Essai Zeppelin Black Marlin 6,40

De la capture dans l'air !

Baptisée à dessein "Black Marlin", la version pêche du Defender 6.40 a de quoi impressionner les bancs de poissons qui croiseront sa route. Les équipementiers de pêche, Amiaud et HPA, ont mis ce qu'il faut à bord pour en faire un prédateur efficace. Et son comportement marin de baroudeur est là pour compléter la panoplie. à vos cannes !

Texte et photos Philippe Leblond


 32 976 € sans moteur (tarif 2016)
 6.4 m
 21
 42,5 nds avec Suzuki 150 ch 4T

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Paru dans le Pneumag n° 67 septembre/octobre 2008




Flotteurs noirs, coque grise, bagagerie de pêche noire… Le nouveau Defender 6.40 joue l'élégance virile. Les flotteurs de diamètre constant, marquant une ligne légèrement ascendante pour dégager l'étrave, encadrent une coque qui supporte un plancher classique, en contreplaqué marine, stratifié sur les deux faces et se terminant par un tableau simple, dépourvu de plates-formes de bain. Comme sur tous les bateaux de la marque, deux flaps fixes en fibre de verre prolongent la flottaison, de part et d'autre de l'embase du moteur. L'antidérapant à la silice, recouvre tout le pont, lequel présente une surface abrasive très adhérente. Comme à l'habitude, les boudins sont coupés dans du tissu Orca de 1670 décitex, un gage de solidité et de réparation facile en cas d'avarie. On y retrouve les saisines, typiques de la marque, faites d'une cordelette prise dans des ralingues de tissu, qui court sur toute la périphérie du flotteur, sans laisser de passage pour les plongeurs. Dommage car ce bateau conviendrait aussi bien aux amateurs de fonds sous-marins qu'aux pêcheurs… Le bac moteur formé par les deux robustes équerres de renfort, est percé d'un vide-vite de gros diamètre avec chaussette d'évacuation relevable à l'aide d'un petit taquet coinceur, et sert de point de départ pour le câblage du moteur qui court sous le plancher jusqu'à la console. La pointe avant abrite, pour sa part, un puits de mouillage dont l'ouverture n'est pas très généreuse. Ajoutons à cela la console haute, avec façade postérieure verticale, et le leaning-post sur armature inox, doté d'un grand vide-poches sous l'assise, et l'on en a fini avec la partie purement Zeppelin de ce semi-rigide. Un bateau simple mais doté de l'essentiel pour barouder par tous les temps tout en disposant d'une surface utile de cockpit bien dégagée et de plain-pied. La nouveauté, on la trouve en fait du côté de l'équipement additionnel. Ces fameux accessoires de pêche qui font du Black Marlin, une série spéciale initiée par Zeppelin avec le concours de Nautilots, son agent de Saint-Malo. Pour ces équipements, Zeppelin a fait appel à deux fournisseurs français reconnus : Amiaud, spécialiste de matériel et accastillage de pêche, avec ses marques Pike'n Bass et Sea'n Bass, et HPA, spécialiste de bagages pour les pêcheurs, plongeurs, surfers et chasseurs. "L'objectif, comme nous le rappelle Florent Urien, patron de Nautilots, c'était de fixer le moins de choses au sol. Le pont doit rester dégagé !". Ainsi, on peut apprécier la boîte à leurres amovible qui coulisse dans des glissières en Teflon, sur le tableau de bord, ou bien l'épuisette et le sac à cannes maintenus par les saisines, ainsi que les petites sacoches étanches arrimées sur le leaning-post. Seul le coffre arrière étanche, hérissé de supports de cannes, est fixé au sol, mais laisse de larges espaces de circulation autour de lui. Ce qui n'est pas le cas des passavants, de part et d'autre de la console, rendus d'autant plus étroits que des supports de cannes sont fixés sur la main courante de pare-brise… Pour ce qui est du siège de pêche pivotant, il se monte sur la trappe en acier (!) du puits de mouillage et se range facilement dans l'un des coffres du bord. En navigation, le comportement des Zeppelin est très typé, on pourrait même dire : à part. La carène reste au plus près du plan d'eau, comme collée à l'élément liquide, mais tout en conservant une certaine agilité et une vitesse de pointe intéressante. Les Zeppelin donnent la curieuse impression d'épouser le relief marin, là où les autres semi-rigides se comportent davantage comme des coques planantes, avec sauts et réceptions au menu. Le Defender 6.40 ne déroge pas à ce comportement singulier. Très marin, très sûr, ce comportement n'est pas pour autant communicatif. En schématisant, le pilote d'un Zeppelin a toujours cette curieuse impression d'être conduit par le bateau. On a beau le trimer à l'envi, difficile de sauter d'une vague à l'autre… Un pilotage qui convient bien aux plongeurs et aux pêcheurs, qui apprécient par-dessus tout cette stabilité de route, tant en latéral qu'en longitudinal, mais qui laisse les amateurs de pilotage sportif sur leur faim. Rigide à l'impact le Black Marlin ne rechigne pas à naviguer à fond sur les crêtes, démontrant sa robustesse. En termes de confort, c'est pas mal non plus, mais on a vu plus "souple". Comme tous les Zeppelin, le Defender 6.40 vire à plat, quasiment sans gîte intérieure et soumet donc son équipage à la force centrifuge car question grip, il ne lâche rien. "Baroudeur", c'est le premier mot qui vient à l'esprit pour cerner l'identité de ce Black Marlin. Auquel on pourrait ajouter le qualificatif "hauturier", compte tenu de l'allonge que lui confère le Suzuki 150 ch, proche de la puissance maxi autorisée sur ce modèle. Avec cette cavalerie, il revendique 160 milles d'autonomie, grâce à des régimes de croisière vraiment économiques entre 2 500 et 4 000 tr/mn (15 à 24 nœuds). Malgré un rapport poids/puissance hyper favorable, sa vitesse de pointe (42,5 nds), bien que conséquente, pourrait être plus élevée… Mais cela n'est pas pour surprendre, si l'on considère l'importante surface mouillée de la carène, et sa difficulté à s'aérer même avec un apport généreux en trim..



photo Zeppelin Black Marlin 6,40


photo Zeppelin Black Marlin 6,40


photo Zeppelin Black Marlin 6,40





CONCLUSION
Outre son esthétique à la fois agressive et élégante, le Black Marlin se signale par un équipement dédié à la pêche en mer, particulièrement bien étudié. Ce type d'initiative reste rare de la part des constructeurs de semi-rigides et il convient de saluer Zeppelin pour ce modèle qui a su éviter le piège du gadget pour viser l'efficacité. Pour le reste, on connaît les qualités marines des unités de la marque frappée du dirigeable. Voilà qui devrait satisfaire les pêcheurs désirant un pneumatique capable de sortir par (presque) tous les temps pour assouvir leur passion.




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