Essai Solemar 32 Night & Day FB

Passeport pour la croisière

Sans offrir le même espace habitable que le 32 Oceanic, avec cabine pleine largeur, le Night & Day, comme le laisse entendre son vocable, permet d'envisager de ne pas rentrer au port à la tombée du jour. Il propose même quatre couchages pour partir, en croisière, en famille dans de bonnes de conditions de confort.

Texte et photos Philippe Leblond


 224 580 € sans moteur (tarif 2016)
 9.6 m
 14
 40,3 nds avec 2 x Yamaha 225 ch 4T

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Paru dans le Pneumag n° 63 Janvier/février 2008



Quand vient le moment de rendre les clés de ce gros semi-rigide à Joseph Chiappe, distributeur Solemar pour la Corse (Corse Pneu Marine), la première impression qui ressort de cette prise en main est la qualité du comportement dynamique, et surtout l’extraordinaire confort que procure sa carène. Il est vrai que nous n’avons pas eu la possibilité de naviguer dans un clapot cassant, mais dans plus de 1 mètre de houle résiduelle, le 32 Night & Day s’est tout simplement montré impérial. Assiette impeccable dans les sauts, impacts quasi inexistants lors des réceptions,absence de résonances ou de bruits parasites, même à la vitesse maxi… Bref, une vraie limousine ! Mais, considérant son chrono à 40 nds, une berline du genre sportif, genre Bentley. Précisons toutefois que cette carène, au V profond presque constant, requiert une cavalerie proche du maxi autorisé (2 x 225 ch, soit la puissance de notre bateau d’essai) pour vraiment exprimer son potentiel. En effet, la vitesse minimale d’hydroplanage n’intervient qu’à partir de 18 nœuds soit à 3 500 tr/mn, après un léger cabrage, ce qui déjà réduit notablement la plage de régime pour le choix d’une allure de croisière. D’ailleurs, il faut accélérer jusqu’à 4 600 tr/mn pour obtenir seulement 22 nœuds… Difficile dès lors de parler de vitesse de croisière économique (le régime des moteurs est déjà élevé), et pourtant on peut la considérer comme la valeur plancher dans ce domaine, compte tenu aussi du potentiel confort de cette magnifique carène. Sur un tel semi-rigide, on devrait pouvoir monter 2 x 300 ch sans problème, tant le Solemar se montre « facile » avec 450 chevaux aux fesses. Très maniable, pour ne pas dire docile, il adopte une assiette légèrement positive sans marsouiner pour autant, et sans rouler lorsqu’on monte le trim à la recherche du régime maxi (6 000 tr/mn). Insensible à la houle venant par le travers, il conserve un cap rigoureux à toutes les allures et fait apprécier la précision de ses trajectoires en courbes rapides et sa facilité à virer court à fond malgré son gabarit imposant et la bimotorisation. Nous aurons apprécié, au passage, le brio et la belle sonorité (pour des quatre-temps) des Yamaha 225 ch seconde génération, dopés par la distribution variable, héritée du 250 ch. De retour au poste d’amarrage, la visite du propriétaire va s’avérer presque tout aussi satisfaisante.
Cette légère réserve s’explique par quelques menues critiques que nous allons tout de suite formuler. La principale concerne le poste de pilotage dont le siège à assise fixe ne permet pas de piloter debout en se reposant sur un point d’appui, appréciable lors des longues traversées en mer formée. De surcroît, debout, le pilote manque un peu d’espace pour prendre de bons appuis au sol. Une fois assis, en revanche, la position est satisfaisante, mais la lecture du compas devient alors difficile. Autre bémol, à l’intérieur de la cabine, l’espace couchage qui se trouve sous le cockpit n’est pas isolé par une cloison ou un rideau de la couchette de l’avant. Dernier reproche : le manque relatif de places assises. L’homologation qui autorise 14 personnes, est un brin généreuse, étant entendu que les flotteurs, entièrement condamnés par les hiloires de cockpit rigides, ne secondent pas les sièges. Pour le reste, nous allons le voir, le niveau de confort est tout à fait remarquable pour un bateau de jour aspirant à la petite croisière, tel que son nom (Night & Day) le définit. Le plan de pont, en accord avec l’efficacité de la carène, offre un confort de premier ordre pour six à huit passagers. On y trouve deux beaux solariums. Celui de l’avant, placé sur le rouf de la cabine est permanent, tandis que celui situé à l’arrière est transformable en carré pour l’apéritif ou les repas, avec deux banquettes en vis-à-vis, celle de tribord étant flanquée d’un petit frigo. Le siège biplace du pilote abrite un réchaud et un lave-mains. L’accès vers l’une des deux petites plates-formes de bain est facilité par un portillon de cockpit. La circulation est l’un des points forts du Solemar, avec un passage large et sécurisé par de longues mains courantes avec protections rembourrées, jusqu’au dispositif de mouillage qui comporte un guindeau électrique et un robuste davier basculant, tous deux fixés sur la grosse delphinière en polyester. La cabine est accessible via une porte en plexi teinté, et deux marches très verticales. Une fois en bas, on apprécie la hauteur sous barrots (1,75 m à l’entrée et dans la salle d’eau) et la sensation de volume au-dessus de la couchette double de l’avant. La présence des hublots ouvrants est aussi appréciable pour l’aération naturelle, de même que les nombreux rangements dans l’optique d’un petit séjour en croisière. Il est possible de partir à quatre personnes grâce à la seconde couchette double située sous le cockpit. Dotée d’un « tirant d’air » décent, cette dernière n’est pas fermée, au détriment de l’intimité. La salle d’eau comporte un WC marin et un lavabo équipé d’un flexible de douche. Pour ceux qui désireraient un espace habitable plus important, Solemar propose le 32 Oceanic, avec une cabine pleine largeur dans sa partie haute. Mais, dans ce cas, l’accès au pont avant se complique…



photo Solemar 32 Night & Day FB


photo Solemar 32 Night & Day FB





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