Essai Nautica Cab (Dorado) DORADO 7

Valeur sûre

Bien construit, bien fini et sûr à la mer, ce grand day-boat, à la sobre élégance, offre plus que sa longueur ne laisse supposer. Très spacieux, il peut accueillir famille et amis tout en s'exonérant de la taxe annuelle appliquée à partir de 7 mètres.

Texte et photos : Jacques Anglès


 37 200 € sans moteur (tarif 2016)
 6.98 m
 16
 38,3 nds 
avec Yamaha 150 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 101 Mai/Juin 2014



Le Dorado 7 a beau être le plus petit de la production de la marque milanaise (cinq modèles de 7 à 10 m), il paraît plus grand que ses 6,98 m. De même, son look sobre et soigné (flotteur gris clair rehaussé de bleu marine, polyester blanc et selleries à l'identique, fait bonne impression sans pour autant le classer parmi les modèles sur lesquels tout le monde se retourne. Mais ne vous y trompez pas ! Chez Nautica Cab, le chantier de Vincenzo Caputo, ex-pilote et spécialiste du pneumatique, on se préoccupe plus de qualités réelles que d'effets de style, et c'est en regardant de plus près que l'on apprécie la vraie nature de l'engin. Commençons par le "châssis" en polyester. Le gel-coat fournit un premier indicateur, avec une finition aussi nette pour les zones lisses, dessinées sans aucun angle vif (comme cela doit être sur un bateau), que pour les antidérapants, qui ne laissent voir aucune trace de démoulage. De plus, ces derniers sont disposés partout où il faut : plancher, plats-bords, nez de proue, plateformes arrière et marchepieds. Une visite des fonds confirme cette bonne impression, avec une structure associant gros longerons et cloisons-varangues intégralement stratifiés, gage d'une forte rigidité d'ensemble. Les détails cachés sont à l'unisson, à l'exemple structurel au niveau des anneaux de grutage. Plus visibles, les détails de design sont traités avec soin et toujours au service de l'efficacité fonctionnelle : réserves en creux pour les fermoirs de coffres, gouttières de drainage autour des capots, évacuations du cockpit autovideur, etc. Il en est de même pour le plan de pont "trois zones" d'apparence classique (farniente à l'avant, pilotage au centre, banquette passagers à l'arrière), qui révèle lui aussi le souci de l'efficacité fonctionnelle. avec une répartition judicieuse des espaces permettant d'offrir à la fois un bon nombre de places assises en navigation (six à sept dans le sens de la marche), une circulation facile et un confort au mouillage optimal, notamment grâce au cockpit avant convertible soit en super bain de soleil, soit en coin repas pour six à sept convives. Et ici encore, on apprécie les détails bien conçus, tels que les marchepieds facilitant l'accès aux plates-formes arrière, le cale-pied pour conduite assise, le panneau de console ouvrant pour accéder facilement aux installations techniques, ou encore le coffre dédié aux cannes à pêches ou aux skis. Les autres coffres sont en outre plus que suffisants pour ranger tout le matériel de bord, et tous sont faciles d'accès. Côté flotteur, la réalisation en Orca 1 760 décitex de Pennel-Flipo ne suscite aucune critique : coupe en long "à l'italienne" à six compartiments, collages nets, liston caoutchouc extra large englobant les extrémités arrière, saisines tressées avec montage robuste sur "châssis" néoprène-hypalon collé.
Enfin, et c'est un atout distinctif du chantier, l'équipement standard est particulièrement généreux, incluant notamment deux réservoirs d'essence, la direction hydraulique, les feux de navigation, le compas de route, la douche de pont, l'échelle de bain, ainsi qu'un accastillage inox bien dimensionné et de bonne facture. Hormis l'équipement de sécurité, seule la rallonge de bain de soleil formant table peut être considérée comme une option nécessaire.
À quai, ce modèle aligne les bons points sans jamais faire d'esbroufe, mais pour convaincre totalement, il lui faut aussi faire la preuve de ses qualités marines. Contact, pour voir ce qu'il en est, sur une mer encore ondulée par une houle résiduelle de sud-ouest qui vient buter sur la côte Bleue (ouest de Marseille), renvoyant un léger ressac.
Si le Yamaha 150 ch installé au tableau arrière semble à première vue un peu "léger" pour ce 7 m dont la puissance maximale autorisée est de 225 ch, il ne faut toutefois préjuger de rien. Contact ! Avec un leaning-post biplace confortable, la position de pilotage debout s'impose naturellement. On est bien calé, juste un peu près du volant, sans toutefois que cela soit une gêne. En revanche, bien que le leaning-post s'y prête et que l'on dispose d'un large cale-pied, la position assise s'avère peu convaincante, le genou droit venant butter sur le support – proéminent – de la commande de gaz. Donc, retour au pilotage debout, le seul que nous recommandions pour piloter avec précision. Avec, ici, une réserve pour la faible hauteur du pare-brise, peu protecteur contre d'éventuels embruns.
En poussant la manette de gaz, le déjaugeage est vif et le bateau reste parfaitement en ligne. Les 20 nœuds sont atteints en à peine plus de 5 secondes et, manette dans le coin, le Dorado 7 délivre un maxi GPS de 38,3 nœuds. Si ces résultats sont tout à fait satisfaisants pour la balade, ils laissent en outre augurer de performances de haut niveau avec une motorisation plus puissante. On peut parier que cette coque dépassera les 40 nœuds avec un 175 ch et qu'elle tutoiera le mur des 50 nœuds avec un 225 ch, à l'instar des autres Dorado déjà testés par PneuMag (48,7 nœuds pour le 8.5, 49 nœuds pour le 10 Cabin). Pourtant, l'essentiel n'est pas la vitesse pure, mais plutôt l'équilibre et la sécurité que procure cette carène profonde et très rigide : passage fluide dans les vagues, déflexion efficace, réactivité au trim, précision des trajectoires, accroche en virages, tout y est, avec un tempérament très légèrement survireur qui pimente le pilotage sans compromettre la stabilité. Bref, le plaisir aux commandes s'allie au confort du pont. On ne s'en plaint pas !



photo Nautica Cab (Dorado) DORADO 7


photo Nautica Cab (Dorado) DORADO 7


photo Nautica Cab (Dorado) DORADO 7


photo Nautica Cab (Dorado) DORADO 7





Conclusion
Le Dorado conjugue une réalisation soignée et d'excellentes qualités marines. L'agrément de pilotage est au rendez-vous, de même que le confort du pont, en navigation comme au mouillage, même si l'on peut regretter l'absence d'un solarium complémentaire à l'arrière et une esthétique un peu trop convenue. Si le 150-ch de notre essai est suffisant pour la balade, cette excellente carène mérite un peu plus pour faire valoir pleinement son tempérament. L'idéal devrait se trouver entre 175 et 200 chevaux.




Moteur
Aime
Mesure
Concur
Stat