Essai Flyer Sportage 660

Un style à part

Bien qu’étant la version standard de l’étonnant Vintage 660, aux accents délicieusement rétro, le Sportage conserve cette silhouette à part dans le monde du semi-rigide et ce plan de pont résolument tourné vers le confort. Après deux années de « sommeil », la marque italienne qui fonctionne en binôme avec Honda semble prendre un nouveau départ.

Texte et photos Philippe Leblond


 32 918 € sans moteur (tarif 2019)
 6.6 m
 13
 37,4 nds avec Honda 150 ch 4T
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Essai paru le 11/05/2020

Fiche technique

Longueur 6,6 m
Largeur 2,54 m
Diam. maxi des flotteurs 56 cm
Nbre de compartiments 5
Puissance maxi 175 ch (128,8 kW)
Puissance conseillée par Pneumag 150 à 175 ch
Poids sans moteur 780 kg
Rapport poids/puissance 6,6 kg/ch (avec le moteur de l’essai)
Nombre de personnes 13
Couchage 0
Charge utile 0 kg
Matériau flotteurs CR/CSM Orca 1 670 décitex
Capacité carburant 200 l
Catégorie CE C
Constructeur Flyer S.r.l. (Italie)
Importateur Flyer S.r.l. (Italie)
Droits annuels sur la coque exonéré
Droits annuels sur le(s) moteur(s) exonéré



Après une éclipse de deux années, la marque commercialisée en packages avec Honda pour motoriste semble vouloir prendre un nouvel élan qui s’est concrétisé lors du dernier salon de Gênes avec l’exposition des deux nouveaux modèles, les EcoFlyer 540 et 610 qui initient une nouvelle série. Toutefois, revenons au 660, deuxième modèle de la lignée Sportage qui comporte aussi le 560 et le 760. La silhouette bien particulière est toujours l’œuvre du designer parmesan, Christian Grande, qui collabore depuis longtemps avec Sacs Marine, entre autres. Cette silhouette, la même déclinée sur tous les Flyer, est il est vrai atypique, mais exerce un charme certain, surtout dans sa livrée turquoise sur le Vintage 660 (voir notre essai sur ce site). Le Sportage, bien que moins original, fait lui aussi valoir une apparence soignée et un cockpit accueillant.



 



Au ponton



En fait, le plan de pont ne diffère pas de celui du Vintage. La nuance se fait essentiellement entre les coloris et les accessoires, ceux du Vintage étant un clin d’œil appuyé aux automobiles des sixties. Rien de cela à bord du Sportage si ce n’est la position des deux banquettes identiques, l’une derrière l’autre, pour asseoir quatre passagers. Celle du poste de barre comporte une demi-assise relevable pour faciliter le pilotage en position debout. De fait, il y a toute la place désirée pour les jambes et conserver les commandes à bonne distance. La position de conduite est efficace et confortable aussi bien debout qu’assis, et c’est l’un des points forts du Sportage. Autre atout, les nombreux coffres à même de « digérer » toutes les affaires d’une famille sans oublier le sac de sécurité. Grand rangement sous la banquette arrière, autre volume sous la banquette avant mais partagé avec un compartiment étanche (qui peut servir de petite glacière pour des canettes) et volumineux coffre gel-coaté, à l’avant sous le solarium. L’ouverture de tous les capots de coffres est assistée de vérins à gaz. A défaut de posséder un siège en avant de la console, le Sportage propose une impressionnante surface pour le bain de soleil grâce à la forme évasée des flotteurs. Avec la conversion des deux banquettes en solarium, la surface cumulée de bronzette approche les six mètres carrés ! Un très beau score pour un semi-rigide de moins de sept mètres. Ce qui flatte l’œil aussi, c’est la qualité des matériaux : sellerie épaisse, accastillage inox, gel-coat brillant et flotteurs en Orca 1 670 décitex, un tissu enduit pour les flotteurs qui fait toujours référence. En revanche, l’un de ses points faibles (peu nombreux) réside dans la circulation dans le cockpit, de la console aux plateformes de bain. Les deux banquettes et leurs hauts dossiers, même s’ils sont rabattables, rendent peu commode l’accès à la zone de baignade arrière, ne laissant que deux passages latéraux impraticables. Autre reproche : plutôt bien dessiné, le tableau de bord manque d’espace pour l’intégration d’un combiné GPS/sondeur, même de petite taille, et la lecture des instruments moteur n’est pas optimale, gênée qu’elle est par le volant.   



