Essai Arimar Scuba 690

Un sacré caractère !

Dernier né de la gamme Sea Pionner, ce baroudeur à forte personnalité bénéficie de la technologie d'Arimar avec flotteur démontable. L'appellation Scuba indique clairement le programme, auquel correspond fort bien l'agencement minimaliste du cockpit, ce qui ne l'empêche pas d'afficher une indéniable élégance, à l' image de tous les modèles de la marque.

Texte et photos Jacques Anglès


 20 332 € sans moteur (tarif 2005)
 6.9 m
 16
 50,4 nds

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Paru dans le Pneumag n° 49 Septembre/Octobre 2005




Ca va vite ! Debout derrière le volant placé à bonne hauteur, main droite sur la manette de gaz poussée «dans le coin», j'affine le réglage du trim tandis que le copilote m'annonce les vitesses : 49,5… 50… 50,2... 50,4... 50,4 nœuds stabilisés ! Lancé sur un bon clapot, notre Scuba X-690 vole littéralement de vague en vague, traçant sur la rade d'Hyères une trajectoire impeccablement rectiligne. Je savoure l'instant, car les pneus qui dépassent le mur des 50 nœuds sont peu nombreux. Et surtout, le Scuba 690 y parvient sans manifester d'instabilité latérale et sans taper sur le clapot. Si l'on en croit l'adage populaire qui affirme que «qui peut le plus peut le moins», c'est évidemment un bon point à compter à l'actif de la carène SVM (Stepped Variable Monohedron, ou, si l'on préfère, «à angle variable par marches»). Celle-ci se caractérise en effet par son angle de V variable, (22°, 28° et 40°) avec trois «niveaux de glisse» (des sortes de larges virures porteuses améliorant l'effet sustentateur de la carène) marqués par des virures porteuses. Précisons tout de même que l'exemplaire mis à notre disposition appartient à un amateur de vitesse, avec un moteur (Evinrude 225 ch E-tec) dépassant de 25 chevaux la puissance maximale définie par le constructeur et, de plus, avec un montage haut favorisant la vitesse. Les performances sont grisantes, et je constate que le X-690 supporte aisément cette surpuissance, ce qui permet de mesurer l'énorme marge de sécurité dont on disposera avec une motorisation «normale». On peut, toutefois, se demander comment fonctionnerait la garantie du constructeur en cas de problème…Par ailleurs, si le montage haut favorise la vitesse, il correspond à un choix personnel de pilotage certes défendable, mais qui se paie en retour par une moindre maniabilité en virage. Ce que confirme notre X-690 : pas de problème en courbes larges mais dès que l'on attaque un virage un peu serré, l'hélice commence à ventiler, le phénomène étant d'autant plus sensible que ce bateau gîte peu en virage Pour une utilisation familiale, et en particulier si l’on veut faire du ski nautique, nous conseillerons donc un montage plus polyvalent, à un niveau standard. Ceci étant précisé, le X-690 laisse dans l’ensemble une excellente impression de pilotage combinant confort sur les vagues et sécurité de comportement. Et il sera probablement capable de dépasser 40 nœuds avec la motorisation conseillée de 150 ch.

Ce nouveau X-690 ne se distingue pas seulement par ses qualités dynamiques, mais aussi par la conception originale du flotteur qui témoigne de l’esprit de recherche de la marque. Ce flotteur compte bien cinq compartiments mais on en voit que trois de l’extérieur (un pour la proue et deux pour les boudins latéraux). En fait ces derniers comportent deux boudins emboîtés l’un dans l’autre à la manière de tuyaux d’orgue : un boudin extérieur «normal», avec à l’intérieur un second boudin concentrique, de l’avant à l’arrière. Ainsi, en cas de crevaison du boudin extérieur, le flotteur intérieur garantit la stabilité et la hauteur de franc-bord sur tout le pourtour du bateau, ce qui permet de continuer à naviguer presque normalement.

Autre invention Arimar – bien que proche du système Zodiac - les flotteurs amovibles, selon le système X : les flotteurs sont fixés à la coque par une longue tringle qui passe alternativement dans un œil de la coque et un œil du flotteur. Ce principe assure un démontage et un remontage plus faciles qu’avec les systèmes classiques à ralingue et glissière. Ce flotteur est réalisé en tissu à enduction de PVC d’origine française, de la série Nautilus de Pennel Industries, avec une finition très propre. Côté cockpit, c’est la simplicité qui domine, avec beaucoup d’espace au sol, un grand coffre à l’avant et une banquette arrière formant coffre étanche. Astuce, cette banquette-coffre bascule d’un bloc vers l’avant pour dégager l’accès à la soute arrière.

La console de pilotage, étroite, ménage de bons passages latéraux et abrite deux coffres de rangement secs, accessibles par l'avant ou l'arrière. Elle offre une bonne position de pilotage debout (volant et poignée de gaz bien placés), mais en revanche il est pratiquement impossible de piloter assis car la banquette est loin du volant et la console masque la visibilité. Un leaning-post (proposé seulement en option) conviendrait mieux à ce baroudeur.Cet agencement simple fera le bonheur des plongeurs et pêcheurs, qui apprécieront notamment les flancs de cockpit assez remontants, ce qui garantit une bonne protection du boudin contre les aspérités du matériel de pêche ou de plongée.Le X- 690 Scuba n'est pas toutefois exempt de toute critique. à la poupe, pas d'échelle de bain (passez par les options SVP !), et la proue manque de taquets d'amarrage avant et de protection du boudin d'étrave contre le ragage de la ligne de mouillage. Ce dernier point surprend car le flotteur est par ailleurs bien équipé, avec un gros liston sur le pourtour, des mains courantes en nylon tressé et des passages renforcés pour plongeurs sur les côtés, dotés de poignées bien placées pour se hisser hors de l'eau. Enfin, on apprécie la possibilité de choisir l'homologation en catégorie B ou C, la première étant indispensable pour la pratique de la pêche au large ou pour les raids incluant des traversées. .



photo Arimar Scuba 690


photo Arimar Scuba 690


photo Arimar Scuba 690





Conclusion
Tenue de mer sans reproche, bonne adéquation au programme et flotteur facilement démontable, tels sont les trois arguments forts de ce nouveau modèle, avec une construction qui paraît robuste et une présentation plutôt séduisante. Marin avant tout, ce modèle est bien adapté à la pêche ou à la plongée, avec possibilité d’aménager un peu plus le cockpit en sélectionnant des accessoires dans le catalogue du constructeur. Et dans la catégorie des 7 m, le Scuba 690 est pratiquement sans concurrent, la plupart des autres modèles étant soit des 6,50 m soit des 7,50 m.




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