Essai Centaure 650 VEvo

La tête et les jambes

Marin et véloce, le 650 V Evo possède aussi une "tête" bien faite pour se montrer performant dans son activité dominante : la pêche. A sa bonne capacité de déplacement, grâce à un bon ratio poids/puissance, il ajoute une centrale de pêche électronique dernier cri, afin de détecter le moindre poisson qui passe. Efficace !

Texte et photos Philippe Leblond


 à partir de 13 900 € (Hypalon) sans moteur (Tarif 2016)
 6.5 m
 14
 43,0 nds avec Suzuki 175 ch 4T
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Essai paru le 31/03/2016



Stevenn Kerloc'h, l'importateur des semi-rigides sud-africains compte de nombreux pêcheurs parmi ses clients. Ce 650 V Evo en et l'un des exemples les plus parlants, avec un cockpit à l'équipement pêche plutôt poussé. Et pour cause, il s'agit du bateau de Bruce et Nadine auxquels nous avons consacré un reportage l'an dernier (voir Pneu Mag n°109), des adeptes de la pêche au leurre en mer et en rivière. Première spécificité, une carène légèrement modifiée à leur demande avec une partie arrière plus plate (21° au tableau arrière) pour augmenter la stabilité latérale et diminuer le tirant d'eau pour la pêche en rivière dans les eaux peu profondes. Autre équipement, devenu incontournable ces dernières années sur les vrais semi-rigides de pêcheurs, un vivier de 120 litres à circulation d'eau de mer, intégré sous le plancher, en avant de la console. Et, bien sûr, il y a les supports de cannes, des Seanox de chez Amiaud, particulièrement nombreux sur le Centaure de notre essai : quatre sur la console, six au dos du leaning-post et encore deux sur le roll-bar inox… Il y a aussi le siège de pêcheur sur pied inox télescopique, pivotant sur 360° et réglable en hauteur. La banquette arrière, dispose d'une règle graduée pour mesurer les prises en tournoi, avant de les remettre à l'eau. Par ailleurs, une grosse glacière Igloo est sanglée sur le plancher, sous le leaning-post biplace, à structure tubulaire.

*Un équipement de pêche digne d'un pro*

Et ce n'est pas tout. Nadine étant commerciale chez MC Technologies, importateur Lowrance, ce Centaure sert de support promotionnel à la société en participant à plusieurs compétitions de pêche et à des cessions de formation à l'utilisation des appareils de la marque. Il est donc particulièrement bien doté au plan de l'électronique de navigation, avec trois combinés Lowrance (deux au tableau de bord et un en répétiteur sur l'avant de la console) et un hub Lowrance pour connecter les lecteurs MP3 et autres smartphones. Pour en terminer avec la dotation pêche, comment ne pas mentionner la présence, sur le nez du bateau, d'un Motor Guide 85 lbs 24 V, équipé d'une tête GPS… Ce petit moteur électrique est mis à l'eau par Bruce, dès que le bateau arrive sur sa zone de pêche. Avec sa télécommande, il permet de se déplacer sans bruit et à intensité variable sur les postes. Avec sa vitesse de 3 nœuds, il est capable d'étaler un courant de 3,5 nœuds.

Pour le reste, le Centaure est un semi-rigide plutôt rustique, solidement construit, avec une coque en polyester monolithique, renforcée par un réseau dense de couples et varangues en polyester, coiffé d'un épais plancher en contreplaqué marine stratifié, qui autorise un aménagement de cockpit sur mesure, et des déplacements aisés, de plain-pied. Le chantier propose d'ailleurs toute une série d'éléments au choix (consoles et sièges). Pour le siège pilote, il est ainsi possible d'opter pour un leaning-post, comme sur le bateau d'essai, pour un siège jockey ou un bolster avec dosseret enveloppant et assise escamotable. Les flotteurs, dont le tissu est assemblé verticalement (c'est moins joli que dans la longueur), Centaure propose du PVC ou de l'Hypalon (supplément de prix d'environ 2 000 €).

