Essai Zeppelin XV Pro 6.99

Paré pour le bivouac ?

*Marin, rapide, fonctionnel, le nouveau XV Pro 6.99 présente un profil de polyvalent. Et en optant pour le grand portique optionnel, il peut étendre son programme jusqu'au camping côtier, offrant la possibilité d'embarquer du matériel de camping et de découverte.*

Texte et photos Philippe Leblond


 38 500 € sans moteur (tarif 2016)
 6.99 m
 14
 44,5 nds avec Suzuki 250 ch 4T
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Essai paru le 10/03/2016



Sauf erreur de notre part, c'est le plus large des modèles flirtant avec les sept mètres et échappant à la taxe. Avec 3,05 m, il offre une surface de cockpit imbattable dans sa moitié arrière, du moins jusqu'à la console. Et, bien que cette dernière soit en position très avancée, à l'endroit où les flotteurs convergent vers l'étrave, les passavants sont encore généreux. Rançon de ses larges épaules, le Zeppelin reste transportable par la route, mais à la condition de dégonfler les flotteurs. Un bémol qui refroidira peut-être certains utilisateurs qui préféreront un bateau au gabarit routier "prêt à naviguer". Mais, au regard de l'aisance qu'offre ce Zeppelin une fois à flot, sortir le gonfleur est une contrainte que l'on peut accepter…

*Au ponton*
A cette largeur inhabituelle, le VX Pro 6.99 ajoute une option qui sort aussi de l'ordinaire. Nous voulons parler du grand portique tubulaire (cette structure "XV Raid" réalisée sur mesure devrait coûter autour des 10 000 €), au sommet duquel est tendue une bâche de qualité marine. Cette structure en inox sert aussi de support au pare-brise. Elle a été conçue par le chantier du Lude pour supporter des équipements aussi divers (et encombrants s'ils devaient reposer sur le pont !) qu'un kayak de mer, un paddle-board, une planche à voile, des skis ou du matériel de camping… Tout l'esprit du XV Pro, version Raid se trouve résumé dans cet accessoire qui le transforme en un engin de baroud et d'exploration. Mais, il y aussi sa robe presque intégralement noire, son étrave hauturière et défendue par un nez carré, les saisines en cordes sur ralingues, le vide-vite de grand diamètre, le guide de mouillage, les rangements avec couvercles étanches (joints de caoutchouc), les quatre projecteurs pour les approches de nuit, l'accastillage noir mat… Cela dit, Zeppelin propose de nombreuses options de personnalisation esthétique concernant les flotteurs (différents graphismes) et la sellerie (avec ou sans motifs), à des tarifs raisonnables…

Offrant une bonne ergonomie, le poste de pilotage biplace associe une console volumineuse à un leaning-post sur coffre. Ce dernier dispose de deux rangements secs superposés, tandis que la console s'ouvre en grand par sa face avant pour engloutir le matériel encombrant. Du rangement, on en trouve aussi dans la banquette-coffre, située à l'arrière. On peut s'y asseoir à trois avec l'aide d'un confortable dossier. En revanche, il n'y a pas de poignées pour se tenir… Dans le cas où la mer serait difficile, il sera préférable de se tenir debout à la main courante fixée au dos du siège pilote et profiter ainsi de ses jambes pour amortir les impacts dans les vagues. Le tableau de bord est spacieux, avec un module permettant l'intégration de deux combinés électroniques à grand écran (ici un Lowrance 9 pouces), et la possibilité aussi de fixer d'autres appareils avec étrier sur le large rebord supérieur. On déplore néanmoins l'absence d'un vide-poches à portée de main du barreur… Concernant le mouillage, le puits à chaîne aussi ne fait pas partie de l'équipement standard. Il faudra donc investir dans une option à 266 € (simple baille) ou 1 132 € (coffre), à moins de se contenter d'une caisse que l'on range dans la console…

*En mer*
Bien que le poste de pilotage soit planté plus près de la proue que du tableau arrière, le Zeppelin n'évite pas un cabrage marqué lors du déjaugeage. Mais la bosse de déjaugeage est vite franchie puisque la carène du Zeppelin entre dans ses lignes en 2"3, sous la poussée énergique du V6 Suzuki de 250 ch. L'accélération se poursuit sans faiblir, permettant d'effacer les 20 nœuds en 4"6. Comme avec la plupart des bateaux sortis du chantier sarthois, il ne faut pas hésiter à mettre du trim pour atteindre le régime maxi, la carène s'aérant peu sans le concours du correcteur d'assiette. Pourtant, comme souvent, la vitesse de pointe est satisfaisante, le XV Pro 6.99 parvenant à 44,5 nœuds malgré son encombrant portique. Sans ce frein aérodynamique, on devrait pouvoir prétendre à 46-47 nœuds ! Cette vélocité au régime maxi, induit de belles allures de croisière, relevées à 24,8 nœuds et 33,5 nœuds, avec à la clé des rendements qui devraient approcher les 0,9 voire 1 mille par litre. De quoi espacer les passages à la pompe !

Au plan du comportement, le XV Pro reste un pur Zeppelin, mais ajoutant une hauteur d'étrave dotée d'un brion plus arrondi qui lui servira dans les mers difficiles. Lors de l'essai, la mer était calme, mais les vestiges d'une longue houle nous ont permis de provoquer quelques allègements et réceptions démontrant un équilibre serein, que ce soit en longitudinal ou en latéral, et ce malgré le portique bâché. La tenue de cap demeure rigoureuse, même en recherche de vitesse maxi avec l'apport massif du trim. Agréable en vitesse de croisière, avec un silence de fonctionnement remarquable jusqu'à 4 000 - 4 500 tr/min, le Zeppelin gomme bien le petit clapot et apporte un confort qui sera apprécié lors des longues navigations. Maniable et docile, il est difficile à prendre en défaut en virage, même lorsqu'on braque serré avec du gaz. Par contre, comme tous les Zeppelin, il vire presque à plat et exerce une force latérale importante sur l'équipage, obligeant à bien se tenir.



photo Zeppelin XV Pro 6.99


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