Essai Stylmer 710

L'esprit limousine

Gel-coat immaculé, barre et instruments blancs, plancher en teck massif… Voilà une ambiance qui classe ce gros semi-rigide français parmi les day-boats élégants. Par ailleurs, son 250 chevaux qui lui procure des performances de haut niveau et sa carène en V profond ignorant le clapot en font une belle machine à dévorer les milles. Et à un prix attractif !

Texte Philippe Leblond.


 18 509 € sans moteur (tarif 2005)
 7.1 m
 16
 45,7 nds avec Yamaha 250 ch 2T

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Paru dans le Pneumag n° 46 Mars/Avril 2005




Ce n'est pas le plus grand des Stylmer – le haut de gamme est un 9 mètres ! – mais le 710 en impose… Cet élégant semi-rigide produit dans le Var, dans les ateliers de Polyconcept, est inspiré par l'école italienne, même s'il ne présente pas le même stade de développement au niveau des éléments en polyester. Ici, pas de poupe avec plate-forme de bain et hiloires de cockpit moulés d'une pièce… On reste dans du classique au niveau des formes, avec un tube de fort diamètre (mais dégressif vers la proue tout de même !) aux cônes arrondis et au nez carré, ceint d'une épaisse bande anti-ragage à deux bourrelets. Ce flotteur en Néoprène/Hypalon label Orca de 1 670 décitex remonte légèrement vers l'avant pour dégager une étrave au V agressif. Le gel-coat de la carène et des différents accessoires, qui montre une belle brillance, est également présent dans les coffres, attestant d'une finition assez poussée. Les différents rangements (cale du pont avant, coffres de la console, du leaning-post et de la banquette arrière) sont rendus étanches par l'utilisation d'un mastic de qualité marine. Les bouts à trois torons employés à la confection des saisines sont fixés par des épissures sur les ralingues en tissu du flotteur. Les deux nables du cockpit, auto videurs en navigation, sont bien sûr équipés de clapets anti-retour pour le mouillage. En ce qui concerne l'aménagement du cockpit, rien de bien original… On apprécie surtout la fonctionnalité et la circulation qui reste aisée malgré la présence d'une console généreuse et d'un leaning-post biplace, ainsi que d'une banquette arrière dont la base est un grand coffre. Un mât de ski (ou de remorquage) en inox se dresse assez haut derrière le dossier de la banquette. De quoi satisfaire les amateurs de wake-board qui apprécient d'avoir un point de traction plutôt élevé, de manière à pouvoir réaliser quelques figures aériennes. Toujours à l'arrière, une petite plate-forme en teck avec son échelle de bain pliante et boulonnée sur un tableau arrière conventionnel. La douchette n'a pas été oubliée Le pont avant, dominé par un socle en polyester supportant le taquet d’étrave (on regrette qu’il n’y ait pas de davier pour faciliter le mouillage), reçoit en standard, un spacieux matelas de bain de soleil. Le grand coffre qui se trouve en dessous, semble être le rangement tout indiqué pour l’armement de sécurité. La console haute, très protectrice grâce à son pare-brise élevé ceint d’une main-courante, dispose d’un tableau de bord généreux qui laisse la possibilité d’incorporer sondeur et autres GPS... Les fermetures en inox des différents coffres permettent l’utilisation de cadenas. Sans être aussi généreux en matière de rangement que ses concurrents italiens, le Stylmer offre tout de même un stockage suffisant pour les affaires de toute une famille. Cette dernière déplorera sans doute l’absence de table pour former un carré de pique-nique… Sous le plancher se cache un réservoir de carburant en inox d’une capacité de 225 litres. Une contenance synonyme d’une bonne autonomie avec un 200 ch nouvelle technologie. Polyconcept a même prévu un réservoir de 300 litres pour les versions bimoteur… Le filtre décanteur, situé dans la console de pilotage, est facile à consulter. Sans plus tarder, nous larguons les amarres pour notre galop d’essai. Et pour cela, on ne manque pas de chevaux ! Le classique V6 Yamaha entonne sa musique caractéristique, sonore mais noble. Une fois sortis de la bande littorale des 300 mètres, nous faisons parler la cavalerie. Le déjaugeage se fait dans l’instant et presque sans cabrage. La montée en régime est musclée et l’aiguille du speedo grimpe allègrement, suivie de près par les cristaux liquides de notre GPS qui s’affolent : 30, 35, 40… 45 nds ! Presque 46 en fait. Il est vrai que la mer est clémente aujourd’hui. Il est d’ailleurs difficile de porter un jugement définitif sur le confort d’une carène sans affronter une bonne houle. Pourtant, la façon dont celle du 710 coupe le petit clapot de la baie de La Ciotat est un indice…

Le confort est bon et devrait le rester, même dans une mer plus dure. Toutefois, un détail gâche notre plaisir. Le bateau penche nettement sur tribord, ce qui pénalise les performances et le travail des œuvres vives. Sans doute un mauvais réglage de la dérive anti-couple du Yamaha… Dommage car cela ne nous a pas permis d'apprécier à sa juste valeur cette carène qui semble véloce et sûre. D'autant que ce problème d'assiette latérale s'est ressenti dans les virages serrés, où la forte gîte intérieure avait pour conséquence de mettre la moitié avant du flotteur en contact avec l'eau et de faire décrocher la quille, cette dernière perdant de la précision dans le guidage. .



photo Stylmer 710


photo Stylmer 710


photo Stylmer 710





Conclusion
Belle réalisation du chantier français qui a su faire monter sa gamme en puissance et s’est permis, avec le plancher en teck, d’adresser un clin d’œil à des marques plus huppées. Le 710 présente bien et possède les atouts pour séduire une clientèle exigeante en termes de confort et de performances, tout en restant dans un budget raisonnable.




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