Essai Caribe UB 24 SC

L’esprit de polyvalence

C'est le plus gros des Caribe et, à ce titre, il propose une capacité d'accueil appréciable, notamment dans la perspective des sorties en famille ou entre amis. Par ailleurs, son plan de pont, semi-aménagé, sert les intérêts d'un programme polyvalent, où pêche et plongée ont aussi droit de cité.

Texte et photos Philippe Leblond


 24 446 € sans moteur (tarif 2006)
 7.4 m
 20
 42,6 nds

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Paru dans le Pneumag n° 55 Septembre/Octobre 2006




Bien que plus court d'un bon mètre, ce gros semi-rigide construit au Vénézuela n'est pas sans posséder quelques similitudes de conception avec le Zodiac Pro 20 Man. Le plan de pont se veut polyvalent, sans toutefois aller jusqu'à offrir un solarium ou un carré de pique-nique – c'est aussi le cas du Zodiac. Non pas que les concepteurs se soient arrêtés en chemin, mais il semble que l'UB 24 SC veuille conserver un cockpit privilégiant la circulation. D'ailleurs, les flotteurs dotés de nombreux renforts d'assise, et de poignées en forme de brides situées sur leur face intérieure, sont un clin d'œil en direction des plongeurs ou des chasseurs sous-marins, et sont avec un diamètre de 68 cm, les garants d'une stabilité remarquable, à l'arrêt comme en route. Les passavants sont plutôt confortables, de part et d'autre d'une console pourtant biplace, comme le robuste leaning-post qui l'accompagne. Ce dernier est doté de mains courantes qui permettent aux passagers de se tenir debout derrière le pilote et le copilote, lors de navigations en mer formée. Le pare-brise haut placé, comme l'étrave bien défendue avec ses flotteurs de gros diamètre, témoigne également du souci de concevoir un semi-rigide « tout-temps ». Ce 24 pieds donne l'impression d'une construction solide et d'une mise en œuvre sérieuse, à défaut d'atteindre l'élégance de certaines réalisations transalpines ou britanniques. L'échantillonnage du polyester, notamment pour le pont et les accessoires (sièges, console…), semble généreux. On ne décèle pas de fragilité suspecte lorsqu'on se déplace dans le cockpit revêtu d'un antidérapant assez efficace, ni lorsque l'on marche sur les coffres. En navigation, lors du passage sur notre sillage, on ne constate pas plus de bruits parasites (bien que les sièges et la console soient rapportés) que de mouvements de torsions, parfois constatés sur des réalisations « légères ». Nous citerons juste la (trop) fine cloison qui scinde le coffre avant en deux, pour offrir une baille à mouillage indépendante. Elle risque de souffrir sous les chocs de l’ancre, inévitables dans les vagues… Pour autant, tel quel, le gros Caribe inspire confiance. Dans l’optique de la promenade en famille, on notera les cinq à six vraies places assises, pourvues d’une confortable sellerie. Le leaning-post offre en effet la possibilité, grâce à un repose-pieds en inox (amovible) bien placé, de piloter assis dans de bonnes conditions. Et en position debout, le retrait de la base de la console, permettant de prendre ses appuis loin vers l’avant, mérite d’être souligné. Le bon positionnement des commandes est aussi à souligner, avec un boîtier pupitre qui, du fait de sa position, autorise le pilotage à deux. Le tableau de bord présente un agencement fonctionnel, permettant d’intégrer une VHF fixe (sur notre bateau d’essai), la panoplie des instruments moteur, au-dessus de la barre pour une bonne lecture, et la pose d’aides électroniques à la navigation sur étriers, bien à l’abri derrière le pare-brise. Ainsi, la position de pilotage se rapproche de la perfection. Autre point positif : les nombreux rangements. Du coffre avant à celui de la banquette arrière, d’une forte capacité malgré la présence du filtre à carburant et de la poire d’amorçage, les affaires d’une famille en promenade pour la journée trouveront leur place tout naturellement. Car à ces deux coffres, s’ajoutent les deux de la console de pilotage, puis deux autres dans le leaning-post, et