Essai Neptys First Life 27 HB

Le phénix phocéen

Premier opus de la jeune marque Neptys, le First Life 27 affiche un look luxueux et inventif, façon cabriolet de luxe pour clientèle triée sur le volet. Ne se contentant pas de cette élégance de séducteur, ce semi-rigide marseillais y ajoute une superbe carène, dont le potentiel s'exprime sans réserve sous la poussée du V8 Mercruiser.

Texte et photos Jacques Anglès


 139 700 € avec Mercruiser 425 ch (tarif 2010)
 8.35 m
 12
 48,5 nds

Suzuki-gif-540x145
Orca-logo_rvb

Paru dans le Pneumag n° 76 mars/avril 2010




En mettant en exergue son design audacieux, sa peinture métallisée et sa sellerie couleur de feu, le First Life 27 a raflé la vedette à bien des marques de renom sur le dernier Salon de Paris. à juste titre. On peut d'ailleurs se féliciter qu'une création 100% française tienne la dragée haute à nos chers confrères transalpins, considérés comme les rois du design. Et, bien qu'il s'agisse, au sens littéral, d'un prototype (c'est en effet le premier exemplaire de la marque Neptys), on est loin d'un "concept-boat" d'exposition. Il faut dire que le jeune chantier marseillais, créé en 2007 par Jean-Michel et Pascal Angileri, a mis tous les atouts de son côté pour livrer un bateau parfaitement abouti. Sur un dessin imaginé par Jean-Michel, le projet a pris corps avec la collaboration d'Olivier Philippot, architecte naval chargé de concevoir la carène et les procédés de fabrication. Deux ans ont donc été consacrés à peaufiner ce bateau, original à plus d'un titre. à commencer par son flotteur en "demi-boudin" (section semi-circulaire, au lieu du classique tube à section circulaire), réalisé en tissu Orca de Pennel & Flipo (CR/CSM 1 670 décitex). La fabrication des parties en polyester fait appel à des technologies de pointe : formes et moules réalisés par découpe numérique 3D, stratification par infusion sous vide. La coque, moulée d'un seul tenant, est renforcée par des carlingues et varangues, elles aussi infusées sous vide, la liaison coque-pont étant assurée par collage et ceinture interne stratifiée. Qu'il s'agisse de la structure ou de la finition, l'ensemble dégage une sensation de robustesse et de qualité haut de gamme, au service d'un look "sportif de luxe" propre à susciter un coup de cœur irrépressible. L’agencement du cockpit est inventif, à l’instar de l'étonnant demi-flotteur intérieur factice (il est en polyester) avec escalier de coupée intégré, ou du cabinet de toilette logé dans la proue, sous une grande portière "papillon", une disposition jamais rencontrée à ce jour. Le profil futuriste de la console et du tableau de bord, les selleries orange de belle facture, la superbe laque métallisée, déclinée en deux tons, l’accastillage haut de gamme, viennent renforcer le caractère haute couture de ce modèle. On aime sans réserve son audace esthétique, un peu moins son budget, lui aussi à créditer de l'adjectif "haut". Coup de cœur façon "roadster glamour", le First Life 27 se permet de négliger certains aspects fonctionnels. On regrette notamment l’absence d’une cuisine de pont, ainsi que les rangements insuffisants. Le chantier s'attelle toutefois à corriger ce dernier point, ainsi que d’autres détails… Malgré ces quelques réserves, on ne peut que louer la convivialité du cockpit, avec ses banquettes confortables, son carré avant, son cabinet de toilette, sa vaste plage de bain en teck. Ultime atout, le First Life 27 est au gabarit routier (2,55 m avec flotteur dégonflé), ce qui facilite le transport, en gardant à l’esprit que ce n’est pas le genre de bateau que l’on sort de l’eau tous les soirs.

Tout ceci serait superflu sans une carène et une motorisation efficaces. à cet égard, le First Life 27 est une réussite : testé sans ménagement par mer agitée, il a montré un comportement et des performances au-dessus du lot. Sa longue carène en V profond (24° au tableau arrière), soulignée par quatre virures et des bouchains à méplats, fait merveille dans ces conditions. Elle exige cependant une bonne puissance, délivrée ici par un V8 Mercruiser essence de 425 ch et 8,1 l de cylindrée. Ce choix judicieux (conseillé par le chantier) favorise en outre, mieux que des hors-bord, un centrage des poids optimal. Résultat : 48,5 nœuds dans des creux de 0,8 m à 1, 20 m, et ceci en toute sécurité ! Compte tenu des conditions de mer, on accepte le chrono de 51,8 nœuds revendiqué par le chantier par mer calme, avec le champion de France Offshore Jean-Stéphane Serra aux commandes. Premier point fort, l'équilibre, en latéral comme en longitudinal, avec une bonne réponse au trim permettant de s'adapter aux conditions de navigation. Second bon point, très apprécié des passagers : le confort de navigation, principalement dû au V profond de la carène, mais aussi à la proue finement tulipée, qui fait merveille dans la vague. Quelques sauts à valeur de test (une acrobatie pas vraiment dans l'esprit de ce canot) viendront confirmer ces qualités sportives. On apprécie aussi l'absence de coup de raquette sous les flotteurs, peut-être en partie due à leur coupe en demi-tube, ainsi qu'aux qualités intrinsèques de la carène. Que l'on adopte un registre sportif ou « grand tourisme » (excellente vitesse de croisière de 26 à 28 nœuds), le pilotage est toujours plaisant, avec une inscription précise dans les trajectoires, une tenue sans reproche en courbes rapides et une belle capacité à resserrer le rayon de giration jusqu'à une douzaine de mètres sans décrocher, plus facilement à droite qu'à gauche. On aime le poste de pilotage, doté d'assises relevables, d'un volant réglable, de manette tombant bien sous la main, et d'une poignée pour le copilote (dommage que l'arceau de pare-brise soit en option), avec une préférence pour le pilotage debout (assis, on manque de cale-pied). Seul bémol, le support de la commande sono, saillant entre les deux sièges, peut s'avérer contondant en saut de vagues, façon offshore. Bref, ce Neptys ne se contente pas d'un plumage flatteur, son ramage est lui aussi à la hauteur !.



photo Neptys First Life 27 HB


photo Neptys First Life 27 HB


photo Neptys First Life 27 HB





CONCLUSION
Chapeau ! Pour un premier modèle, qui plus est prototype, ce Neptys 27 est un coup de maître. Look d’enfer, confort au mouillage, tenue de mer, plaisir de pilotage, performances de haut niveau, il rassemble tous les ingrédients d’une recette à succès, originalité en prime. Son seul handicap est son tarif, très exclusif. Un sacrifice à consentir pour s’offrir un canot de luxe qui ne ressemble à aucun autre, au demeurant capable de montrer son tableau arrière à la plupart de ses concurrents.




Maxi_08072010-1020314
Maxi_08072010-1021562
Maxi_08072010-1020315 Maxi_08072010-1020316 Maxi_08072010-1021563