Essai UFO U.69

Une classe folle !

Ligne racée, construction high-tech en carbone-Epoxy, pont en teck massif et superbe finition en laque métallisée, l’U.69 Carbon offre une déclinaison nautique du cabriolet de luxe, avec personnalisation à la carte. L’élégance et l’audace de conception de cette unité méritent un coup de chapeau.

Texte et photos Jacques Anglès


 49 717 € sans moteur (tarif 2010)
 6.9 m
 12
 Vitesse maxi 41,6 nds avec Mercury 250 ch Verado 4T

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Paru dans le Pneumag n° 79 Septembre/Octobre 2010



Tout amateur de beaux bateaux, à voile ou à moteur, songera aux très selects Wally italiens en découvrant l’U.69. Mais si l’on ne peut nier que "l’école Wally" a influencé toute une génération de designers, notamment à cause de l'étrave verticale sur un brion à angle droit (une forme souvent reprise depuis), la comparaison s’arrête là, et l’UFO U.69 apparaît comme une création tout à fait originale. Telle était d’ailleurs la volonté Xavier Pillet, le patron d’UFO Boat, qui voulait proposer un semi-rigide beau, marin et robuste, en s’appuyant sur son expérience d’ex-shaper de planches à voiles pour champions et de fournisseur de composites high-tech pour la marine et l’aéronautique.
Sur le plan esthétique, c’est une réussite. Le U.69 séduit au premier coup d’œil, jouant de sa silhouette aux lignes nerveuses, de son splendide pont en teck et de sa finition impeccable en laque métallisée bronze clair. La coque noire, symbole du carbone high-tech, est surmontée par un flotteur en CR/CSM Orca de Pennel Industries, assez fin (à contrepied de la mode) et traité en gris clair avec liston de protection gris foncé et mains courantes noires. Ces dernières sont gainées de textile pour la douceur de toucher. Un raffinement qui signale le soin apporté aux détails, qui allient beauté et fonctionnalité, à l’instar des charnières flush-deck sans vis apparentes, de l’éclairage de pont par spots à LED, des taquets escamotables ou du superbe davier à rouleaux encastré dans la delphinière. Mais avant de se concentrer sur les détails, le constructeur soigne le gros-œuvre, en utilisant des techniques de haut niveau, encore rares dans le monde du pneu. La carène est réalisée en sandwich carbone/Kevlar/Epoxy de 27 mm d’épaisseur, combinant une rigidité exceptionnelle et une économie de poids. Tout l’intérieur est capitonné de mousse étanche à cellules fermées, jouant un double rôle d’antichoc, quand on range des objets durs dans les coffres, et d’isolation phonique. Sage précaution compte tenu des résonances qu’engendrent les coques en carbone non protégées. Le pont d’un seul tenant, en teck de 8 mm d’épaisseur avec joints blancs, est de toute beauté et contribue à la classe folle de l’U.69. On aime sans réserve, malgré le supplément de poids que cela représente… Au final, entre le gain de poids dû à la construction en sandwich et le supplément du teck, l’U.69 se situe dans la moyenne des unités de 7 m, avec l’avantage du T-Top installé en standard.
Côté carène, l’U.69 se caractérise par son étrave fine et verticale, par sa largeur au-dessus de la moyenne, avec maître-bau au tableau arrière, et par un patin de quille large et porteur. Elle comporte en outre deux redans destinés à réduire les frottements par "aération" de la surface mouillée. Contact ! Avec le 250 ch Verado au tableau arrière (la puissance maximale autorisée pour ce modèle) le bateau déjauge vite sans toutefois battre de record, avec une phase cabrée assez nette et une reprise d’assiette bien en ligne. Donnons-lui d’entrée un bon point pour l’ergonomie sans reproche du poste de pilotage : visibilité totale, volant et commande de gaz idéalement placés, calage parfait sur le double leaning-post (malgré des assises fermes). Ajoutez un tableau de bord très lisible (affichage SmartCraft à la carte), la VHF, le tableau électrique et la hi-fi abrités sous le T-Top, et voilà un poste de pilotage comme on aimerait en trouver plus souvent ! Le doublage en mousse des fonds absorbe parfaitement les bruits de coque, mais la rigidité exceptionnelle de la carène carbone et le méplat de fond font ressentir assez directement les impacts du clapot. Le pilotage est précis et le bateau passe assez bien dans les vagues, mais la "suspension" manque de confort, et le chrono maxi est quelque peu décevant au regard de la puissance installée. Un meilleur choix d’hélice devrait permettre de gagner quelques nœuds en exploitant tout le potentiel du Verado, qui peut monter à 6 400 tr/min. La carène répond bien au réglage de trim pour peaufiner l’assiette en révélant une tendance à se dandiner à haute vitesse. En virages, cette coque extra-large prend vite appui sur son tube et gîte donc assez peu, tout en faisant preuve d’une excellente capacité à virer court (moins de 20 m) sans décrocher. Cramponnez-vous !



photo UFO U.69


photo UFO U.69


photo UFO U.69


photo UFO U.69





CONCLUSION
Ce canot de luxe s’adresse à une clientèle désirant un bateau qui ne ressemble pas aux autres. De ce point de vue, le U.69 aligne de beaux atouts : un look hors du commun, une qualité de construction et de finition exemplaire, un équipement très complet et un pont bien conçu pour la balade et le farniente au soleil. Malgré des performances et un confort dans le clapot moins enthousiasmants, le bilan est positif. Bref, très bien pour les sorties entre amis, moins bien pour les pilotes férus de sensations dynamiques.




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