Essai Asso 75 Classic

Une carène majuscule

Avec sa dernière mouture de l'Asso 75 Classic, modèle amiral de la marque, le chantier milanais montre qu'il sait coller aux tendances du moment, en améliorant sans cesse le confort et l'équipement de série. Doté d'un Yamaha 250 ch, ce semi-rigide chic et choc délivre des performances impressionnantes en toute sérénité.

Texte et photos Jacques Anglès


 42 816 € sans moteur (tarif 2007)
 7.49 m
 20
 48 nds avec 250 ch Yamaha 4T

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Paru dans le Pneumag n° 59 Mai/Juin 2007




Rade de Cassis, soleil radieux, mer belle, ondulée par une petite houle venant du large, vestige d'un récent coup de vent du sud. Bien calé sur le leaning-post avec rembourrages latéraux, main droite sur la commande de gaz/trim placée à la bonne hauteur (en position un peu trop verticale), je jette un coup d'œil au GPS, juge impartial de nos essais : 48 nœuds, vitesse stabilisée, ça décoiffe sec ! Pourtant, et c'est bien ce qui est le plus surprenant, on n'a pas l'impression d'aller si vite. Au contraire, notre Asso taille sa route avec une tranquille assurance, ne semblant nullement être à ses limites, alors que la carène est presque totalement hors de l'eau. à peine trimée (il ne faut pas lui en donner trop), elle garde sa stabilité, s'aérant de temps à autre sur une vague pour reprendre contact en douceur grâce à sa coupe en V profond à 21°. Du coup, je me souviens du 75 Easy-line, version pro (même carène avec 350 kg de moins, voir Pneu Mag n°43), qui m'avait laissé la même sensation de sécurité dans une mer très dure. équilibre et confort sont donc les qualités maîtresses de cette coque rapide, dont le poids conséquent contribue à amortir les chocs dans les vagues. Très sûr, l'Asso 75 n'a toutefois rien d'un camion en termes de pilotage. C'est un bateau vif qui répond instantanément aux sollicitations du pilote, bien servi il est vrai par une direction hydraulique installée d'origine. En grandes courbes rapides, il reste sur des rails sans se départir de sa stabilité, avec peu de gîte. Histoire de chercher la faille, j’attaque en virages serrés à près de 30 nœuds : pas de problème ! La coque s’incline franchement et vire sur 25-30 m, toujours accrochée à sa trajectoire, avec toutefois un peu plus de facilité à droite qu’à gauche, et il me faut vraiment brutaliser la «bête» pour déclencher la ventilation de l’hélice. Passons sur ces figures de style – nécessaires pour tester la carène mais peu recommandées en usage courant – pour souligner ce qui compte le plus en plaisance, le régime de croisière. Avec le Yamaha 250 ch 4-temps, on obtient 23 à 28 nœuds entre 3 500 et 4 000 tr/mn, dans la plage de régime offrant les meilleurs rendements. Le confort des passagers est alors optimal sur cette grosse «berline sportive», qui pourrait se contenter d’une mécanique moins puissante (200-225 ch) sans que cela gomme sa personnalité.

Puisqu’il est question de confort, passons à la visite de propriétaire, en commençant par le look, très chic, avec un flotteur gris «arctique» souligné de rouge et des selleries blanches et rouges de même ton (on peut aussi choisir gris et bleu marine, sans supplément). Le flotteur à six compartiments, bien évidemment en CR/CSM (1 670 décitex), présente une finition impeccable, avec des renforts sur tous les collages, des poignées en sangle solides tout du long, un gros liston de protection extérieur et huit grosses poignées latérales. Les passages pour plongeurs ne sont pas oubliés, avec de larges bandes de renfort et deux poignées bien placées pour se hisser hors de l’eau. Polyester et selleries témoignent de la même qualité de réalisation, à classer dans le haut de gamme des productions italiennes. Le design aux formes douces est moderne sans donner dans les effets de manche, et ne risque pas de se démoder. Bref, le chantier milanais colle à l'image de marque de sa ville, réputée la plus élégante d'Italie. Les détails sont en accord avec la qualité d'ensemble, à l'exemple de l'échelle de bain à plate-forme en teck, du garde-fou arrière en inox, ou du gros davier qui orme la proue (pratique pour mouiller sans que la chaîne ne rague sur le flotteur, mais proéminent lors des manœuvres de port.). La disposition du cockpit est typée Méditerranée : grand solarium avant, console de pilotage centrale banquette et second solarium à l'arrière, avec roll-bar polyester en standard. Profondément encastré entre les boudins, le solarium avant est sûr en navigation et sera sans doute l'endroit préféré des enfants. On appréciera le second solarium arrière (pas tout à fait biplace) lors des séjours dans les criques, tout en recommandant de ne pas l'utiliser en navigation compte tenu de sa position surélevée. Bonne note également pour la facilité de circulation dans le cockpit, grâce aux larges passavants, ainsi que pour le fauteuil-bolster de pilotage à deux positions (debout ou assis), tout à fait confortable, avec une excellente visibilité tous azimuts. En revanche, on ne peut que déplorer l'accès vraiment peu commode à la plate-forme arrière, point noir de ce modèle. On inscrira aussi au chapitre des critiques la taille ridicule de la table de pique-nique, rabattable derrière le leaning-post, et le dossier raide du siège frontal de la console. Terminons par les rangements, volumineux et bien conçus, à l'instar de la soute arrière, avec plancher, pour éviter l'humidité des fonds ou de la baille à mouillage, directement accessible par une large trappe sans avoir à ôter le coussin du solarium. Bref, sans éviter quelques erreurs, ce cockpit sera agréable en balade estivale, ce qui est sa vocation première.

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photo Asso 75 Classic


photo Asso 75 Classic


photo Asso 75 Classic





CONCLUSION
Voilà un semi-rigide capable de sortir (et surtout de rentrer !) par tous les temps, en sécurité. Ses performances et sa tenue de mer sont ses atouts maîtres et la motorisation de l’essai est en harmonie avec son potentiel. La motorisation maximale ne nous paraît pas recommandable, à moins d’être «fondu» de vitesse. Luxueux, cet Asso 75 s’adresse à une clientèle aisée qui recherche plus d’espace à bord pour les balades estivales, avec en contrepartie l’inconvénient d’un encombrement important pour le transport routier.




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