Essai Rafale R 7.0

Le baroudeur chic

Sous son design recherché de baroudeur chic, ce nouveau Rafale cache un authentique athlète qui transperce le mur des cinquante nœuds. Il révèle tout son potentiel dans la houle où l'on aime la robustesse de sa coque en alu et sa carène en V profond qui taille les vagues comme un sabre dans du beurre.

Texte et photos Jacques Anglès


 74 387 € sans moteur (tarif 2010)
 6.99 m
 14
 51,3 nds avec Mercury Verado SCi 350 ch 4T

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Paru dans le Pneumag n° 78 Septembre/Octobre 2010




La rade de Marseille offre une scène splendide au premier essai presse du nouveau R7.0, avec une queue de mistral entretenant un bon clapot sous les îles du Frioul et une mer houleuse au large. C'est ce qu'il faut pour cette carène dévolue à l'efficacité dans les vagues, avec une étrave affûtée comme un estoc (64°), deux virures inversées favorisant la portance et un V arrière de 26°, sans commune mesure avec les 15-20° de la plupart des semi-rigides. De plus, la carène se prolonge de chaque côté du moteur, offrant une longueur équivalente à un 7,50 m. Pour répondre au besoin de puissance de ce V extrême, notre modèle est armé du plus puissant des Mercury Verado, le SCi de 350 chevaux, excusez du peu ! Le R7.0 est d'ailleurs le seul 7m actuel approuvé pour cette puissance, habituellement réservée à des unités de plus de 8 m. Avec un tel attelage, une option s'impose : cap au large ! Remettant à plus tard la revue de détail, je m'installe donc aux commandes, en appréciant d'emblée le maintien que procure le bolster biplace ainsi que la position de pilotage, avec volant (réglable) à bonne hauteur et poignée de gaz sous la main droite. On aimerait toutefois quelques centimètres de plus en largeur pour le bolster. Le design du poste de pilotage marie l'esthétique et le fonctionnel, avec socle de console rentrant pour éviter de se cogner les genoux et un magnifique pare-brise ultra-épais, pourvu de deux découpes latérales formant des poignées pratiques. Enfin le tableau de bord est bien lisible et assez spacieux pour recevoir un écran GPS-sondeur de grand format. Au ralenti, le R7.0 est facile à manœuvrer, mais c’est quand on met les gaz que les choses deviennent vraiment intéressantes. Le déjaugeage est rapide, sans phase cabrée, avec une douceur surprenante, alors que le chrono témoigne de la puissance de l’accélération : 20 nœuds en 4,5 secondes, 30 nœuds en 6 secondes ! En poussant la manette des gaz, l’ascension du GPS se poursuit sur le même tempo, dans le rugissement du six-cylindres, avec un superbe 51,3 nœuds au régime maxi ! Résultat d’autant plus flatteur qu’il est obtenu sur un gros clapot (60 cm) et que l’hélice Mercury 17’’ Mirage + de cet essai ne semble pas la meilleure (54 nœuds enregistrés avec une hélice 18’’ Enertia lors d’un test précédent). Bref, avec un peu de mise au point, les 55 nœuds sont à portée. Si la performance est exceptionnelle pour un 7 m, ce qui surprend le plus, c’est qu’à 50 nœuds, le R7.0 ne donne pas l’impression d’être à ses limites, affichant une stabilité insolente, en longitudinal, en latéral et en tenue de cap. Autres très bons points : la rigidité absolue de la carène et l’absence totale de "bruits de caisse" que l’on aurait pu craindre sur une coque métallique. S’il brille par sa sécurité, le pilotage du R7.0 ne s’avère pas follement excitant : ça passe sans se poser de questions. Même remarque en courbes : l’accroche est excellente, mais l’inclinaison faible oblige à se cramponner pour contrer la force centrifuge. Pour conclure sa prestation, c’est dans la houle du large que le Rafale exprime tout son potentiel, avec une "force passante" stupéfiante qui donne l’impression d’être sur un bateau nettement plus gros. Et ceci sans mouiller l'équipage, y compris en sauts de vagues, où les reprises de contact restent douces, pour autant que ce terme convienne à une navigation à quarante nœuds dans une mer agitée  ! Enfin, le R7.0 fait sien l'adage "qui peut le plus peut le moins", avec une vitesse de croisière de 30 nœuds, pour lui, une allure de père de famille… Un bref rappel avant de passer à la revue de détails. Créée en 2007, Rafale est une marque de passionnés méticuleux, qui ont choisi l'aluminium pour des semi-rigides à toute épreuve, en finition haut de gamme pour particuliers exigeants, ou à la carte pour des professionnels. Après le R6.3, très convaincant, que nous avions essayé il y a deux ans, le R7.0 peaufine la philosophie Rafale alliant robustesse et design. Pour le premier point, l'examen des fonds rassure totalement : le travail impeccable de l'alu s'appuie sur un échantillonnage impressionnant des varangues et longerons, les coffres arrière et les "queues de flotteurs" métalliques renforçant encore l'équerrage de ce châssis hyper costaud. Il en va de même pour le flotteur, en CR/CSM Orca de 1670 décitex, avec finition Shark Skin, agréable au toucher. Ce flotteur est monté sur glissières pour pouvoir être remplacé facilement. Il s'encastre dans les deux tronçons tubulaires en alu de la poupe, lesquels sont ensuite recouverts du même tissu, de telle sorte que, visuellement, le flotteur semble entièrement gonflable. Si la solidité de la construction ne fait aucun doute, le R7.0 ne s'arrête pas là. Le design futuriste de la console et du leaning-post lui apportent une classe particulière, renforcée par le plancher en teck synthétique, beau et sans entretien. Les détails ne sont pas oubliés : chemin de chaîne d'ancre en inox, taquets escamotables, vérins sur les capots de coffres. L'agencement du cockpit confirme sa philosophie de "coupé sportif" : un poste de pilotage bien conçu, des coffres, et c'est tout ! D'astucieux éléments de confort sont toutefois proposés en option pour les sorties en famille : bain de soleil gonflable, banquette-coffre arrière, bimini, etc..



photo Rafale R 7.0


photo Rafale R 7.0


photo Rafale R 7.0





CONCLUSION
Atypique, séduisant et méticuleusement réalisé, le Rafale 7.0 s’adresse à des adeptes du pneu avertis et exigeants, prêts à mettre le prix dans un bateau qui ne ressemble à aucun autre. Ce baroudeur chic assume pleinement le contraste entre sa finition haut de gamme et un agencement de cockpit qui confine à l’épure, avec tout de même quelques équipements de confort en option. Vu le coùt de la construction alu, le pari est osé, mais le sérieux de sa réalisation et son style recherché méritent une vraie reconnaissance.




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