Essai Discov.Rib Open 520

Le caméléon

Le nouveau Discov'Rib propose une base simple mais évolutive. Il peut ainsi prendre de multiples apparences, en fonction des loisirs recherchés, jusqu'au choix des couleurs de sa robe. Mais, l'Open 520 est avant tout un semi-rigide marin et performant.

Texte et photos Philippe Leblond


 23 690 € avec Suzuki 90 ch 4T (tarif 2010)
 5.2 m
 7
 37,7 nds

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Paru dans le Pneumag n° 76 mars/avril 2010




Si ce n'est une identité commune (qualité de la construction, caractère marin et fonctionnel), le nouveau venu n'a rien de commun avec son aîné, le Classic 550 (essai dans Pneu Mag n°65). Responsable du chantier et architecte, Matthieu Vincent le dit tout net : "Pour l'Open 520, nous sommes partis d'une feuille blanche. Notre double objectif était de proposer un semi-rigide adaptable à son programme, grâce à une fabrication sur mesure, et à un prix attractif." Pour ce qui est du tarif, l'objectif est atteint avec quatre packages (bateau + moteur + remorque) en mesure de séduire les primo accédants et ceux qui veulent un pneumatique basique, comme les pêcheurs ou les plongeurs. Ainsi, le package d'entrée de gamme, doté d'un Suzuki 50 ch 4T, est accessible avec moins de 20 000 € (19 990 €). Pour le reste aussi, comme nous allons le voir dans le détail…Sur cet Open 520 à flotteur en tissu Orca (1 670 décitex !), le pont est composé d'un sandwich de contre-plaqué stratifié, comme le robuste tableau arrière (CP de 38 mm, avec polyester de 8 mm intérieur et 15 mm extérieur). Le seul élément intégré au pont est le coffre à mouillage, peu volumineux, mais doté d'une large ouverture. Le réservoir de 90 litres et le câblage du moteur, sont situés sous le pont. Le cockpit, revêtu d'un antidérapant en gel-coat granité efficace, est percé à la poupe de deux vide-vite, mais n'est pas autovideur à l'arrêt (sauf avec le 50 ch). La profondeur de cockpit, due à ce type de pont est sécurisante, et la surface habitable appréciable, d'autant que les seuls accessoires montés en standard sont la console et le leaning-post. D'autres équipements sont proposés, bien sûr, afin d'adapter le bateau à son programme. Reste que la place disponible à l'avant est insuffisante pour un solarium… Tenez, la console arbore un dessin qui ne nous est pas inconnu… En fait, le chantier rochelais s'est approvisionné chez un fournisseur espagnol dont Narwhal est aussi client. Le léger retrait de la façade postérieure laisse de l'espace aux jambes, et sa main courante assure une bonne prise. En revanche, le tableau de bord est compact, et son bord supérieur étroit et cintré ne favorise pas la fixation d'appareils électroniques. Cela dit, elle a le mérite de proposer le seul rangement du bord.

Rayon accastillage, le nez de l'Open 520 arbore un élégant socle polyester, armée d'un davier et d'un grand taquet inox. Il est à noter que le chantier propose, sans supplément, un simple guide de mouillage en caoutchouc. Dans ce cas, le taquet descend au niveau du puits de mouillage. Ce souci du sur-mesure va même jusqu'à proposer au client d'agrémenter les flotteurs à son goùt. Non seulement, il a le choix entre les 30 coloris Orca, mais aussi de l'emplacement des poignées et des saisines ! à la poupe on regrette l'absence de taquets, même s'il est possible d'amarrer sur les cadènes du tableau qui peuvent aussi servir d'anneaux de ski.

L'heure de prendre la mer est venue, et l'on remarque en embarquant une légère instabilité latérale, du fait que les flotteurs ne touchent pas l'eau à l'arrêt, V profond oblige. Le Suzuki DF90 correspond à la puissance maxi tolérée sur ce bateau. On va tout de suite s'apercevoir que le rapport poids-puissance du Discvo'Rib est sympathique : à peine plus de deux secondes pour déjauger, et de cinq pour atteindre 20 nds… Ça pousse fort ! D'ailleurs, on ne peut que louer le caractère ludique du pilotage, avec une carène qui répond bien, tant aux changements de caps, qu'aux réglages du trim (à bien régler pour ne pas marsouiner à mi-régime). à pleine vitesse (presque 38 nds), seul le dernier tiers est dans l'eau. Mais, le comportement est sain, grâce à un bon équilibre latéral et longitudinal constaté lors de quelques petits décollages avec réceptions bien en ligne. De la même manière, le Discov'Rib se montre docile et précis en virage serré, avec, lorsqu'on force sur les gaz, une légère glisse qui évite les prises de carres brutales. Toutefois, dans un clapot agressif, le Discov'Rib montre rapidement ses limites en termes de confort… Heureusement, le DF90 laisse une belle marge de manœuvre quant au choix de son allure de croisière (de 15 à 25 nds), et sait se faire assez discret sur le plan sonore. .



photo Discov.Rib Open 520


photo Discov.Rib Open 520





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