enfin celui situé sous le siège placé devant la console. à l’exception de la soute avant, les coffres sont tous fermés par des trappes en plastique pourvues d’un joint d’étanchéité. En revanche, ils ne ferment pas à clé… Pour en terminer avec le tour du propriétaire, un mot sur l’accastillage. Le roll-bar en alu fixé sur les larges plats-bords antidérapants du cockpit, n'est pas monté sur charnières (attention au tirant d'air lors du transport !). Si les mains courantes en inox sont nombreuses et bien placées, on s'étonne de l'absence de saisines sur la partie centrale des flotteurs, là où il y a la possibilité de s'asseoir. Un reproche aussi quant à la petite taille du taquet qui accompagne le davier… Pour le positif, on notera la présence des repose-pieds, tant sur la banquette arrière (très haute) que sur le leaning-post, ainsi que d'une boucle de Velcro pour maintenir l'amarre de pointe, lovée sur l'avant du flotteur ; une idée qu'on aimerait voir reprise par d'autres... Le jour de notre essai, la mer était hélas figée par un soleil de plomb. Que ce soit dans, ou à l'extérieur, de la belle rade de Brest… Parfait pour le bronzage, mais pas très parlant pour juger des qualités d'une carène. Il fallut donc user du stratagème habituel : croiser ses propres vagues de sillage, où celles d'une éventuelle vedette de passage. à ce petit jeu, le Caribe 24 s'est montré sous un excellent jour, amortissant sans mal les petites vagues se présentant sur son passage. Pas de quoi sauter malheureusement, pour juger du bon équilibre de ce semi-rigide, d'une prise en main aisée, aidé en cela par la souplesse remarquable du 225 ch Honda, le plus puissant hors-bord de ce spécialiste du 4-temps. Dommage que la barre en inox, sans doute mal réglée, n'ait pas montré pareille docilité, avec une fermeté anormale lors des phases de débraquage, en sortie de virage… Après un déjaugeage expédié en quatre secondes et sans cabrage, le semi-rigide Vénézuélien adopte une assiette impeccable, dès 2 400 tr/mn, conséquence du V évolutif, avec une poupe plutôt porteuse. Voilà qui laisse une belle latitude au pilote dans le choix de son allure de croisière. Si celle-ci est élevée (27,5 nds à seulement 3 500 tr/mn, et une discrétion sonore remarquable), la vitesse de pointe est restée un peu en deçà de nos espérances, avec un GPS bloqué à 42,6 nds, malgré une montée de trim plus que généreuse. à cette occasion, on a pu apprécier l'excellente stabilité latérale du Caribe. Quelques jours plus tard, l'importateur nous a confié avoir ajouté six nœuds à cette vitesse (48 nds) avec un régime maxi de 6 000 tr/mn, soit 600 tours plus haut que lors de notre essai. Une mesure que nous n'avons pas eu la possibilité de vérifier. En revanche, nous avons noté que le Caribe, s'il vire avec précision à vitesse moyenne, n'aime pas être brusqué en virage. Lorsqu'on braque serré avec les gaz à fond, sa gîte intérieure s'interrompt, l'avant du flotteur entrant en contact avec le plan d'eau. Ce dernier prive alors l'étrave de guidage, et le bateau repart en contre-gîte, mais heureusement de manière progressive. Mieux vaut le savoir..



photo Caribe UB 24 SC


photo Caribe UB 24 SC


photo Caribe UB 24 SC





CONCLUSION
Ce robuste semi-rigide en provenance du continent américain alterne le bon et le moins bon. Saluons d’abord son comportement rassurant (à part en virage serré) et le confort de sa carène (à valider dans une mer difficile), ainsi que la large palette dans le choix d’une allure de croisière où l’on goùte la discrétion du gros Honda et les nombreuses places assises. La capacité de rangement est aussi à la hauteur d’un programme à dominante familiale, tandis que la liberté de mouvement et de circulation, dans le cockpit, laisse la place à des activités de type pêche ou plongée. En revanche, les amateurs de bronzage en seront pour leur frais, et ceux qui apprécient un design léché, trouveront ce Caribe un peu rustique.




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