Essai Valiant Sport 550 HN

Fun et accessible

Un 60-chevaux suffit à mettre en évidence le caractère sportif de ce petit Valiant qui offre de bonnes sensations de pilotage sans exploser le budget essence. Son cockpit spacieux, avec des déplacements faciles, est aussi un atout, de même que son tarif package "agressif".

Texte Philippe Leblond - Photos Philippe Leblond et DR


 16 830 € avec Mercury 60 ch 4T (tarif 2016)
 5.3 m
 9
 32,4 nds
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Paru dans le Pneumag n° 101 Mai/Juin 2014



Bénéficiant d'une apparence sympathique et soignée, avec sa bande de rage bicolore qui rehausse le gris pâle de ses flotteurs, le 550 Sport prend place dans une gamme comptant sept modèles, dont les longueurs s'échelonnent régulièrement de 4,70 m à 7,60 m. Plus simple par son équipement que le 550 Comfort, avec lequel il partage le même "châssis", ce petit kart des mers, fabriqué, comme ses frères par le chantier italien Arimar, entend se positionner comme un produit d'appel. Il en a à la fois la simplicité et le prix, les deux se combinant en un produit équitable. L'exemplaire de notre essai, équipé de la première motorisation, le F60 EFI Mercury (disponible aussi en Mariner), dépasse de peu les 15 000 euros, ce qui aujourd'hui sur la "planète semi-rigides" devient assez rare.
Le tour du propriétaire commence par un constat favorable pour ce qui est de la qualité perçue : flotteurs à l'assemblage soigné (collages propres et coupe dans la longueur qui gomme la présence des cinq compartiments), gel-coat brillant et uniforme avec une console dont les formes sont plus travaillées que celle de certains semi-rigides de ce segment de marché… Pour autant, les autres éléments restent simples (banquette/coffre) et seule la baille à mouillage est moulé avec le pont. La console décalée sur tribord laisse un large passage vers l'avant, alors que la banquette biplace occupe presque toute la largeur du cockpit. Le tableau arrière, percé de deux nables de diamètre modéré est des plus classiques, possède sa petite échelle de bain fixée à bâbord, mais est dépourvu de cale technique. Cela amène au reproche majeure que nous adressons au 550 Sport : les rares coffres du bateau sont occupés en grande partie par le réservoir de carburant (siège-coffre) et la batterie (bas de la console). D'où très peu de possibilité de rangement à bord de ce petit bateau pourtant potentiellement destiné à une clientèle familiale "petit budget", chez Valiant les amateurs de pêche et de plongée étant surtout visés par la série Sport Fishing. Autre critique : les câbles moteur et la ligne de carburant qui courent sur le plancher…
Pas de position leaning-post pour piloter, mais la possibilité d'officier debout ou assis, avec une bonne aisance de mouvements (une console jockey biplace est également proposée). C'est déjà pas mal sur un semi-rigide de ce registre. Les commandes tombent bien sous les mains du pilote, tandis que le copilote, debout dans le passavant, se tient efficacement à la main courante protégeant le pare-brise. Comme attendu le déjaugeage est ponctué par un cabrage prononcé, un phénomène qui ne fera qu'augmenter en cas de motorisation supérieure, sauf à asseoir un passager sur le siège frontal de console. A l'accélération, le F 60 EFI (995 cm3 et 181 kg) fait ce qu'il peut avec le rapport poids/puissance peu favorable, comme le montre les chronos modestes réalisés. Mais une fois lancé, à la faveur d'un rapport d'embase plutôt long (1,83:1), le 550 Sport signe une vitesse maxi convaincante : 32,4 nœuds. Même si nous n'avons pu effectuer des mesures de consommation, on peut anticiper des rendements particulièrement économiques entre 4 000 et 5 000 tr/min, avec des allures de croisière allant de 18 à 24 nœuds. Sur la mer d'huile proposée par le Pertuis d'Antioche (une fois n'est pas coutume), croiser à 4 500 tr/min est particulièrement plaisant. L'absence de vagues (pas plus de sillages à se mettre sous la carène) ne nous permettra pas de valider le confort et l'équilibre de ce Valiant. Par contre, nous avons pu apprécier son extrême maniabilité dans toutes les évolutions : tenue de cap lancé à fond et copieusement trimé (légère tendance au roulis mais facile à maîtriser), larges courbes prises plein régime, ou virages serrés avec remises de gaz brutales… Dans ce domaine particulièrement exigeant, le 550 Sport ne se désunit pas. Sa gîte progressive, le guidage précis de sa quille, son grip constant, participent pleinement au plaisir de pilotage, d'autant que ce bateau homogène et sain dans ses réactions ne donne pas envie de lâcher les gaz !



photo Valiant Sport 550 HN


photo Valiant Sport 550 HN


photo Valiant Sport 550 HN


photo Valiant Sport 550 HN


Au Ponton
L'un des points faibles du 550 Sport, c'est le volume de rangement très modeste dont il dispose. Or, si l'on opte pour une puissance de 100 ou 115 chevaux, le réservoir optionnel de 70 litres s'impose, afin de préserver une autonomie de l'ordre de huit heures d'utilisation, ce que le petit réservoir standard (50 l) assure avec les motorisations basses (60 à 80 chevaux). Dans ce cas, le coffre du siège de pilotage sera totalement occupé par le réservoir… Au demeurant, le 550 Sport ne s'adresse pas à un large équipage, même si on le verrait bien au service d'une petite famille avec un ou deux enfants. Moyennant quoi, il est apte à offrir un réel plaisir à naviguer près des côtes, et à faire profiter de l'espace de son cockpit à l'escale, avec quelques options à faire valoir : échelle de bain, porte-canne, kit vivier, roll-bar avec feux de nav, râtelier six bouteilles (plongée)… Dommage qu'un mât de ski et un taud de soleil ne soient pas proposés !




En Mer
Il aurait sans doute été judicieux de placer le réservoir sous ou dans la console afin d'optimiser l'assiette du bateau, dont la répartition des masses est en faveur de l'arrière, surtout dans l'optique d'une motorisation élevée. Avec un 100 ch (la puissance maxi proposée en package), c'est 70 kg qu'on ajoute sur le tableau arrière, et si on opte pour le réservoir de 70 litres, c'est 20 kg de rab. Et une centaine de kilos de plus sur une unité courte et légère comme ce 550 Sport, dont le poste de pilotage est assez reculé, c'est considérable. Il n'en reste pas moins que le 550 Sport possède une agilité indéniable, avec une carène vivante, qui s'aère bien sous l'action du trim et génère un plaisir évident pour son pilote mais aussi ses passagers, qui à plus de 30 nœuds éprouvent de belles sensations de vitesse, en toute sécurité. Et l'on de se prive pas d'enchaîner les évolutions, rien que pour le plaisir. Qu'en sera-t-il avec un 100-chevaux ? Difficile à dire… A notre sens, un 80-chevaux serait le bon choix sur ce modèle, la puissance supérieure ne s'avérant utile que pour déplacer un équipage nombreux (quatre personnes, ou plus).




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