Essai UFO U.69

Une classe à part...

Pas de danger de confondre le U.69 Carbon avec un autre ! Sa forte personnalité, qui émane d'un design audacieux et élégant, le place à part dans l'univers pourtant multiple du semi-rigide. Sa carène en carbone héritée de la Voile et son cockpit hyperspacieux sont aussi des signes distinctifs.

Texte et photos Philippe Leblond


 60 905 € avec Mercury 200 ch Verado 4T (tarif 2007)
 6.79 m
 10
 40,5 nds

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Paru dans le Pneumag n° 60 Juillet/Août 2007




Le cursus du patron d'Ufo, Xavier Pillet, ancien « shaper » de planche à voile, n'est sans doute pas étranger à l'étonnante architecture de ce beau semi-rigide. Entre son expérience de « voileux » et le clin d'oeil aux spectaculaires voiliers monégasques Wally, Xavier a tenté d'explorer une voie nouvelle. Pour preuve, le dessin de la carène, totalement inédit dans le domaine du pneumatique, avec une étrave presque verticale, suivie d'un V évolutif marqué de deux redans et un tiers arrière doté d'un patin de quille ultra large… Conséquence de cette forme en delta, la largeur s'avère peu commune : 3 mètres ! Voilà qui donne une certaine aisance en termes de circulation à bord. De fait, l'impression d'espace ressentie à bord est exceptionnelle pour un semi-rigide de cette longueur, d'autant que les flotteurs, de modeste diamètre, laissent une largeur utile qui ne l'est pas moins. L'une des grandes spécificités de l'Ufo – cette entreprise est spécialisée dans la construction en composites - est sa coque en carbone, entièrement moulée sous vide, et surmontée d'un spectaculaire hard-top réalisé, lui, en Epoxy. Objectif : allier légèreté et rigidité structurelle. De ce point de vue, c'est plutôt réussi, car nous n'avons pas souvent eu le privilège de naviguer sur une carène aussi rigide. En revanche, le hard-top (bel exercice de design) contribue malgré sa relative légèreté, à faire remonter le centre de gravité du bateau, ce qui n'est pas sans se traduire par un petit dandinement d'un flotteur sur l'autre lorsqu'on prend des vagues par le travers. Mais, cet appendice n'est pas un exercice de style gratuit. Il sert d'abri au pilote et aussi de support au bimini qui sera tendu sur deux tangons en carbone, plantés dans les supports de cannes du pont avant. Par ailleurs, il intègre un module comportant le lecteur CD stéréo, la VHF fixe et les commandes électriques, afin de ne pas surcharger le tableau de bord qui, soit dit en passant, n’est pas loin d’être un modèle du genre. La lisibilité des instruments (le compas est bien dans l’axe) et la place disponible pour les appareils de navigation (le propriétaire a même fait monter un radar !) sont à souligner.Et, pour ne rien gâter, la position de conduite, avec un leaning-post biplace laissant suffisamment d’espace derrière la console, s’avère confortable et efficace, même si l’on ne serait pas contre une sellerie plus épaisse que la mince couche de mousse collée à même le polyester. Outre les larges passavants de part et d’autre de la console et les accès généreux aux plates-formes de bain, l’Ufo dispense un volume de rangement étonnant. Le coffre avant, sous le solarium recouvert d’un astucieux matelas repliable (façon futon), est profond, et le support de bain de soleil qui reste à poste (une volonté du propriétaire) offre un important rangement semi fermé. Par ailleurs, la console bascule vers l’arrière pour ouvrir un large accès à un énorme coffre, auquel s’ajoute un imposant coffre sous la banquette arrière. Ajoutons à cela, celui plus réduit sous le leaning-post cohabitant avec un petit frigo. Pour protéger le matériel, et limiter les résonances en navigation, les coffres sont tous doublés de mousse Néoprène. à bord du U.69 Carbon, la détente se cultive avec intelligence, comme en témoigne le solarium arrière dont le complément en mousse sert de dosseret, et dont le support rigide n’est autre qu’une jolie table en teck pour le pique-nique.

Autre domaine qui a fait l’objet de toutes les attentions de la part du chantier varois : l’accastillage. On note la présence de deux supports de cannes dans les montants du hard-top, des taquets inox rétractables, et une belle delphinière en teck dotée d’un chaumard à rouleaux, de qualité. Signalons aussi les mains courantes situées à la poupe, qui font office de portillons de cockpit, et la baille à mouillage intégrant un guindeau électrique qui commande une ancre à travers l’écubier d’étrave.

Sur le plan du comportement, l'Ufo est atypique comme le laissait présager la forme de sa carène. La phase de déjaugeage est assez conventionnelle avec un léger cabré et une reprise d'assiette progressive, celle-ci demeurant assez positive, malgré la forte portance de la partie arrière, et sans que pour autant le nez soit « léger ». L'absence de vague et même de clapot nous a obligé à aller chercher le sillage de la vedette des îles qui fait la liaison Giens/Porquerolles, pour tenter de cerner un peu la faculté de passage de la carène. Malgré un bon équilibre longitudinal, les impacts sont secs, conséquence quasi assurée du très large patin de quille. Pour le reste, le comportement est sain, avec une certaine aisance en virage, malgré le peu de gîte intérieure. Il est même possible de virer très court, avec un bon grip et bonne motricité en sortie, gaz à fond. Les performances sont dans la norme malgré le punch du Verado 200 ch. Aussi recommanderons-nous une puissance minimale de 150 ch…L'élégance de ce semi-rigide high-tech ainsi que sa fonctionnalité (entretien facile) séduisent à coup sûr. Comme l'écoute que porte le chantier aux desideratas des clients, avec un travail sur mesure (1 500 heures de main d'œuvre par bateau !)… En revanche, sur le plan dynamique, la carène, il est vrai innovante, manque un peu de confort pour se montrer aussi convaincante..



photo UFO U.69


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