Essai Caribe UB 19 SC

Une carrure d'athlète

Sa largeur inhabituelle, due en partie à des flotteurs de fort diamètre, lui confère une stabilité hors pair, tant à l'arrêt qu'en navigation. La facilité de circulation dans le cockpit vient aussi d'un nombre de places assises limité, ce qui fait du Caribe un modèle polyvalent à tendance " plongée "

Texte et photos Philippe Leblond


 13 293 € sans moteur (tarif 2005)
 5.9 m
 11
 34,1 nds<br />

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Paru dans le Pneumag n° 49 Septembre/Octobre 2005




Pas besoin d'observer longuement le Caribe 19 pour se rendre compte de sa caractéristique principale : une carrure XXL, matérialisée par des flotteurs d'un diamètre inhabituel, pour un semi-rigide de cette longueur. S'il avait participé aux derniers championnats du monde d'athlétisme, nul doute que l'UB 19 SC aurait concouru avec les lanceurs de poids ! Avec ses boudins de 63 cm, il affiche une bonne vingtaine de centimètres de plus, en largeur, que ses concurrents directs, tout en préservant une largeur interne remarquable. De fait, les passages, de part et d'autre de la console de pilotage, sont très confortables (36 cm). Il est vrai, par contre, que cette console, si elle est haute, est plutôt étroite. Destinée à un pilotage debout, uniquement (il n'y a pas de siège), elle autorise toutefois une bonne position de conduite, avec une barre, et un boîtier de commandes latéral, placés à bonne hauteur. Le pare-brise, particulièrement court, ne suffit pas, et c'est dommage, à abriter le pilote pour les sorties par météo défavorable. Quoi qu'il en soit, pour ce qui est de l'aménagement de cockpit, le Caribe fait dans la simplicité. On note qu'il propose peu de vraies places assises, puisque cela se limite à la banquette arrière (2 à 3 places). Dans le cadre d'une utilisation familiale, il faudra donc utiliser les flotteurs. On note aussi l'absence de solarium… Pas vraiment le modèle rêvé pour s'alanguir dans les criques méditerranéennes !Non, ce Caribe est davantage destiné aux utilisateurs « actifs », et l'on pense ici aux pêcheurs ou aux plongeurs qui apprécieront cette simplicité, synonyme de liberté de mouvement, et ces larges « épaules » qui lui donnent une assise sur l'eau incomparable. Les passages plongeurs (interruption des saisines et bandes de renforts) sont bien placés, avec l'avantage d'une poignée située sur la face interne des flotteurs pour aider à se hisser lors de la remontée à bord. Le boudin est aussi garni d’une double bande antiragage et de deux types de saisines : celles en cordelette nylon, à l’arrière, et celles en sangles de tissu, mais contrairement à ce qu’on a pu voir sur d’autres bateaux, tout à fait ergonomiques. L’antidérapant du pont est efficace et il recouvre aussi la baille à mouillage, contre-moulée et profonde. Mais, au même titre que les coffres de console et de banquette, elle ne ferme pas à clef. Malgré la présence de valves de gonflages siglées « Caribe », la finition de l’ouvrage polyester n’est pas au même niveau que celle de l’enveloppe gonflable. On en veut pour preuve, le caractère sommaire de l’intérieur de la console, ou la découpe de la petite plate-forme arrière imposée par la barre de direction. Dans les bonnes idées, signalons encore la présence de petits anneaux sur les flotteurs pour la fixation du bimini optionnel, ainsi que, le nable de carburant situé dans un petit bac de rétention, sur le coffre avant. Ainsi pas de souillure en cas de débordement de l’essence.

En navigation, le diamètre des flotteurs apporte donc une stabilité étonnante. On peut se déplacer d’un bord à l’autre, à l’intérieur du cockpit, même à plein régime, sans que l’équilibre latéral ne soit perturbé, ni la tenue de cap, exemplaire par ailleurs. Malgré des flotteurs bien au contact de l’eau dans la partie postérieure, la vitesse de pointe est tout à fait honorable (34 nds) en regard de la puissance utilisée. Le Honda 90 ch 4-temps, doté d’un bon couple dès les bas régimes, convient d’ailleurs bien à ce semi-

rigide assez lourd et qui au croisement de différents sillages, fait apprécier le bon amorti de sa carène. En virage, rien à dire, le Caribe s’accroche avec précision à sa trajectoire. Maniable et docile, il communique de bonnes sensations de pilotage, et les amateurs de performance pourront, sans crainte, le doter d’une puissance supérieure (jusqu’à 140 ch).

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photo Caribe UB 19 SC


photo Caribe UB 19 SC





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