Essai Zeppelin IoD 550 (II)

Droit dans ses bottes

Après un timide clin d'œil en direction de la plaisance, l'IOD 550 seconde version se recentre sur ce qui fait l'identité même du chantier du Lude : le semi-rigide de type professionnel. Spartiate par son look, il l'est aussi par son caractère. Face à la mer formée, l'IOD ne "s'échappe" pas. Non mais !

Texte et photos Philippe Leblond


 14 688 € sans moteur (tarif 2016)
 5.5 m
 10
 33 nds avec Yamaha 70 ch 4T* *Donnée constructeur
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Paru dans le Pneumag n° 83 Mai/Juin 2011



L'an passé, dans notre essai du premier IOD 550 (Pneu Mag n°76) nous avions titré : "Un souffle de modernité". Douze mois plus tard, cette constatation est caduque. La nouvelle version de l'IOD, si elle a conservé du premier Zeppelin sa construction en Corecell (exit le bois du plancher), a fait le vide en termes d'accessoires, et marche arrière pour ce qui est de l'esthétique. Dehors, la console et le bolster dessinés par Lismar ! out, les accessoires Tallon Marine (sauf sur demande) ! finies les saisines en sangles de tissu enduit et la delphinière en polyester ! La raison invoquée concernant ce "flash back", vient d'une demande expresse des concessionnaires, désirant un semi-rigide "plus Zeppelin", donc simplifié, et de ce fait… moins cher (- 1 000 €). Le chantier sarthois a donc exercé leur vœu, avec cette version dépouillée, dévoilée au Nautic. Ainsi, le nouvel IOD est revenu à une définition plus "pro". Le flotteur gris pâle souligné d'un graphisme et de saisines bleu ciel est ici remplacé par un boudin gris foncé, accessoirisé en noir (poignées, bande de ragage, ralingues de saisines, guide de mouillage, bouchons de cônes, assemblage flotteur/pont). Seule touche de fantaisie : un liseré argenté qui court à l'intérieur du liston. Pour le reste, c'est du classique, de l'éprouvé : plancher antidérapant, flotteurs à cônes, avec saisines en Nylon tressé, console de pilotage avec siège sur l'avant et pare-brise ceint d'une main courante, leaning-post a double appui (fessier et lombaire) doté d'une main courante sur l'arrière, bac de rétention d'eau au tableau arrière, puits de mouillage et coffres arrière (secs) contremoulés avec le pont… Il est à signaler que le petit vide-vite du premier IOD (notre critique) a été remplacé par un nouveau nable de grand diamètre, muni d'une manche en caoutchouc. On notera tout de même l'absence d'échelle de bain, même parmi les options… D'ailleurs, contrairement aux autres Zeppelin, aménageables "à la carte", celui-ci ne laisse pratiquement aucun choix (couleur de polyester et flotteurs unique, emplacement des éléments figés), hormis pour le siège de pilotage (leaning-post, siège jockey ou banquette). Comme le premier IOD, le nouveau reprend la carène du 18 V Pro, mais avec un pont contremoulé avec sandwich de Corecell (mousse à cellules fermées). Malgré sa coque moussée, l'IOD n'est pas certifié insubmersible à la différence de la plupart des Zeppelin. En revanche, ce mode de construction entraîne une économie de poids qui autorise le choix d'une motorisation moins élevée. Nous l'avions testé l'an passé avec un Honda 90 ch (V-max : 35,6 nds) tout en estimant qu'une puissance de 70 ch serait suffisante. Nous avons pu le vérifier cette fois-ci avec le nouveau Yamaha 70 ch (45 kg de moins), quand bien même le montage d'une hélice trop courte a "plombé" la vitesse. Nous n'avons pu faire mieux que 28,4 nds au régime maxi de 6 400 tr/min, soit 400 tr/min trop haut. Si ce léger surrégime a sans doute servi les accélérations (seulement 2"7 pour déjauger !), il a indiscutablement bridé la pointe de vitesse. La veille, un essai effectué avec une hélice de 15 pouces (repartie dans les bagages du technicien Yamaha), aurait permis d'atteindre 33 nds (GPS) selon Zeppelin. Dommage pour nos mesures… Toutefois, ce manque de vélocité ne nous a pas privé d'apprécier les qualités marines de l'IOD, très à l'aise dans un clapot de 80 cm et un vent de Force 3. Bien marin, comme tous les semi-rigides à l'effigie du prestigieux dirigeable, épousant l'élément liquide au plus près (pour faire décoller un Zeppelin – paradoxalement – il faut le vouloir !), virant dans un mouchoir de poche, à plat et avec un grip indéfectible, cet IOD donne un rare sentiment d'efficacité pour un semi-rigide de cette taille. Face au vent, nous avons même réussi quelques petits sauts, témoignant de son bon équilibre, ponctués de réceptions bien en ligne. Malgré son V ouvert à l'arrière, l'étrave aux entrées d'eau fines du Zeppelin dispense un confort satisfaisant dans cette mer hachée. Destiné en priorité aux amateurs de pêche et de plongée, qui effectuent souvent de longs trajets, le réservoir fixe de 90 litres (Polyéthylène), placé sous le plancher, devrait les assurer d'une autonomie d'environ 200 milles. Appréciable.



photo Zeppelin IoD 550 (II)


photo Zeppelin IoD 550 (II)


photo Zeppelin IoD 550 (II)


photo Zeppelin IoD 550 (II)


AU PONTON
Bien que la console soit étroite, les passavants ne sont pas bien larges...
Bien vu : ce leaning-post à double appui s'avère efficace en mer formée.
Rare sur un Zeppelin : les coffres de la poupe sont moulés avec le pont.
La baille à mouillage est profonde, mais le couvercle est dépourvu de passe-ligne. La face arrière de la console manque de retrait aux genoux, mais offre un vide-poches.




EN MER
Sans se montrer particulièrement sportif, le nouveau IOD ne craint pas d'affronter le gros clapot. Bien équilibré malgré sa longueur modeste et son poids léger, il affiche une belle présence sur la vague tout en préservant au mieux le confort de ses occupants. Très convaincant.




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