Essai Nautica Cab (Dorado) DORADO 7.5

Une latinité de bon aloi

Ce 25-pieds italien en donne beaucoup, mais sans faire d'esbroufe. Sur une construction qui inspire confiance, son cockpit spacieux et intelligemment agencé offre de beaux espaces, dont deux bains de soleil. Balade, plaisir de pilotage et farniente sans restriction sont au programme, sous le soleil méditerranéen.

Texte et photos Jacques Anglès


 47 400 € sans moteur (tarif 2016)
 7.7 m
 14
 44,5 nds avec Mercury Verado 300 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 103 Septembre/Octobre 2014



Amarré au Port Ouest de l'Estaque, le Dorado 7.5 présente bien et ne cache rien de ses intentions, avec un vaste cockpit conçu pour les virées au soleil et le farniente dans les criques. Au premier regard, on remarque la réalisation soignée, qu'il s'agisse du gros œuvre ou des finitions. Pour le premier, une plongée dans les fonds, fortement structurés par des cloisons et de gros longerons stratifiés, rassure tout de suite quant à la robustesse de la coque et du pont. Il en va de même pour le flotteur à six compartiments, soigneusement réalisé en Néoprène-Hypalon, avec double liston de protection périphérique et mains courantes en cordage Nylon, offrant une bonne prise. La ligne a du caractère, avec sa proue légèrement surélevée et son flotteur coupé "à l'italienne", s'affinant vers l'étrave. Le tout se complète d'un design de pont élégant auquel quelques touches de teck apportent une note de luxe. Le tout est traité dans un esprit marin (sans angles vifs), avec des détails soignés, à l'exemple des fermoirs de coffres encastrés, de l'excellent drainage du cockpit, ou de la face arrière de console ouvrante, permettant d'accéder facilement aux câblages. Enfin, tous les accessoires sont de bonne facture, de l'accastillage à la sellerie, et l'équipement standard y est plus que généreux.
En termes d'habitabilité, le cockpit du Dorado 7.5 rivalise avec des bateaux sensiblement plus longs, vu que le constructeur ne triche pas sur la longueur (7,70 m hors tout) et que la coque compte parmi les plus larges de sa catégorie (3,10 m). La disposition en trois zones (cockpit avant pour le farniente et le coin repas, poste de pilotage au centre et banquette arrière convertible en bain de soleil quand on arrive au mouillage) exploite intelligemment l'espace disponible et réserve de larges passages qui permettent de circuler facilement de l'avant à l'arrière. Il est vrai que la largeur inhabituelle du cockpit bénéficie directement à la surface des solariums et aux banquettes, mais aussi au poste de pilotage. Celui-ci offre, en effet, deux places généreuses pour le pilote et le copilote tout en laissant de part et d'autre des passavants extra larges. Le nombre de places assises dans le sens de la marche (de sept à neuf suivant la corpulence des passagers) est aussi à mettre à l'actif du confort en navigation. De même, on appréciera dans les criques les deux bains de soleil, bien dans l'esprit "vacances" de ce modèle, d'autant plus qu'ils sont immédiatement disponibles (celui de l'avant est fixe et, à l'arrière, il suffit de basculer le dossier de la banquette). En revanche, le coin-repas qui prend place à l'avant est moins convaincant. D'une part, on n'y profite pas de l'ombrage du bimini, d'autre part, la table de série, trop petite, ne peut guère recevoir plus de quatre personnes alors que l'on pourrait disposer de six à huit places tout simplement avec un plateau plus large, en s'asseyant sur les flotteurs. Le chantier pourrait d'ailleurs s'inspirer de son Dorado 7, parfaitement traité sur ce point. A contrario, rien à redire sur les coffres, volumineux et pratiques, dans lesquels on peut "caser" tout le matériel de bord sans difficulté, y compris les skis ou autres équipements encombrants.
Très convaincant, ce tour du propriétaire donne envie de prendre les commandes pour voir si ce canot est aussi séduisant en navigation qu'à l'escale. Aussitôt dit aussitôt fait, je m'installe au poste de pilotage, dont la conception s'avère sans reproche : appui parfait sur les deux places préformées du leaning-post, volant et commande de gaz bien placés, pare-brise très protecteur et large poignée de maintien pour le copilote. L'écran digital Smartcraft-Mercury, lui aussi bien situé devant le pilote, permet certes de personnaliser l'affichage des données moteurs, mais reste moins agréable (surtout en plein soleil) que des cadrans analogiques classiques. Au tableau arrière, le 6-cylindres Verado 300 ch semble bien adapté aux 1 100 kg de ce canot, avec une hélice de 17'', plutôt courte car choisie en fonction d'un programme location (avec équipage nombreux). Avec deux personnes à bord, cet attelage se révèle très vif mais nullement volage au déjaugeage et à l'accélération, franchissant les 20 nœuds en 5,4 secondes avec une stabilité sans reproche. Le 6-cylindres américain assure de belles reprises et le Dorado 7.5 délivre un pilotage incisif et précis, avec une réponse instantanée à chaque sollicitation de direction, de gaz ou d'assiette. Les franchissements sont faciles, et l'on peut même se permettre quelques sauts de vagues sans compromettre la sécurité. À plus de 35 nœuds, le pilote est à la fête aux commandes de ce canot qui fait preuve de belles qualités marines mais ne se montre pas ennuyeux si l'on adopte un pilotage plus cool, par égard pour les passagers. Avec l'hélice de 17'', le moteur atteint très (trop?) facilement son régime maxi (6 300 tr/min), pour une vitesse de 44,5 nœuds qui reste, à l'évidence, en deçà du potentiel de cette carène. Un pas d'hélice à peine plus long permettrait sans doute d'approcher les 50 nœuds, au détriment toutefois des performances à forte charge (un choix à peaufiner selon l'utilisation du bateau). La tenue en longues courbes rapides mérite elle aussi une bonne note, avec un caractère légèrement survireur qui pimente les sensations sans aller jusqu'au décrochage. Enfin, en virages serrés, on peut attaquer sans problème à gauche, mais à droite, la ventilation de l'hélice survient quand on réduit le rayon. À cette (petite) réserve près, le bilan dynamique est excellent et confirme nos bonnes impressions en statique.



photo Nautica Cab (Dorado) DORADO 7.5


photo Nautica Cab (Dorado) DORADO 7.5


photo Nautica Cab (Dorado) DORADO 7.5





Conclusion :
Construction de qualité et finition soignée vont ici de pair avec de belles qualités dynamiques. Aux commandes de ce modèle élégant et sûr, le pilote se fera plaisir, tandis que les passagers profiteront à plein de son confort et de ses solariums lors des escales dans les criques. S'il n'échappe pas à toute critique, le Dorado 7.5 collectionne les bons point. Cerise sur le gâteau, l'équipement standard, très complet, évite les mauvaises surprises de la liste des options. En bref, une unité à voir de près dans sa catégorie.




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