Après ce tour détaillé du propriétaire, il est temps de solliciter le Suzuki 175 ch qui trône sur le tableau arrière. Sitôt passé les 300 mètres réglementaires, je pousse franchement l'accélérateur. Le Centaure déjauge presque sans cabrer, reprenant son assiette en seulement 3"3, malgré l'hélice à pas long (23") qui équipe le généreux quatre cylindres en ligne japonais. Avec sa cylindrée de 2 867 cm3, le DF175 est d'ailleurs le plus hors-bord gros quatre cylindres du marché. Est-ce lui, fort de son couple élevé, qui déséquilibre légèrement le Centaure lors des quelques sauts de vagues engendrés par les vestiges d'une longue houle (jusqu' à 1,50 m), alors que nous sommes à plein régime ? Par moments, le bateau se réceptionne en penchant légèrement sur le côté gauche, ce qui gâche un peu le plaisir aux commandes de cette carène qui, par ailleurs, se comporte de belle manière et offre un confort de navigation appréciable, vérifié aussi lors du croisement de quelques sillages. A l'occasion de ces petits "jumps", nous avons pu constater que l'équipement de pêche, dont l'électronique, est solidement fixé. Rien n'a bougé !

*Une capacité carburant un peu juste*

En virage, le Centaure n'est pas franchement à l'aise. Notamment lors des virages rapides à gauche, où l'inscription se fait laborieusement en l'absence de gîte intérieure, avec parfois l'impression que la contregîte va s'inviter (il est vrai que la console avec ses deux batteries est décalée sur tribord) ! Mais, il suffit de réduire les gaz pour que le Centaure boucle ses virages sans problème. Si le grip est ferme, on constatera par contre une légère perte de motricité en sortie des virages serrés, l'hélice ventilant quelque peu. Au plan des performances, par contre, c'est le sans faute. Avec une mise en action instantanée et une vitesse de pointe qui culmine à 43 nœuds au régime maxi de 6 050 tr/min, avec l'aide d'un trim nettement positif. Pour un bateau lourdement équipé et avec le plein de carburant, cette marque est très satisfaisante. Plus gratifiantes encore sont les vitesses de croisière et les rendements associés… Ainsi, l'allure la plus économique est obtenue à 22 nœuds et 3 500 tr/min, avec 1,26 mille parcouru par litre de super consommé. Excellent ! Et c'est encore très bon dans les régimes supérieurs, avec une vitesse de croisière "naturelle" à 26,3 nœuds à 4 000 tr/min (1,10 m/l). A ce régime, le Suzuki est encore particulièrement discret au plan sonore, ce qui est moins le cas à 4 500 tr/min. Ces consommations basses permettent au 650 V Evo de disposer d'une autonomie de plus de 100 milles, malgré un réservoir de modeste capacité. Mais dans le cas d'une utilisation sportive, l'autonomie risque d'être un peu courte…



photo Centaure 650 VEvo


photo Centaure 650 VEvo


photo Centaure 650 VEvo


photo Centaure 650 VEvo


photo Centaure 650 VEvo





Conclusion : Rustique, dur au mal, marin et véloce, le Centaure 650 V Evo a de quoi séduire les amateurs de pêche ou de plongée qui sont des utilisateurs intensifs. D'autant qu'avec son poids contenu et sa largeur au gabarit routier, flotteurs gonflés, il reste facile à mettre à l'eau. Mais il peut aussi convenir aux plaisanciers désirant un semi-rigide polyvalent, avec en plus des activités déjà citées, la possibilité de s'adonner à la glisse tractée (ski ou wake) ou de partir pour de longues balades en famille, à condition d'opter pour la banquette arrière, ou plusieurs jockey. Autre atout dans sa manche, un tarif des plus abordables.




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