Essai Oversea 500 sport

Pour les purs et durs !

Bien que ses flotteurs à bouchons polyester lui confèrent une identité italienne, l'Oversea est un pur produit marseillais. Simple et fonctionnel dans son agencement, conçu dans une perspective d'utilisation quasi professionnelle, ce petit semi-rigide sait se montrer à la fois performant et économique. Et à un prix attractif, peuchère !

Texte et photos Philippe Leblond


 15 962 € avec Selva 60 ch 4T (tarif 2006)
 5.0 m
 10
 33,2 nds

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Paru dans le Pneumag n° 53 Mai/Juin 2006



Le petit chantier marseillais s'adresse à une clientèle de connaisseurs. De nombreux clubs de plongée de la région sont adeptes de ses canots simples et marins, de même que certains organismes professionnels, tels que les sapeurs-pompiers, la police ou les affaires maritimes. Un curriculum vitae qui atteste du sérieux du travail d'Oversea… Deux gammes : la Pro avec un tissu Orca de 1 670 décitex, et la Sport (1 100 décitex), pour douze modèles, de 3,30 à 6,30 mètres. Notre bateau d'essai, le 500 Sport est construit selon un procédé traditionnel, sans contremoulage. Le plancher en contre-plaqué marine stratifié, recouvert d'un antidérapant projeté, sur lequel sont rapportés une console, un siège de pilotage biplace et un coffre dont les bases sont boulonnées et rendues étanches par reprise en stratification. Comme sur la plupart des semi-rigides dépourvus de plancher contremoulé, les câbles du moteur courent à claire-voie sur le plancher. Le tableau arrière classique ne possède ni plate-forme de bain, ni d'échelle. Deux épais renforts en équerre viennent encadrer l'espace dévolu à la nourrice, qui n'est pas sanglée sur le plancher, mais repose sur un caillebotis sous lequel se fait l'évacuation du cockpit (autovideur en marche). En ce qui concerne le stockage du matériel de sécurité et des effets personnels, la console et le siège-coffre du pilote devraient suffire pour un équipage réduit (3 ou 4 personnes au plus). A l'avant, la baille à mouillage cloisonnée laisse un petit volume supplémentaire que l'on réservera aux amarres. Si la console ne ferme pas à clé, les autres coffres peuvent recevoir un cadenas. Original : le nez du bateau présente une large plaque en inox garantissant une protection efficace contre le frottement de la chaîne. Debout derrière la console haute, on apprécie d'emblée l'efficacité de la position de conduite. En revanche la banquette biplace étant placée à distance respectable, les commandes sont vraiment loin, et le combiné instrumental Yamaha caché par le volant, n'est pas facilement lisible. Le 60 ch Dorado (en fait le Yamaha F60 sous un capot Selva) fait apprécier sa discrétion sonore lors des manœuvres et sur les moyens régimes. Plutôt compact pour un 4-temps, il n’est pas déplacé sur un semi-rigide léger comme l’Oversea. Cela n’empêche pas ce dernier de passer par un cabrage spectaculaire avant de déjauger. Il n’est pas superflu de demander à son équipier de faire deux pas vers la proue avant d’accélérer. Le 4 cylindres en ligne à carburateurs délivrent une bonne accélération et la vitesse maxi est rapidement atteinte. Sensible au réglage de trim (ce dernier fait gagner 400 tr/mn de régime maxi), la carène se met à rouler sérieusement aux abords du régime maxi. Nous avons pu constater qu’avec quatre personnes à bord, ce phénomène disparaissait, la vitesse de pointe tombant de presque cinq nœuds (28,5 nds au lieu de 33,2 nds). Sur le plan du confort à la mer, la baie de Marseille, très calme le jour de notre prise en main, ne nous a pas permis d’en juger vraiment. En franchissant un gros sillage, nous avons pu constater un bon équilibre dans le saut et une réception en souplesse.Curieusement, l’Oversea qui possède une carène en V marqué à l’arrière vire presque à plat, et en glissant, mais reste facile à contrôler. Si on le brusque, l’hélice est prise de ventilation, ce qui arrive parfois aux bateaux qui gîtent peu ou pas.
Pour conclure, l’Oversea possède le profil pour une clientèle sportive. Pas de fioritures à bord, ce n’est pas le genre de la maison, mais un minimum de rangement et d’équipement qui suffira aux amateurs de plongée ou de pêche. Le Selva 60 ch nous semble largement suffisant pour naviguer à deux ou trois. La puissance maxi de 70 ch ne nous paraît intéressante que dans l’optique d’un chargement important.



photo Oversea 500 sport


photo Oversea 500 sport


photo Oversea 500 sport





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