Essai Callegari Olimpus 66

Latin avant tout

Avec l'Olimpus 66, le latin n'est pas une option, il est le programme dominant. Style sensuel, finitions soignées, profil résolument "farniente" avec ses deux solariums… Impossible de rester insensible au charme italien dans l'optique d'une utilisation conviviale, où l'escale est aussi importante que la navigation.

Texte et photos Philippe Leblond


 30 678 € sans moteur (tarif 2012)
 6.7 m
 14
 41,2 nds avec Yamaha 200 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 90 Juillet/Août 2012



L'Olimpus est le second, par la longueur, d'une belle gamme de six semi-rigides équipés, dominée par l'imposant 82 (8,25 m). Son esthétique est plus douce, moins tendance que celle du Carve 68 (essai dans Pneu Mag n°84), son quasi alter ego, qu'il a fini par remplacer. Ici, pas de lignes tendues, d'arêtes agressives, mais un design plus en douceur qui, bien qu'il soit moins tendance, n'exclue pas modernité et dynamisme. L'arceau polyester (option) rejeté vers l'arrière, la console profilée et la delphinière volontaire concourent à donner du mouvement au bateau, même lorsqu'il est à l'arrêt. Amarré au port Tino Rossi d'Ajaccio, sur lequel est basé Motorship Nautique, la société importatrice, il offre au regard un cockpit accueillant. Il n'y a plus qu'à monter à bord…
La longueur intérieure est supérieure à celle des bateaux de sa catégorie dans la mesure où le tableau arrière reculé flirte avec l'extrémité des flotteurs, procurant ainsi deux petites plates-formes de bain intégrées au moule de pont. L'échelle inox télescopique n'est malheureusement pas coffrée (attention aux pieds lorsque vous irez amarrer la poupe !), mais une petite poignée inox est là pour aider à remonter de la baignade, et la douchette (livrée de série) est à portée de main. Nous notons aussi la présence de deux beaux taquets rétractables, fixés sur des plats-bords dépourvus d'antidérapant. Notre bateau d'essai était équipé de l'arceau polyester, option nettement plus coûteuse que le roll-bar inox qui a lui aussi pour rôle de servir de support à un taud de soleil trois arceaux. L'option "simili teck" est aussi présente sur ce modèle et donne une touche chaleureuse au pont barré par une banquette pleine largeur (3-4 places), dont le dossier en accordéon se déploie pour former un solarium de belle surface (2,5 m2). Le relevage du couvercle se fait à l'aide de deux vérins à gaz et l'on note la présence d'un joint de caoutchouc qui permet d'éviter d'éventuelles vibrations en navigation. C'est dans cette cale que trouvent place la batterie et la pompe à eau de la douche de pont. Malgré la présence des tuyaux de vidange du cockpit et les câbles du moteur, il y a beaucoup de place pour stocker divers matériels. Par contre, comme le coffre avant, celui-ci n'est pas "sec". Pour les affaires qui craignent l'humidité, il faut recourir au coffre de la console (deux accès) ou du siège pilote. Les fermoirs de coffre à réglage micrométrique peuvent recevoir un cadenas, de quoi laisser quelques affaires à bord l'esprit tranquille…
A défaut de posséder une vraie table sur pied pour former un carré, l'Olimpus 66 se contente d'une tablette en teck rabattable au dos du leaning-post, plus pratique mais moins spacieuse. Voilà qui limite quelque peu le nombre des convives à l'heure du pique-nique, mais sur un semi-rigide de moins de sept mètres c'est souvent la règle. Un bon point sans réserve, par contre, pour la position de pilotage qui est agréable, que ce soit debout en mer formée, ou assis dans de meilleures conditions. Le seul reproche qu'on puisse adresser au poste de barre, c'est l'exiguïté du tableau de bord qui ne permet pas l'intégration d'une centrale de navigation grand écran. Il faudra donc se montrer modeste en ce qui concerne les options électroniques… En se rendant vers l'avant on apprécie particulièrement les très larges passavants et les belles mains-courantes qui flanquent la console. Et il reste encore de la place au sol entre le siège devant la console et le solarium (sans la rallonge). Sous le matelas de bain de soleil, un vaste et profond coffre occupe tout l'espace jusqu'au puits de mouillage. De quoi recevoir, sans difficulté, skis, wake-board et cannes à pêche. L'élégante delphinière recèle sous son capot un guindeau électrique commandant une ancre sur davier, tandis que les deux gros taquets rétractables servent indifféremment au mouillage ou à l'amarrage à quai.
Nul besoin de tenir longtemps la barre de l'Olimpus 66 pour comprendre que ce semi-rigide ne souffre d'aucun défaut majeur de comportement. Voilà un semi-rigide à mettre entre toutes les mains, non pas qu'il soit "pépère" (il a quand même un 200 ch aux fesses !), mais du fait de sa docilité, de son absence de vice, même lorsqu'il est mené "à la baguette". Tenue de cap rigoureuse, quel que soit le réglage du trim et le sens des vagues, équilibre général sain, même de face dans près d'un mètre de houle, vivacité et précision en virage où il conserve intacte sa motricité, même avec un braquage sec et des remises de gaz brutales. Bref, l'agrément de pilotage est indéniable. Reste les performances…
De ce point de vue, pas de mauvaise surprise, mais pas non plus de saut au plafond. Le bateau n'est pas léger et c'est assez logiquement que la barre des 40 nœuds est franchie de peu, avec une grosse louche de trim positif. Le Yamaha F200 "fait le job", il n'y a pas à redire, avec une distribution variable qui lui donne une touche de tempérament "2 temps", avec des remises de gaz immédiates accompagnées d'une sonorité V6 flatteuse. Mais, nous conseillons de ne pas descendre sous cette puissance qui lui va bien, sachant que nous ne naviguions qu'à demi chargés. Le choix d'hélice, impeccable, a permis de signer de brillants chronos d'accélération et des rendements tout à fait convaincants de 3 000 à 4 500 tr/min, ce qui correspond aux allures de croisière économique à rapide (19,7 à 28,7 nds).



photo Callegari Olimpus 66


photo Callegari Olimpus 66


photo Callegari Olimpus 66


photo Callegari Olimpus 66





CONCLUSION
Le Callegari fait valoir une belle prestance, que ce soit au plan de l'esthétique et de sa conception en faveur des loisirs en "mode cool" (balade/farniente), ou de son comportement en mer. Une sortie convaincante, donc, mais on aurait bien aimé la puissance maxi (225 ch, voire plus !), car nous étions encore loin des limites de la carène.




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