Essai Polaris 4.80 (15.6) Spirit

Baroudeur rustique

Que ce soit en termes de design ou d'équipement, Polaris la joue profil bas, mais met en avant sa faculté à construire des bateaux costauds et simples d'entretien. Le Spirit est bien dans cette veine, avec un gros œuvre en alu et des flotteurs en tissu Orca bien échantillonnés. Du gaillard !

Texte et photos Philippe Leblond


 14 090 € sans moteur (tarif 2012)
 4.8 m
 12
 30,5 nds avec Mercury 60 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 89 Mai/Juin 2012



Le 15.6 Spirit ne joue par sur les apparences, comme d'ailleurs sur tous les autres modèles de la gamme du constructeur canadien. Précisons au passage que les modèles qui seront désormais vendus en France seront construits à Angoulème, chez Polaris France qui en assurera derechef la distribution. Les carènes en aluminium et les flotteurs en Orca 1 670 décitex composent un ensemble robuste, dur au mal, sur lequel Polaris a posé une garantie de 10 ans. La seule coquetterie que s'autorise ce constructeur est de mettre un peu de couleur dans son "univers de brutes". Pour notre bateau d'essai, le jaune canari rehausse une apparence quelque peu austère, où l'aluminium au naturel tranche avec l'habituel polyester de la plupart des semi-rigides. De fait, le tour du propriétaire est rapide concernant le Spirit. Les flotteurs à diamètre constant, assemblés en sections et protégés par deux renforts d'assise, laissent une largeur intérieure d'1,08 m ce qui fait qu'avec la console et la banquette de pilotage biplace prenant, elle, toute la largeur, il ne reste que peu de surface libre. Pour le reste, le plancher est recouvert de patches antidérapants efficaces, rendant les déplacements à bord plus sûrs. Les deux nables de vidange de cockpit sont dotés de manches en caoutchouc repliables sur le tableau arrière, empêchant les retours d'eau sur le plancher lorsque le bateau est à l'arrêt. On notera aussi l'acheminement des câbles du moteur (de direction, d'inversion de marche et de gaz) à même le plancher. Par ailleurs, la petite console est fixée sur un socle en aluminium solidaire du plancher ce qui en fait son emplacement unique et définitif. Par contre, on sera plus sévère concernant l'absence de tout coffre de rangement ou de mouillage, ainsi que des apparaux de mouillage (taquet, bitte, guide, davier…), afin de pouvoir jeter l'ancre en bonne et due forme… La seule ressource pour embarquer du matériel sans qu'il se "promène" sur le plancher est de fixer des sacs étanches aux anneaux D qui supportent les lignes de vie… Pas très pratique.
L'aluminium n'est pas la seule curiosité du Polaris 15.6 Spririt. Il y a aussi sa carène dont la forme est atypique. La raison en est qu'elle a aussi été pensée pour être équipée d'une propulsion hydrojet, en l'occurrence d'un hors-bord équipé d'une embase à turbine en lieu et place d'un pied d'embase à hélice classique. L'alimentation de la turbine en eau se faisant par une grille de fond de coque, comme pour une transmission jet conventionnelle, cela explique cette quasi-absence de V dans la partie arrière. Résultat, le Spirit est très bas sur l'eau, avec des flotteurs bien au contact, lui octroyant une stabilité latérale à l'arrêt, et en route, exceptionnelle. L'angle de sa quille est moins ouvert à l'avant, bien sûr, mais reste tout de même assez doux. Ce qui occasionne un comportement très à plat en navigation, même avec beaucoup de trim au régime maxi. La surface mouillée étant importante, son assiette est donc des plus rassurantes – l'absence de vagues lors de notre essai ne nous a toutefois pas permis de juger de son équilibre dans les sauts - avec un comportement vif qui rappelle celui d'un kart, notamment dans les virages, ou le Spirit vire complètement à plat. Lors de notre essai, la forme plate, ajoutée à une légère glisse et à un tableau arrière trop haut, a engendré de la ventilation. Le constructeur a prévu de rabaisser un peu le tableau pour retrouver un surcroît de motricité en virage. Une fois repassés sous le pont de l'Ile de Ré, pour rejoindre le port des Minimes, une brise un peu plus vive et un petit clapot serré nous ont fait constater une certaine tendance à mouiller (l'étrave est il est vrai au ras des flots) et quelques impacts secs sur le fond de coque. Bien que marin et sûr, le terrain de prédilection du Spirit se cantonnera aux zones plutôt abritées. Pour ce qui est des performances, il ne s'en tire pas mal puisque grâce à sa légèreté, il dépasse les 30 nœuds, avec une embase "Big Foot" à rapport de réduction court (donc peu favorable à la vitesse). Ce qui se traduit par un déjaugeage express et une bonne accélération jusqu'à la vitesse maxi. Ce semi-rigide atypique devrait faire un excellent bateau pour s'initier au ski nautique.



photo Polaris 4.80 (15.6) Spirit


photo Polaris 4.80 (15.6) Spirit


photo Polaris 4.80 (15.6) Spirit


photo Polaris 4.80 (15.6) Spirit


AU PONTON
Le fait d'avoir placé le réservoir fixe dans la pointe avant fait que le Polaris ne propose pas de coffre à mouillage. Le dossier de la banquette biplace (elle prend toute la largeur) étant fixe, il faut l'enjamber pour se rendre à l'arrière afin de relever les manchons des vide-vite. L'étroite console ne prend que peut de place sur le pont, mais son emplacement est fixe.




EN MER
Du fait de sa carène très plate, le pilotage du Spirit n'est pas sans s'apparenter à celui d'un kart : passage en virage à plat et à haute vitesse, changements de direction vifs... Par contre, cet équilibre remarquable n'empêche pas l'intrusion de quelques embruns dans le cockpit, ainsi qu'un confort relatif dans le clapot.




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