de la plate-forme de bain, seconde fonction de cette chaise. L'échelle de bain de type "perroquet" (permettant de remonter palmes aux pieds) se déploie manuellement. Autres avantages de ce bracket, un allongement fictif de la flottaison puisque son profil inférieur en V reprend peu ou prou celui de la carène qu'il prolonge. Cet allongement des œuvres vives est censé lui apporter une stabilité longitudinale accrue dans la mer formée et, théoriquement, un supplément de vitesse à régime moteur équivalent. Pourtant, dans le cas du nouveau 765, l'intérêt premier de cet accessoire tient dans le remodelage de sa partie arrière. Exit la banquette pleine largeur du modèle initial… Place à un large couloir central (91 cm !), bordé de deux "méridiennes" permettant de s'allonger dans le sens de la marche tout en offrant un dossier. Cette configuration autorise une facilité de déplacements exceptionnelle, entre la plate-forme de bain et le cockpit, et donne un sentiment d'espace sur le pont qu'on ne ressentait pas à bord du 765 standard. Cette nouvelle disposition ne fait pas perdre de rangement dans la mesure où les méridiennes abritent chacune un coffre. Ces rangements s'ajoutent aux deux coffres du leaning-post, aux trois coffres de l'avant (celui de la pointe intègre un compartiment dédié au mouillage) et surtout au grand volume de la console à ouverture frontale, assistée de deux vérins à gaz. Bref, de quoi ranger sans pinailler toutes les affaires de l'équipage. La console peut d'ailleurs recevoir en option un WC chimique, mais il ne faudra pas mesurer 2 m pour s'en servir… Les deux petites banquettes avant offrent quatre places assises qui s'ajoutent au quatre de l'arrière et aux deux du leaning-post (soit dix au total), traduisant l'effort de Sillinger en direction d'une pratique familiale. Sans oublier deux touches de luxe : plancher en teck massif, éclairage de courtoisie à leds. Pour autant, le caractère marin n'est pas délaissé avec un accastillage plus que robuste : delphinère avec davier et chaumards, accompagné d'une bitte d'amarrage, roll-bar supportant les feux de navigation, multiples mains courantes, vide-vite de cockpit avec manchons hypalon relevable sur taquet coinceur, saisines de flotteurs tressées agréables à la main… Autre motif de satisfaction, la position de conduite, exemplaire, que se soit debout ou assis, grâce au cale-pied moulé à la base de la console. Séduisant à quai, voyons si le Sillinger l'est autant en navigation… Notre bateau d'essai était armé du nouveau Yamaha F300. Ce V6 est le moins lourd des 300 chevaux 4-temps, tout en présentant la plus forte cylindrée (4 170 cm3 !). De quoi saliver quant aux performances… Et, à ce sujet, nous n'avons pas à être déçus… Frôlant les 50 nœuds (deux personnes à bord, 80 l de carburant), le 765 XL, malgré un gabarit imposant, signe également de beaux chronos en accélération. Ça pousse fort, et jusqu'au régime maxi de 6 000 tr/min ! De même, en sortie de virage, les reprises sont "velues", d'autant que la motricité est intacte (effet de la chaise, ou d'un montage moteur sage ?), l'hélice ne donnant aucun signe de ventilation, même lorsqu'on braque au plus court, avec remise de gaz au taquet. Autre performance intéressante, la consommation. Le compte-tours stabilisé sur 3 200 tr/min (au-delà, le son du moteur se fait plus présent), le débit n'est que de 26 l/h. Pas mal pour une vitesse de croisière à 23 nds ! Par ailleurs, l'agilité du 765 XL tranche avec son physique imposant, et le pilote se prend au jeu d'enchaîner les évolutions les plus exigeantes, sans compromettre l'équilibre ni la tenue de cap. Il est vrai que (malheureusement) la mer est restée désespérément calme le jour de notre test. Et nous n'avons pu croiser que des sillages de petites unités, ce qui n'inquiète évidemment pas, une carène comme celle-ci. Si une opportunité de sortir par mer bien formée se présente, nous ne manquerons pas de vous la relater…



photo Sillinger 765 XL Silverline


photo Sillinger 765 XL Silverline


photo Sillinger 765 XL Silverline


photo Sillinger 765 XL Silverline


AU PONTON
Grâce à sa large ouverture frontale et à son volume, la console du 765 XL peut recevoir un WC chimique. Le matelas de solarium recouvre trois coffres d’un volume correct, sans plus. Dommage qu’une table de pique-nique ne soit pas proposée, même parmi les options…
Le point fort de la transformation du 765 en version XL est bien sûr le remodelage de sa poupe avec deux méridiennes laissant un très large passage central vers la plate-forme de bain.
Comme toujours, à bord des semi-rigides de la marque au requin, le dispositif de mouillage reçoit de solides apparaux, tels que le davier et la bitte inox.
Le poste de pilotage n’est pas loin du sans faute. Manque juste un petit équipet pour le menu matériel, à portée de main du pilote…




EN MER
Pas de faiblesse notable sur le plan du comportement concernant ce Sillinger. Efficace, performant avec le Yamaha 300 ch, il procure de surcroît de bonnes sensations de pilotage. Malgré son gabarit imposant, il se révèle agile et docile. La mer, très calme lors de notre essai, n’a hélas pas permis d’apporter un jugement significatif quant à son équilibre et à son confort dans la vague.
Le Yamaha 300 ch, malgré sa puissance et sa forte cylindrée est très bien toléré par le 765 XL.




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