Essai Arimar X-cellence 670

Des airs de dandy

L'élégance de sa ligne est sans doute l'un des atouts principaux de ce semi-rigide italien aux airs de dandy. Bien équipé dans le domaine du confort, il a surtout vocation à séduire une clientèle familiale, éprise de farniente ou de ski nautique. Bien que l'on soit ici à l'opposé du pneumatique de baroud, l'Arimar n'en affiche pas moins de belles aptitudes aquatiques.

Texte et photos Philippe Leblond


 29 032 € sans moteur (tarif 2008)
 6.75 m
 16
 38,7 nds

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Paru dans le Pneumag n° 64 mars/avril 2008




Sorte de Brummel du semi-rigide, l'Arimar X-Cellence 670 possède une élégance maniérée qui tranche avec l'image rustique de 4x4 de la mer, que l'on a souvent attribuée aux semi-rigides. Le flotteur de diamètre progressif – il passe de 40 cm à l'a proue, à 60 cm à la poupe ! – n'est pas étranger à cette impression de finesse, de même que la delphinière en pointe et l'arceau polyester profilé et rejeté vers l'arrière. Le blanc des flotteurs et de la sellerie sert aussi la pureté des lignes, où l'on distingue une étonnante continuité avec un solarium qui monte à l'assaut de la console, formant une manière de transat, pour prendre son bain de soleil dans le sens de la marche. Autres détails de style surprenants : le leaning-post monoplace avec son pied à la ligne ondulante et la console aux formes qui s'évasent vers le ciel… En un mot, le X-Cellence 670, issu du dessin du 730, se démarque singulièrement de la concurrence, même italienne ! Si le style s'affirme de manière très personnelle, il en va de même pour le plan de pont qui voit le solarium rejoindre, presque à la toucher, la banquette arrière. Le socle en polyester en forme de U qui supporte le spacieux bain de soleil se prolonge à bâbord pour offrir un long coffre, capable d’accueillir une paire de skis (ou autres cannes à pêche et arbalètes de chasse), et à tribord, pour servir de support à la console de pilotage. La sellerie, ferme et bien coupée, recouvre toute cette surface, avec le concours d’une rallonge de solarium qui n’est pas soutenue par la table de pique-nique, cette dernière n’assurant que sa fonction de dînette. à cet égard, la banquette arrière forme un L, et permet d’asseoir jusqu’à cinq convives à l’heure de l’apéro. Car, ne nous le cachons pas, cet Arimar est d’abord voué à passer du temps au mouillage. Confort et convivialité sont ses maîtres mots. Et de ce point de vue, il place la barre assez haut. Ainsi, comme il se doit, les amateurs de baignade dans les criques, apprécieront la petite plate-forme de bain antidérapante avec échelle télescopique intégrée, et la douchette, alimentée par un réservoir souple de 75 litres (!). Ce dernier est logé sous la banquette, mais laisse un volume de rangement appréciable. Dans ce domaine, l’Arimar n’est pas avare non plus, puisqu’il propose, outre la banquette et le coffre long cités plus haut, d’autres équipets situés sous le bain de soleil et sous la console. La baille à mouillage, à ouverture verticale, est intégrée à la delphinière qui supporte un guindeau électrique (option) et un davier, avec vis de blocage pour maintenir l’ancre à poste en navigation. L’accastillage en inox est globalement bien étudié. On compte quatre taquets, une main courante de console, et deux poignées à la poupe pour aider à se hisser à bord, en sortant de baignade. Cependant, tout n'est pas idyllique sur le pont de cet Arimar très stylé. à l'évidence, la partie arrière est moins bien étudiée pour la navigation. L'emplacement du petit leaning-post individuel du pilote « bouffe » une place sur la banquette, à tribord, du fait de sa proximité avec cette dernière. Par ailleurs, il manque des prises pour permettre aux passagers de se tenir. Et les saisines, en forme de brides, ne sont pas des plus efficaces dans ce domaine… à l'issue de cette visite détaillée, il nous tardait d'évaluer les aptitudes du X-Cellence 670 en navigation. Hélas, la mer désespérément plate du fait de l'absence de brise, ne nous a pas permis de recueillir des impressions significatives quant au confort dans la vague et à l'équilibre dans les sauts. Toutefois, nous avons pu apprécier les qualités évolutives de cet élégant semi-rigide. Maniable et docile, il est aisé à maîtriser, même en attaquant fort, d'autant que la position de conduite, en appui sur le petit siège bien dessiné et avec des commandes qui tombent bien sous la main, facilite le travail. Le X-Cellence 670 enchaîne les virages avec assurance, à condition de rentrer un peu le trim (la carène est vivante mais il faut la trimer copieusement), sous peine de déclencher un marsouinage indésirable. En resserrant le virage, et en mettant du gaz, le bateau gîte modérément vers l'intérieur et décrit une trajectoire précise en léger dérapage. Pas de ventilation de l'hélice à déplorer, sinon lorsqu'on le balance franchement et qu'on remet les gaz d'un coup. Le déjaugeage s'effectue rapidement avec un léger cabrage, et au terme d'une accélération linéaire, notre GPS cale un peu avant la barrière des 40 nds (38,7 nds). Ce n'est pas faute d'avoir trimé, même à l'excès, mais il ne fait pas de doute que la salissure des eaux vives (carènes et flotteurs) a pénalisé sensiblement la vitesse de pointe. Joseph Chiappe, le revendeur de Solenzara, accessoirement pilote du championnat d'Offshore sur un proto Arimar, nous dit avoir atteint 41 nds avec la coque propre, ce que croyons volontiers. D'ailleurs, avec cette puissance, la performance, si elle est bonne, n'a rien d'exceptionnel… Au régime maxi, sous l'action d'un réglage de trim positif, un léger mouvement de roulis s'installe, mais comme il ne s'amplifie pas, le bateau reste sûr. Nous avons enregistré quelques petits allègements sur les timides résidus de houle, qui nous laissent penser que l'équilibre de la carène est sain. Difficile d'en dire plus… Pour ce qui est de la balade, le régime de croisière idéal nous semble être 3 500 tr/mn, assorti d'une vitesse de 19,8 nds. Voilà qui garantit une belle autonomie : 170 milles ! Sinon, on peut toujours grimper à 4 000 tr/mn (23,5 nds), mais le Suzuki s'avère un peu bruyant. .



photo Arimar X-cellence 670


photo Arimar X-cellence 670


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CONCLUSION
Doué d’une esthétique raffinée, ce semi-rigide à flotteur en PVC amovible (le fameux brevet X-System d’Arimar) s’adresse avant tout à une clientèle familiale. Cette dernière appréciera l’équipement de confort, surtout au mouillage. Car, en navigation, si le X-Cellence 670 paraît posséder une carène confortable et sûre, il n’en reste pas moins que les passagers manqueront de possibilités de bien se tenir et seront nécessairement exposés au vent, puisqu’il est impossible de s’installer derrière le pilote qui, lui, bénéficie de l’abri efficace de la console, avec son haut pare-brise.




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