Essai Solemar 28 Offshore

Un modèle de luxe et de confort

Pionnier mondial du semi-rigide de croisière, le chantier propose également une gamme Offshore dont le 28 illustre exactement la philosophie. Un day-boat de grand tourisme aux lignes dynamiques, taillé pour les balades au soleil dans une atmosphère de luxe.

Texte et photos Jacques Anglès


 75 360 € sans moteur (tarif 2016)
 8.64 m
 14
 40,8 nds avec 2 x Suzuki 200 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 99 Janvier/Février 2014



À l'instar de tous les Solemar, le 28 Offshore se distingue au premier regard par sa couleur sable, par son aspect luxueux et par une facture très personnelle (couleur ivoire) qui est la marque du chantier de Ravenne. Si cette esthétique ne fait pas toujours l'unanimité, tout le monde s'accorde en revanche à reconnaître une qualité de réalisation perceptible au premier coup d'œil, tant pour la construction elle-même (éclat du gel-coat, robustesse structurelle, flotteur en Néoprène-Hypalon parfaitement assemblé) que pour l'accastillage ou la sellerie ou les détails de finition. Il suffit pour s'en convaincre de regarder les superbes taquets d'amarrage, l'échelle de bain encadrée par deux grosses poignées facilitant la remontée à bord ou les nombreuses mains-courantes et poignées de maintien en inox à portée de main. On peut aussi louer le travail de conception et de design fouillé jusqu'aux détails. Voyez par exemple le mouillage, avec guindeau électrique abrité par un capot et le puits à chaîne aisément accessible, ou les nables de remplissage de carburant dissimulés dans une cuvette intégrée au plat-bord arrière sous un capot en teck, évitant tout risque de débordement quand on fait le plein. Ce sont de tels détails qui, avec beaucoup d'autres, font la différence…
Plus globalement, l'agencement du pont s'organise en trois zones : farniente à l'avant, pilotage au centre, et cockpit arrière, ces trois zones étant desservies par une large coursive latérale. En outre, un passage de plain-pied assure un accès facile à la plate-forme arrière. Le pont avant est alloué à un solarium, prolongé en forme de chaise longue par un dossier appuyé sur l'avant de la console. Un coffre très volumineux et un long coffre latéral pour skis ou cannes à pêche prennent place sous le solarium. Situé au niveau du centre de gravité du bateau, le poste de pilotage biplace suscite quelques réserves. S'il favorise la conduite debout, avec un appui fessier bien rembourré qui se rabat vers l'avant en formant banquette, l'assise est trop près du volant et étroite pour deux (80 cm). On regrette aussi le minuscule pare-brise et la forme compliquée du tableau de bord, qui complique l'installation d'appareils de navigation. En revanche le cockpit arrière en U est réussi. Il offre six places assises en navigation et se convertit soit en un carré pouvant accueillir cinq à sept convives autour d'une grande table, soit en un second solarium.
La visite ne serait pas complète sans mentionner le spacieux cabinet de toilette logé sous la console et la kitchenette adjacente au carré, avec réchaud deux feux et grand évier. En bref, le pont offre un confort cossu pour des sorties à la journée avec un équipage de quatre à huit personnes. Complétons le tableau par une excellente note concernant l'équipement standard très généreux, incluant entre autres le roll-bar avec feux de navigation, la cuisine équipée (évier, réchaud deux feux, réfrigérateur), et le guideau électrique, des équipements presque toujours en option et coûteux. Le bilan positif de cette visite de propriétaire - malgré la réserve exprimée sur le poste de pilotage - est-elle confortée par les impressions de navigation ? Contact, pour voir ce qu'il en est, avec 2 x 200 ch au tableau arrière, soit la puissance maximale autorisée, à conseiller sans réserve pour tirer le meilleur parti de cette coque plus lourde que la moyenne. Dès le déjaugeage, on retrouve les deux sensations dominantes que délivrent toutes les carènes Solemar : le confort et l'agilité. Cette agilité surprend pour un bateau dont le poids dépasse d'environ 50% la moyenne de sa catégorie, mais on ne peut que s'en réjouir (voir encadré "En mer"). Côté performances, les chronos inscrits au GPS (41 nœuds en pointe, 5,5 secondes de 0 à 20 nœuds) sont mieux qu'honnêtes pour une unité de ce poids, d'autant plus que les hélices montées pour cet essai, un peu "longues", ne permettaient pas aux Suzuki de s'exprimer au mieux en accélération. Plus intéressantes sont les vitesses de croisière (23 à 30 nœuds), associées à un confort parfait.



photo Solemar 28 Offshore


photo Solemar 28 Offshore


photo Solemar 28 Offshore


photo Solemar 28 Offshore


AU PONTON : Ce membre de la ligne Offshore, semi-rigide de grand standing, fait valoir son caractère accueillant dès l'embarquement, grâce au passage de plain-pied qui permet d'accéder au cockpit sans acrobatie. On aime la convivialité du cockpit arrière où l'on dispose de six places assises en navigation (avec un bémol pour les dossiers un peu raides). Au mouillage, cet espace se convertit soit en carré doté d'une belle table, avec cuisine attenante, soit en solarium à trois places. Le pont avant avec son grand bain de soleil fixe et sa "chaise longue" adossée à la console est une invitation au farniente. Enfin, le vrai cabinet de toilette logé sous la console apporte la touche finale au confort du pont. Seule réserve, ce luxe ne s'apprécie tout à fait qu'en restant assez exclusif, c'est-à-dire avec quatre à six personnes à bord, huit occasionnellement, mais plus le nombre augmente, plus on s'écarte de l'esprit de ce modèle.




EN MER : Cette longue carène, au V profond (environ 23° au tableau arrière), soulignée par quatre longues virures, est aussi à l'aise en ligne droite qu'en évolutions serrées, avec une superbe précision des trajectoires. Pour profiter encore mieux du plaisir de pilotage qu'elle procure, nous conseillerons d'ailleurs d'opter pour une direction assistée plus directe que la direction standard (7 ¼ tours de volant !). Seule nuance, en virage serré (attaqué sans problème à plus de 30 nœuds avec une accroche irréprochable) on enregistre une légère perte de motricité, mais sans ventilation brusque de l'hélice. Quant à l'autre trait dominant de ce bateau, son confort en navigation, les passagers seront les premiers à l'apprécier, notamment dans la mer formée, où la carène amortit parfaitement les vagues.




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