Essai Zeppelin Defender 670

Radical !

Le nouveau Zeppelin fait partie de ces semi-rigides sans concessions. Pas de fioritures, un aménagement avant tout fonctionnel pour des activités sportives, telles que pêche ou plongée. Et le Defender n'est pas radical que par le look : le comportement est direct, et les performances décoiffantes.

Texte et photos Philippe Leblond


 n'est plus au catalogue
 6.7 m
 22
 47,4 nds avec Yamaha HPDI 175 ch 2T

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Paru dans le Pneumag n° 61 Septembre/Octobre 2007




Ah, c'est sûr, le Defender 670 n'a pas le profil à séduire les promeneurs du dimanche ! Son truc à lui, c'est plutôt de naviguer dans le dur, avec à son bord des baroudeurs qui n'ont pas vocation à faire des concours de bronzette… D'ailleurs, ne cherchez pas de bain de soleil, il n'y en a pas. Et quand bien même, le matelas figurerait au rang des options, il n'y aurait pas de place pour l'installer. En effet, le poste de pilotage, et même la banquette dite « d'arrière », sont singulièrement avancés dans le cockpit. Le pont avant se résume presque à un simple « peak », comme sur les pêche-promenade, simplement dévolu aux manœuvres d'amarrage ou de mouillage. Un coffre rapporté fait office de baille. Le capot à ouverture verticale évite ainsi de marcher dessus. Un solide taquet est destiné à recevoir la ligne de mouillage qui cheminera dans un simple guide en caoutchouc. Ici, pas de davier sur delphinière en polyester. Chez Zeppelin, on a pris l'habitude de faire simple. Au reste, la clientèle du Defender ne réclame pas autre chose que des accessoires ciblés. La console présente un pare-brise haut, procurant une bonne protection aux deux personnes qui s'adosseront au leaning-post. Le tableau de bord spacieux permet plusieurs combinaisons quant à l'agencement des instruments. Ainsi, les aides électroniques à la navigation pourront être, au choix, installés sur étriers ou intégrés. La banquette arrière dispose de deux places assises avec dossier, mais il est possible pour les deux passagers de se tenir debout après la main courante fixée au dos du leaning-post. Une position idéale en mer formée. à la poupe, on trouve un gros coffrage percé, sur le dessus, d’un nable de remplissage pour le réservoir d’huile. Il contient aussi la batterie et son interrupteur, ainsi que la goulotte pour le passage des câbles du moteur. Le robuste roll-bar MATC est fixé directement sur le plancher en bois stratifié et revêtu d’un antidérapant fait de résine et de silice, pas très esthétique mais efficace. Côte rangement, la console, le leaning-post (avec son coffre sec et gel-coaté), et la banquette arrière assurent l’essentiel. Terminons l’inspection par le flotteur en tissu Orca 1670 décitex (ce qui se fait de mieux), doté de six poignées en forme de taquets et ceint d’une bande de ragage simple. Le dessin est traditionnel (vieillissant ?), avec un tube de diamètre constant et de coupe segmentée à l’avant.

Avant de prendre les commandes du Defender, un détail retient notre attention : la chaise hors-bord Armstrong, dans le plus pur style US. Cette robuste potence en acier génère un déport axial du moteur de 67 cm. Rappelons les avantages d’un tel dispositif… La chaise (on dit aussi « brackett »), en reculant le moteur permet à l’hélice de travailler, à distance du tableau arrière, dans un flux d’eau moins perturbé, plus dense. Par ailleurs, la chaise permet un montage du moteur plus élevé et un réglage de trim plus modéré au bénéfice de la poussée, l’hélice travaillant sur un plan plus horizontal. En l’occurrence, on va voir que ce n’est pas tout à fait le cas avec le Defender. En raison sans doute d’une prépondérance de poids sur l’avant (réservoir d’essence et poste de pilotage avancés), le Zeppelin réclame un trim nettement positif, la carène ayant tendance à coller à l’eau (c’est souvent le cas des bateaux de la marque). Ce manque « d’aération » de la carène est un avantage en virage où le Defender est capable de virer dans un rayon ultra court et sans perte de motricité, avec un grip phénoménal. Un vrai kart ! Très stable tant en latéral qu’en longitudinal (bien que nous n’ayons pas pu sauter faute de vagues…), le Zeppelin possède une tenue de cap exemplaire, même à fond et très trimé. Difficile en revanche, avec cette mer plate, de formuler un commentaire sur la carène en termes de passage et de confort, le croisement de notre propre sillage ne constituant pas un critère significatif. Un bon point pour le Yamaha 150 ch HPDI qui donne au Defender de très belles performances (sans doute aidé par la chaise) : 47,4 nds en pointe, 30 bons nœuds en croisière (difficile d’être précis, le compte-tours ne fonctionnant pas), 2’’1 pour déjauger ! En revanche, le V profond et la présence de la chaise moteur, nécessite pas mal de puissance pour planer (15,2 nds). .



photo Zeppelin Defender 670


photo Zeppelin Defender 670





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