Essai Black Fin Elegance 25

Un Verado sinon rien

Propulsé par un 300 ch Verado dans une mauvaise mer de tramontane, ce grand semi-rigide haut de gamme révèle un tempérament sportif en toute sécurité. On aime aussi son cockpit accueillant, pour embarquer famille et amis vers d'autres horizons. C'est parti !

Texte et photos Jacques Anglès


 65 245 € avec Mercury 300 ch (tarif 2010)
 7.6 m
 16
 43,5 nds avec Mercury 300 ch Verado

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Paru dans le Pneumag n° 75 janvier/février 2010




Commençons par planter le décor de cet essai : jour d'hiver sur le golfe du Lion, mer cassante, blanchie par une tramontane force 6, et sommets pyrénéens couverts de neige déroulant un fabuleux arrière-plan en cinémascope. En mer, les conditions sont assez sévères, mais le plaisir est intense. La carène du Black Fin 25, bien servie par le 300 ch Verado, délivre de riches sensations de pilotage qui font oublier la piqûre froide du vent. Bien calé au poste de pilotage, j'apprécie le pare-brise très protecteur, l'appui bien dessiné du leaning-post, et la forme "rentrante" de la console, qui permet de fléchir les genoux sans se cogner. Dans les vagues, ce 25' est un régal de pilotage : étrave efficace, guidage précis des trajectoires, et réactivité au trim permettant d'ajuster l'assiette au mieux. Répondant à chaque injonction des commandes, la coque bondit, fend les crêtes et progresse à plus de 30 nœuds sans compromis sur la sécurité. La carène ultra longue (un facteur de stabilité longitudinale), la rigidité structurelle (construction NuovaJolly), et la répartition des poids bien étudiée, avec réservoir de carburant pratiquement au centre de gravité, permettent d'assurer des moyennes élevées dans la mer sans martyriser les passagers. Le comportement en virages serrés est tout aussi franc, avec une accroche sans faille, tempérée par une légère tendance à la ventilation de l'hélice quand on pousse l'engin dans ses retranchements. Et sans prétendre que tout reste sec à bord dans ces conditions, je note dans la colonne des "plus" qu'aucun paquet de mer n'est venu rincer le poste de pilotage ou le cockpit arrière au terme d'un long moment à barouder au large en tous sens. Le chrono de 43 nœuds à plein gaz sera sans aucun doute amélioré dans des conditions plus clémentes. à puissance donnée, la vitesse de pointe n’est d’ailleurs pas le point le plus fort de ce modèle, plus lourd que la moyenne, ce qu’il doit principalement à une largeur peu commune. Il ne faut donc pas lésiner sur la puissance pour tirer le meilleur de cette belle carène. Si le 300 ch Verado est un choix recommandable sans réserve, le 350 ch de la même série, à peine plus lourd, apportera un "supplément d’âme sportive" au pilotage. Quoi qu’il en soit, le bilan dynamique est largement positif, avec juste deux réserves à mettre en regard : la position de pilotage un peu proche du volant, et la largeur du leaning-post, insuffisante en utilisation biplace. Convaincant en mer, ce Black Fin l’est assurément, ce qui n’est pas vraiment une surprise quand on connaît son pedigree. Comme les huit modèles de la gamme, celui-ci est en effet un sistership de­ ­NuovaJolly série King, à peine modifié au niveau du pont et fabriqué sur les chaînes du fameux chantier milanais, exactement comme les NuovaJolly "pur sang". En fait, la marque Black Fin n’a été créée qu’en vue d’une commercialisation en packages avec moteurs ­Mercury, à travers le réseau de la marque, sur un positionnement haut de gamme. La visite du propriétaire confirme cette notion de qualité. Bien organisé, le cockpit "3-zones" affiche une largeur peu commune dans cette catégorie, qui bénéficie au confort sur deux points importants : la commodité de circulation, avec deux larges passavants, et des volumes de rangement, vastes et bien conçus. Voyez par exemple la disposition des trois grands coffres avant, avec une cloison découpée entre le coffre tribord et celui de proue, afin de ranger facilement les cannes à pêche ou les skis. Et l’examen des fonds vient confirmer visuellement la rigidité ressentie en pilotage, avec des cloisons entièrement stratifiées et un carlingage qui inspire confiance. Sur le pont, le farniente est à l'honneur, avec deux grands solariums, à l'avant et à l'arrière. Avec son allonge (fournie en standard) le premier affiche une surface record (2,70 m de long !). Et cette allonge, munie d'un pied amovible, se convertit en table pour apéritif ou pique-nique. Autre astuce d'agencement à signaler : le siège relevable devant la console, une bonne idée toute simple pour dégager de l'espace dans le cockpit, par exemple en pêche ou en sortie plongée. Et, à l'arrière, il ne faut que quelques secondes pour disposer d'un second solarium, par un simple basculement du dossier de la banquette. Ce cockpit convivial est en outre agrémenté d'un équipement standard particulièrement soigné, qui inclut de nombreux éléments le plus souvent proposés en option. Les plus significatifs sont le guindeau électrique, le roll-bar avec grand bimini repliable sur arceaux inox, l'échelle de bain ou la douche de pont avec réservoir de 65 litres. L'accastillage, lui aussi très soigné (voyez par exemple le davier à bascule en fonte d'alu) et la sellerie bien finie, sur âme de mousse à cellules fermées, complètent le tableau. .



photo Black Fin Elegance 25


photo Black Fin Elegance 25


photo Black Fin Elegance 25





CONCLUSION
Vendu exclusivement en packages au travers du réseau Brunswick-Mercury, le Black Fin 25 est un des modèles à regarder de près dans sa catégorie. En regard d’un prix qui peut paraître cher au premier abord, on trouve un ensemble haut de gamme, tant au niveau du gros-œuvre coque-pont-flotteur que de l’équipement, au-dessus des standards habituels. Il n’y a en effet pratiquement rien à ajouter, si ce n’est l’équipement de sécurité et l’électronique. Il a besoin de puissance pour exprimer toutes ses qualités marines, mais celles-ci le méritent bien.




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