Essai Tarpon AD 50

Comme un poisson dans l'eau

Ce petit semi-rigide se sent parfaitement à son aise dans le milieu marin. Vif, agréable à barrer, il se déplace rapidement même avec seulement 50 chevaux, en se montrant économique. Son plan de pont aéré et aménageable à la demande devrait séduire les amateurs de pêche ou de plongée.

Texte et photos Philippe Leblond


 7 702 € sans moteur (tarif 2016)
 4.99 m
 12
 30,1 nds avec Mercury 50 ch 4T
Banniere_axa

Orca-logo_rvb

Paru dans le Pneumag n° 89 mai/Juin 2012



Les flotteurs d'un bon diamètre, assemblés avec du tissu PVC Melher Texnologies (anciennement Melher Haku) et sécurisés à l'aide de valves de surpression, entourent une coque polyester dont le V profond (22° au tableau arrière) est aplani dans son tiers arrière par un patin de quille. Ce dernier est protégé (échouage, halage au sec) par un talon d'inox. L'enveloppe gonflable est généreusement accastillée avec une large bande de ragage, de passages plongeurs (avec saisines permettant de s'agripper pour remonter à bord plus facilement), de poignées ergonomiques, ainsi que, pour mouiller l'ancre, d'un taquet coinceur et d'un guide (pas assez profond). Les tubes reçoivent en outre (dans des clips caoutchouc) des rames à manche inox et pelle plastique.
Comme sur les autres Tarpon, l'AD-50 dispose d'une coque en polyester, comblée de mousse d'insubmersibilité augmentant la flottabilité (1 550 kg de charge utile !) et fermée par un pont en contreplaqué marine, stratifié sur les deux faces et enduit d'un antidérapant "au rouleau" efficace. Les utilisateurs sportifs (pêche, chasse, plongée, glisse tractée) apprécieront le plancher quasiment de plain-pied et bien dégagé, malgré la présence du poste de pilotage. Mais, cette qualité induit un inconvénient : le manque de rangement. Dans ce domaine, le choix est vite fait : les grosses affaires dans la console (mais elle est en partie occupée par la batterie…), les petites dans l'équipet situé sous l'assise du leaning-post, sachant que la baille à mouillage ne peut recevoir guère plus que celui-ci. Signalons la présence d'une bitte inox, dévolue à la ligne de mouillage ou à l'amarrage. Terminons le tour du propriétaire par le poste de pilotage qui, sur notre bateau d'essai (le choix des accessoires est libre), associe une console polyester et un leaning-post biplace à armature inox. La position de pilotage est efficace, mais l'on déplore que la console ne soit pas concave sur sa face arrière, afin d'éviter d'éventuels chocs avec les genoux en mer formée… Le "châssis" du leaning-post propose cinq supports de cannes à pêche et une main courante, à l'attention des passagers arrière. On note avec intérêt la dissimulation des câbles de direction et des commandes sous le plancher, ainsi que les deux vide-vite de grand diamètre prolongés par des manches en caoutchouc relevables sur le tableau arrière (taquets coinceurs).
Pas besoin d'aller chercher un gros cube pour rendre ce petit Tarpon performant. Le Mercury 50 ch de notre essai lui donne déjà de belles aptitudes, tant en vitesse, où il franchit la barre symbolique des 30 nœuds, qu'en accélération avec un déjaugeage sous les cinq secondes. Une fois en rythme, on apprécie la plage des régimes de croisière assez large : de 3 800 tr/min à 4 700 tr/min, ce qui donne des vitesses respectives de 15,7 et 22,2 nœuds, avec deux personnes à bord et environ 20 litres d'essence. Avec le réservoir fixe de 90 litres, l'autonomie potentielle est remarquable : 18 heures en usage courant (un peu moins au meilleur rendement à vitesse stabilisée). De quoi multiplier les postes à l'envi, qu'on soit armé d'une canne ou d'une arbalète !
Pour ce qui est de pilotage et du comportement, difficile de formuler un avis définitif car la mer était lisse lors de notre test. Sain, docile, précis, bien équilibré, l'AD-50 donne de bonnes sensations à son pilote. Sa carène est vivante, s'aère bien à la vitesse maxi, avec un léger début de roulis très facile à contenir. Les seuls reproches qu'on puisse lui adresser sont une tendance à partir en contre-gîte lorsqu'on entre fort dans un virage à droite, et la perte de motricité (ventilation), lorsqu'on resserre le rayon en remettant du gaz. Un bilan dynamique plutôt encourageant (dommage qu'il n'y pas eu un peu de mer…), compte tenu de la puissance installée, très éloignée du maxi (115 ch). Mais, honnêtement, on ne voit pas l'intérêt de monter un tel moteur sur une coque aussi légère… Un 70, ou un 80 ch, conviendra très bien pour ceux qui voudraient naviguer avec un équipage nombreux



photo Tarpon AD 50


photo Tarpon AD 50


photo Tarpon AD 50


AU PONTON
Le caractère baroudeur de l'AD-50 lui confère un cockpit spartiate, avec le souci d'offrir un pont peu encombré. Les amateurs de pêche ou de plongée apprécieront de pouvoir se mouvoir librement de part et d'autre du poste de pilotage, simple mais offrant une bonne position de conduite. Parmi les bons points, il faut mentionner le passage des câbles sous le plancher et la coque "moussée" garantissant la flottabilité.




EN MER
La mer, particulièrement calme lors de notre essai, ne nous a pas permis de porter un jugement sur le confort de navigation dans le clapot ou la houle. Pour le reste, nous avons pu apprécier les qualités dynamiques du Tarpon : vivacité, facilité de pilotage, performances (même avec cette puissance très éloignée du maxi) et rayon d'action.




2
3