Essai Oversea 20 Phantom

Marin dans l'âme

Simple dans sa conception, robuste par sa construction artisanale, performant et facile à transporter du fait de sa légèreté, ce semi-rigide authentiquement marseillais vise délibérément une clientèle anti-frime, passionnée de loisirs nautiques tels que, la pêche ou la plongée. Dans cette optique, son aménagement "à la carte" est aussi un atout.

Texte et photos Philippe Leblond


 18 850 € sans moteur (tarif 2010)
 6.4 m
 16
 40,5 nds avec Yamaha 150 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 79 Septembre/Octobre 2010



Installé depuis 1976 à Marseille, le chantier créé par les frères Gabriele poursuit sa route sans ses fondateurs, et dans de nouveaux locaux plus spacieux et modernes. Mais, Oversea reste marseillais ! Sa production reste également fidèle à un savoir-faire artisanal bien rodé, de manière à produire des semi-rigides sans artifices, mais appréciés de nombreux utilisateurs, notamment les professionnels du sauvetage ou de la plongée sous-marine. Le 20 Phantom, que nous avons essayé à La Ciotat, prend place dans la partie haute de la gamme qui comporte huit modèles entre 3,90 m et 8,30 m. Le chantier phocéen est même en mesure de produire, à la demande, des semi-rigides jusqu'à 12 mètres… Comme ses frères de chantier, le 20 Phantom possède une coque en polyester en V profond, ceinte d'un tube confectionné en tissu Orca 1 670 décitex. Pour notre modèle, ce tissu est le "Fabric Impression" de Pennel & Flipo, dont le grain mat lui confère une touche "technique". L'assemblage est fait dans le sens de la hauteur, ce qui rend visible – malheureusement – la juxtaposition des lés de tissu, au contraire des tubes "à l'italienne", dont le rendu est plus esthétique. Cela ne remet pas en cause, bien sûr, la robustesse structurelle des tubes de l'Oversea, qui sont montés en débordement maximal de la coque afin d'offrir la plus grande largeur intérieure possible. Exception à cette règle, notre bateau d'essai ne fait que 2,55 m de large (au lieu de 2,70 m), à la demande de son client. Car chez Oversea, et c'est l'une de ses forces, il est possible de demander du sur mesure, ainsi qu'un agencement de cockpit à la carte. Cette souplesse face à la demande est l'une des raisons du succès du constructeur marseillais. Le plancher, en contreplaqué marine stratifié sur ses deux faces, est courant sur ce type de semi-rigide de caractère utilitaire, comme l'antidérapant au rouleau qui, à défaut d'être aussi esthétique que du polyester en pointe de diamant, est d'une grande efficacité. Renforcé par deux puissantes équerres, le tableau arrière est précédé d'un bac de rétention d'eau, percé d'un nable de gros diamètre, avec manche caoutchouc relevable. Une petite plate-forme de bain et son échelle, en teck et inox, sont fixées directement sur le tableau, comme le roll-bar inox supportant les feux de navigation.Concernant l'équipement de cockpit, on a affaire à du rustique… Un coffre pour du matériel humide (amarres, masque, tuba…) est rapporté sur le plancher et le tableau arrière, à tribord, tandis que la partie avant intègre un pontage formant deux coffres, dont le puits de mouillage, fermés par des trappes étanches. Entre les deux se trouve le nable du réservoir d'essence (attention au bord coupant !) qui contient 200 litres, une capacité bien en rapport de la puissance maxi. Le petit socle de "nez" réunit un petit davier (pas assez débordant) et un taquet inox, pour frapper la ligne de mouillage. Au centre du bateau se tient le poste de pilotage, composé d'une console centrale et d'un leaning-post biplace "faits maison". À ce sujet, la qualité moyenne des inox et la simplicité du travail détonnent avec ce que l'on voit sur des réalisations plus huppées. Il semble aussi que, ce bateau n'étant pas neuf, son entretien n'ait pas été pointilleux… Toujours est-il que le leaning-post présente des supports inox de faible section, et une assise bien dessinée mais habillée d'une sellerie un peu trop ferme. Entre les pieds du leaning-post, le principal coffre du bord peut être verrouillé à l'aide d'un cadenas. On trouve deux autres coffres dans le corps de la console, celui du haut, "sec" à la différence de celui du bas, étant accessible par une trappe sur l'avant de ladite console.
Bien qu'inférieur de 75 chevaux à la puissance maxi pouvant être installée, le Yamaha F150 suffit amplement à rendre le 20 Phantom vif et performant. Lorsqu'on enfonce l'accélérateur, l'Oversea bondit hors de l'eau pour signer un très bon chrono de déjaugeage : 3" pile. Et il lui en faut à peine deux de plus pour passer la marque des 20 nds. La poussée reste consistante jusqu'au régime maxi qui permet de franchir les 40 nds. Par contre, aux commandes de cette carène qui s'aère naturellement, il faut rester vigilant aux abords de 5 500 tr/min car sous l'effet d'un trim franchement positif, elle se prend à rouler quelque peu. Un réglage fin du correcteur d'assiette, combiné à quelques corrections au volant, et l'on parvient à la garder en équilibre sur sa quille, même avec le vent par le travers. Doté d'une bonne balance longitudinale, l'Oversea se plaît à voler d'une crête à l'autre, se montrant assez souple dans les réceptions, et ne mouillant pas ses passagers. En virage, il fait aussi preuve d'une précision et d'un équilibre qui rendent le pilotage sûr et attractif : la gîte intérieure est franche mais progressive, le guidage de l'étrave précis, et la quille accrocheuse n'engendre pas de ventilation de l'hélice. Grâce à ses 200 litres de carburant, et une palette de régimes de croisière à haut rendement (entre 3 000 et 4 500 tr/min, soit entre 16 et 30 nds), le 20 Phantom pourra couvrir de nombreux milles avant de revenir à la pompe.



photo Oversea 20 Phantom


photo Oversea 20 Phantom


photo Oversea 20 Phantom


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