Essai Polaris Tender 10 (3.05)

La tentation aluminium…

Le constructeur canadien prouve, avec ce semi-rigide, que l'alliance de flotteurs gonflables et d'une carène aluminium peut être efficace. Robuste et performant, ce "bûcheron" de mers est plus plaisant à barrer qu'il n'y paraît. Simple de conception – voir son accastillage minimaliste - il se destine aux randonnées musclées.

Texte et photos Philippe Leblond


 62 935 € avec Mercury Verado 250 ch 4T (tarif 2010)
 6.5 m
 18
 46,1 nds

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Paru dans le Pneumag n° 76 mars/avril 2010




Cela fait 25 ans que Polaris (qui n'a rien en commun avec le constructeur de motos marines) construit des semi-rigides à coque aluminium, aménageables à la carte. La gamme compte aujourd'hui une quinzaine de modèles, de l'annexe de 3 m au day-cruiser de 10,80 m. Sans en avoir la silhouette, le Neptune 21.6 a en commun avec les semi-rigides britanniques de ne pas toucher l'eau avec ses flotteurs, même à l'arrêt. En revanche, sa largeur plus importante fait qu'il est doté d'une meilleure stabilité. De prime abord, on est frappé par son apparence rustique et massive. De fait, il affiche un poids sensiblement supérieur à celui des semi-rigides de sa longueur (environ 400 kg de plus). Et pourtant, sa plus grande qualité, à nos yeux, réside dans l'agrément de pilotage qu'il délivre et les performances remarquables qu'il signe. Commençons justement par le meilleur… Malgré sa tonne bien sonnée (sans moteur), et ses 250 chevaux, le Polaris se manie comme un vélo. Capable de virer dans un espace très restreint, même en brutalisant les gaz, il nous a épatés. La gîte intérieure est bien marquée, et le grip à la fois incisif et précis. En fin de virage, il faut composer avec un peu de ventilation de l'hélice, mais le puissant Verado à compresseur a tôt fait de relancer ce costaud vers les hautes sphères du GPS. Au régime maxi, ce dernier affiche d'ailleurs 46,1 nds. Belle perf ! D'autant plus probante que l'hélice s'est avérée un peu courte, entraînant le moteur 200 tr/min au-dessus du régime maxi préconisé par Mercury. Avec un ou deux pas de plus, on devrait pouvoir taquiner les 50 nds… Quant à l'accélération, elle est impressionnante, le déjaugeage étant sanctionné par un chrono de 3,1 secondes. Pas mal, vu la masse ! Autre point fort du semi-rigide Canadien, il plane dès 2 500 tr/min, malgré un angle de quille encore très marqué au tableau arrière. On peut y voir l'apport de sa longueur de flottaison, maximale, puisque la chaise-moteur prolonge la carène jusqu'à l'extrémité arrière des flotteurs. En usage courant, il faudra tabler sur une consommation de plus ou moins 25 l/h, et sans doute un peu moins en régime de croisière économique (22,5 nds à 3 500 tr/min). Homogène (il faut néanmoins bien régler le trim, car il a tendance à marsouiner à mi-régime), plaisant à piloter, il assure aussi un bon confort dans le clapot, sans résonance de la coque aux impacts. Un dernier mot sur la position de conduite, efficace debout et correcte assis (cale-pieds). En tout cas, les deux places sont bien abritées par la haute et large console qui propose un tableau de bord simple mais spacieux. Quand on utilise l'adjectif "rustique", pour qualifier ce dur à cuire dont le profil est plus proche du semi-rigide à usage professionnel que du bateau de plaisance, on fait à la fois allusion au design pour le moins "brut de brut", et à l'équipement qui ne va pas dans le sens d'une utilisation familiale, disons à l'italienne. Pas de solarium, pas de douchette, pas de table pour le pique-nique, pas plus que d'échelle pour la baignade… Le seul élément de confort consiste en une banquette arrière, boulonnée sur le double pont en alu. Elle peut offrir trois à quatre places, en sus des deux du siège de pilotage. Le rangement n'a pas été oublié avec deux coffres secs sous ces deux sièges, auxquels il convient d'ajouter celui de la console (où empiètent les câbles moteur et les fils électriques), et le coffre de la pointe avant qui devrait servir au mouillage malgré son ouverture étroite.

En parlant de mouillage, déplorons l'absence d'un davier ou d'un guide sans parler d'un taquet pour frapper la ligne lorsqu'on est à l'ancre, ou l'amarre de pointe au port. Et, il n'y a pas plus de taquets à la poupe… Il y a toujours la possibilité d'amarrer sur les cadènes situées au dos de la banquette, ou sur le monumental roll-bar enduit d'une laque blanche, mais dénué de feux de navigation. Voilà qui n'est pas des plus pratiques. Bref, en termes d'accastillage, l'équipement à la carte mériterait d'être poussé plus loin. Après quoi, les amateurs de longues navigations pourront partir à l'assaut des vagues et des rivages, où l'échouage et le beachage justifieront pleinement le choix de l'aluminium..



photo Polaris  Tender 10 (3.05)


photo Polaris  Tender 10 (3.05)





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