Essai Tarpon DV 62

De solides arguments

Difficile de ne pas jeter un œil au tarif aguichant… Bien sûr, les flotteurs sont en PVC, mais le DV-62 est un semi-rigide sérieusement réalisé et ses qualités nautiques ne laisseront pas indifférent, de même que son cockpit aménageable "à la carte".

Texte et photos Philippe Leblond


 10 943 € sans moteur (tarif 2016)
 6.4 m
 16
 42,9 nds avec Yamaha 150 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 99 Janvier/Février 2014



Le 62 est le premier des trois modèles de la série DV, plus particulièrement destinés à la plongée (DV pour "diving") ou à la pêche, sachant que la plupart des semi-rigides de Tarpon sont compatibles avec ces activités. Avec ses 6,40 m, il vient se placer sous les DV-65 (6,90 m) et 75 (7,49 m). A la différence de ses deux grands frères, enregistrés en catégorie B, le DV-62 est certifié C. Sa flottabilité est pourtant remarquable avec une homologation à 16 passagers et une charge utile fixée à 1 700 kg !
Rappelons que les Tarpon sont équipés de flotteurs en PVC de chez Melher Texnologies, assemblés à chaud, et d'un plancher en bois stratifié, permettant un agencement de cockpit sur mesure. Les éléments de pont, tels que la console et le leaning-post (avec petit sac de rangement amovible) sont solidement boulonnés sur des inserts placés sous le pont. Notons également la quille dotée d'une ferrure en inox et le tableau arrière protégé de la platine de fixation du moteur par une contreplaque en aluminium. Les passavants de 35 cm, de part et d'autre de la console, assurent des déplacements faciles sur un pont de plain-pied, jusqu'au coffre à mouillage (sans passe-ligne !). Le tableau arrière intérieur, qui abrite la batterie, peut servir de support à une banquette optionnelle triplace. Autre point positif : le réservoir fixe étant situé sous le pont, et son nable de remplissage à l'avant, la console propose un volume de rangement appréciable. Enfin, le tableau de bord est relativement spacieux, permettant de disposer lisiblement les instruments moteurs, le sondeur et le GPS trouvant place sur leur étrier, à l'abri du haut pare-brise. C'est l'heure de mesurer le potentiel de ce semi-rigide léger et bien motorisé (150 chevaux, soit la puissance maxi homologuée)… Le vent s'est bien levé en cette matinée à Saint-Vaast, et pour les mesures, nous sommes contraints de longer la plage (chut !), pour bénéficier de conditions acceptables. De toutes manières, nous allons vite constater qu'il est impossible d'exploiter à fond cette puissance plus au large, où les 4 à 5 beauforts transforment le petit clapot (40 cm) en houle agressive (1 à 1,20 m). Après trois ou quatre runs à fond, à la recherche du réglage optimal du trim, afin de maintenir le DV-62 en équilibre sur sa quille, le GPS enregistre 42,9 nœuds à 6 000 tr/min. Bon résultat, mais qu'il faut "aller chercher"… Il est vrai qu'on pouvait s'y attendre en relevant les chronos d'accélération avec seulement 2"8 pour déjauger et 4" tout rond pour franchir les 20 nœuds ! Le rapport poids/puissance aiguisé se traduit presque par une surmotorisation avec le Yamaha F150… La récompense se situe principalement au niveau des rendements, avec 1,10 mille/litre pour 30,8 noeuds à 4 500 tr/min et, surtout, un super 1,40 mille/litre à 24,2 nœuds (3 500 tr/min) ! Cette allure de croisière économique tombe bien, car la capacité en carburant (90 l) est vraiment chiche pour un 150-chevaux… Au reste, il nous semble qu'un 115-chevaux serait mieux adapté à ce Tarpon.
Délicat à maîtriser lorsqu'on utilise toute la puissance, le DV-62 s'avère agréable à piloter sur les régimes intermédiaires, et sans doute plus encore avec deux ou trois équipiers de plus à bord (nos essais se font à deux), le chargement lui conférant certainement plus de stabilité. Face à la vague, le Tarpon sait se montrer confortable, retombant en souplesse, avec un bon équilibre longitudinal. Par contre, sa sensibilité à l'effet de couple du puissant Yamaha, fait qu'il a tendance à se pencher un peu sur bâbord, malgré un montage moteur décalé (sur tribord) de 3,5 cm (hauteur + 4 cm). Comme souvent, il suffit de monter un peu le trim pour atténuer ce déséquilibre, mais face à un vent fort, ce n'est pas un réglage conseillé (allègement du nez). D'où le dilemme… Par contre, la stabilité de cap est bonne avec mer de face et de travers, un peu moins avec mer d'arrière, la poupe ayant tendance à se dandiner un peu. Sain et précis en virage, le DV-62 subit une légère perte de motricité, l'hélice entrant en ventilation lors des remises de gaz franches, volant braqué serré.



photo Tarpon DV 62


photo Tarpon DV 62


photo Tarpon DV 62


AU PONTON : Le plan de pont du Tarpon parle de lui-même : pas de farniente, de l'action ! Clientèle clairement visée : les amateurs de pêche et de chasse sous-marine. Sa capacité d'accueil, fixée à 16 personnes, est aussi à même de séduire les clubs de plongée… Le pont de plain-pied, en bois stratifié, permet aussi de disposer les accessoires à l'emplacement désiré, contrairement à un pont en polyester contremoulé. L'assèchement du cockpit est assuré par deux généreux vide-vite équipés de manchons en PVC relevables à laide d'une garcette, que l'on frappe sur de petits taquets coinceurs. Un système qui, s'il n'est pas le plus esthétique, a le mérite de l'efficacité. Il est d'ailleurs fréquemment adopté sur les semi-rigides à usage professionnel…




EN MER : Concernant sa vitesse maxi, le Tarpon DV-62 grappillerait deux nœuds supplémentaires avec une hélice trois pales, selon Saint-Vaast Marine qui a préféré opter pour une quatre pales, atténuant le déséquilibre latéral dont le bateau fait preuve, trimé à plein régime avec le Yamaha F150 qui représente, rappelons-le, la puissance maxi autorisée. En réduisant un peu le régime, le Tarpon retrouve sa stabilité latérale, avec une tenue de cap plus rigoureuse et fait preuve d'une bonne balance longitudinale dans le franchissement de vague, offrant à son pilote de belles sensations et l'envie d'attaquer. En virage, la gîte intérieure modérée (surtout dans les courbes à gauche) doit inciter à bien se cramponner lorsqu'on vire de manière sportive. Au final, un 115-chevaux serait largement suffisant pour animer cette coque légère et aux qualités marines indéniables.




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