 



En mer



A bord du Sportage 660 on retrouve les sensations éprouvées aux commandes du Vintage 660, puisqu’il s’agit du même bateau et de la même carène en V profond. Par contre, les sensations sont un peu plus présentes avec cette fois-ci un Honda BF150 au lieu du BF90, puissance que nous avions qualifiée de largement insuffisante lors de l’essai du Vintage. Reste que, même avec 60 chevaux de plus, les performances demeurent en retrait de celles des semi-rigides concurrents. Nous n’avons pu faire mieux que 37,4 nœuds au régime maxi soit 5 850 tr/min en dépit d’un réglage fin du trim. De même, en accélérations, les chronos ne sont pas fameux avec 5’’9 pour déjauger et 6’’7 pour franchir les 20 nœuds… A la décharge du Honda BF150, la température de l’air, 39° (!), n’était pas propice à gaver l’admission d’air frais. Du côté du poids, RAS, le Sportage est dans la moyenne des semi-rigides équipés confort. Il serait donc assez pertinent selon nous, surtout si l’on envisage d’embarquer un équipage nombreux, d’opter pour le BF175, soit la puissance maxi autorisée. Ses 25 chevaux de plus ne seront pas de trop pour conserver au Sportage un tant soit peu de dynamisme. Même si le V6 175 ch affiche une cylindrée sensiblement supérieure (3 583 cm3), les rendements ne devraient pas trop s’effondrer dans le sens, où à vitesse égale, le régime de rotation sera plus bas. Avec le BF150 (4 cylindres de 2 354 cm3), les rendements se sont montrés économiques avec 1,11 mille par litre à 4 500 tr/min (28,8 nœuds) et 1,29 m/l à 3 500 tr/min (19,3 nœuds). De ces ratios découlent une autonomie de 200 milles à 28,8 nœuds et 230 milles à 19,3 nœuds. La capacité importante du réservoir (200 litres) n’est pas étrangère à ces valeurs flatteuses.



 



En mer, le Sportage 660 confirme les belles impressions de comportement éprouvées à bord du Vintage 660, chose somme toute logique puisqu’il s’agit de la même carène. Le V profond nécessite de la puissance au déjaugeage et le BF150 est un peu à la peine, mais une fois le bateau lancé, on prend plaisir à le barrer. La tenue de cap est rigoureuse, et l’usage d’un trim positif généreux en recherche de vitesse maxi ne déclenche pas de roulis. L’équilibre longitudinal est aussi appréciable, même à l’occasion de sauts dans le sillage profond d’un Mangusta 80 pieds. Lors des réceptions on apprécie à la fois l’amorti du V et la rigidité structurelle de la coque. Aux allures de croisière, le confort est aussi vraiment plaisant d’autant qu’entre 3 500 et 4 500 tr/min, le quatre cylindres en ligne sait se montrer assez discret au plan sonore. Enfin, pour parachever ces prestations dynamiques concluantes, le Sportage se montre très à l’aise et prévenant en virage, même lorsqu’on le brutalise, avec des prises d’angle franches à l’inscription, un grip ferme et régulier, gage de trajectoires précises… Petit bémol : les relances en sortie sont un peu laborieuses, malgré une motricité de l’hélice préservée.    



 



photo Flyer Sportage 660


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Qualité de réalisation        

Comportement          

Performances    

Equipement      

Adéquation programme      

Rapport qualite/prix        

Le comportement sans faille
L’originalité du design
La qualité de réalisation
Le cockpit accueillant
La surface de bain de soleil
Les performances un peu justes avec 150 ch
La circulation dans le cockpit
Le tableau de bord exiguë
Le nombre de vraies places assises limité

Face a la concurrence…

Modéle Sport 22 GT Clubman 22 650
Marque BWA (Italie) Joker Boat (Italie) Zar (Italie)
Imporlation Réseau de revendeurs Hyères Espace Plaisance (83 – Hyères) Réseau de revendeurs
Longueur 6,65 x 2,75 m 6,70 x 2,55 m 6,50 x 2,55 m
Nb de personnes 13 15 12
Matériau flotteur CR/CSM CR/CSM CR/CSM
Prix 28 560 € (tarif 2019) 38 590 € (sans moteur) 45 672 € (sans moteur)
PERFORMANCES
Vitesse maxi 37,4 nds à 5 850 tr/min
Vitesse de croisière rapide 28,8 nds à 4 500 tr/min
Vitesse de croisière economique 19,3 nds à 3 500 tr/min
Temps de jaugeage 5,9 secondes
Accélération de 0 a 20 nds 6,7 secondes
Vitesse minimale d’hydroplanage 12,2 nds à 2 600 tr/min
Consommation en usage courant (estimation) 14 l/h
Autonomie en usage courant (estimation) 12 h 50 min
Hélice de l'essai inox 3 pales