Essai Grand 550 GC

Pour le kiwi, c'est oui !

Plaisir de pilotage, sécurité en mer, confort du cockpit, ce semi-rigide Néo-Zélandais aligne des arguments convaincants à l'usage, sans oublier une construction sérieuse et une finition haut de gamme. Il est vrai que là-bas, la mer est une seconde nature… Approuvé !

Texte et photos Jacques Anglès


 17 820 € sans moteur (tarif 2009)
 5.5 m
 10
 35 nds avec Honda 90 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 71 mai/juin 2009




Forte d'une réputation bien établie dans l'océan Pacifique et en Amérique du nord (plus marginalement en Europe), la marque kiwi Grand débarque en France via l'importateur italo-français Nautic Store. à l'instar de tous les marins néo-zélandais, Grand considère d'abord la mer avec respect, ce qui implique de construire des bateaux solides et marins, et ceci quelle qu'en soit la taille. à ce propos, le catalogue propose 23 modèles de 2,40 m à 6,50 m (pneus "purs" et semi-rigides). Le chantier met l'accent sur deux points fondamentaux : le design des carènes et la robustesse, avec une construction intégralement réalisée à la main et des contrôles-qualité stricts qui répondent, entre autres, aux normes de construction CE et à la norme ISO/FDIS-6185, avec certification Véritas. Autre atout spécifique, tous les modèles sont disponibles avec flotteur CR/CSM Orca (Pennel-Flipo) ou PVC (Mirasol/Valmex), ce dernier étant nettement moins cher (3 800 € de moins pour le 550). à l'examen, le Silver Line 550 Grand Luxe de notre essai confirme la qualité revendiquée par le chantier. Pour le côté pneu, ici en CR/CSM, la réalisation est sans bavures, au propre comme au figuré : assemblages nets ne laissant apparaître aucune trace de colle, compartimentage du tube indécelable, double liston de protection, dix poignées de maintien en sangle et bande décorative gris foncé. Ce tube est à cinq compartiments, avec valve de surpression pour la sécurité (une idée à conseiller à toutes les marques). La version de notre essai bénéficie en outre d'options de style de finition : flotteur gris clair (au lieu du gris standard) et poupes de flotteur allongées en polyester accroissant la longueur de flottaison et la stabilité longitudinale (le flotteur standard, à cônes arrière souples, présente néanmoins la même longueur de flottaison grâce au dessin "surbaissé" des cônes).

Pour ce qui est de la coque "dure", le travail est également de bonne facture. Le fond de coque est fortement structuré et le pont à deux gros longerons latéraux vient renforcer la rigidité d'un ensemble qui respecte la tradition de robustesse des bateaux néo-zélandais. Cette bonne impression se retrouve au niveau de la finition (gel-coat sans traces de démoulage, antidérapant efficace) et de l'équipement, intelligemment distribué à l'image des balcons avant, des taquets d'amarrage bien placés, ou du remplissage d'essence au tableau arrière pour éviter le risque de débordement dans le cockpit. Seule critique, le roll-bar standard, fixe, peut empêcher le stationnement en garage (version rabattable en option). Deux niveaux de finition sont disponibles : standard ou Grand Luxe (notre essai), le second étant à retenir d'office. Il comprend en effet l'installation électrique complète (avec feux et corne de brume), le compas de route, le tableau de bord (avec contrôle de consommation) et le balcon avant déjà mentionné. Suivant l'habitude anglo-saxonne, on trouve en option des équipements que les Européens fournissent souvent en standard : échelle de bain, table de cockpit, allonge et coussins de bain de soleil. Ce dernier, en deux parties fixées par des supports boulonnés, est vaste mais pas simple à mettre en place (démontable plutôt que convertible, on l'installe, ou non, selon le programme). Deux points forts du cockpit sont en revanche à souligner : les six à sept places assises (c'est plutôt rare sur un 5,50 m) et la circulation, pratique.

Notez que deux autres aménagements sont proposés (tous deux meilleur marché que la version Grand Luxe présentée ici), l'un avec deux fauteuils à la place du leaning-post, l'autre avec console reculée et décentrée, ce qui libère un grand cockpit avant avec un (grand) coffre supplémentaire. Outre cet agencement globalement bien pensé, le S550 séduit par ses qualités marines, mises en valeur par le 90 ch Honda à l'excellent rapport poids/puissance. Le déjaugeage est rapide, avec léger cabré et reprise d'assiette instantanée. Au premier rang des bons points : la stabilité en ligne droite (en cap comme en tenue latérale) et le passage dans les vagues. Le V profond (avec méplat de fond étroit) et l'allongement de la carène (obtenu grâce au brion d'étrave avancé), jouent ici parfaitement leur rôle. On réalise d'excellentes vitesses de croisière entre 20 et 27 nœuds pour 3 500-4 500 tours/min (soit au meilleur rendement du moteur), les boudins étant alors dégagés de l'eau, ce qui limite les coups de raquette par mer de travers. Au poste de pilotage, le haut pare-brise assure une protection efficace et le leaning-post procure un bon appui, mais on aimerait un peu plus de recul par rapport au volant. Il suffirait pour cela de décaler le leaning-post de quelques centimètres (ce qui est facile, vu qu‘il est boulonné sur le plancher), et ceci sans nuire au confort des places arrière. En courbes longues rapides, le S550 est sûr, avec un caractère légèrement survireur qui pimente les sensations. Très accrocheur en virages serrés, il pivote presque sur place sans décrocher (il faut le pousser dans ses retranchements pour provoquer la ventilation de l'hélice). Mauvais point en revanche pour la direction monocâble, trop dure (direction hydraulique conseillée). Quant à la vitesse de pointe de 35 nœuds, elle est flatteuse pour une puissance moteur "de père de famille" avec laquelle on ne dépasse pas les limites dynamiques de la carène. Celle-ci devrait donc fort bien supporter la puissance maximale autorisée (120 ch).

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photo Grand 550 GC


photo Grand 550 GC


photo Grand 550 GC





CONCLUSION
Au vu de ce modèle, la marque néo-zélandaise passe avec mention son examen d'entrée en France. Voilà un bateau construit pour durer, moderne sans succomber aux sirènes de la mode, et doté d'un fort caractère marin. Ses belles performances et le plaisir de pilotage qu'il délivre, avec un moteur bien en deçà de la puissance maximale autorisée, sont tout à son honneur. Son tarif, attractif au regard d'une qualité bien présente, doit être pondéré par les options, assez nombreuses, qu'il faut ajouter au prix de base.




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