Essai Joker Boat Clubman 30

Tout bon… ou presque !

La critique est difficile à l’endroit du nouveau Clubman. Ce grand semi-rigide est vraiment complet dans tous les domaines, à commencer par son équipement standard généreux. Le plan de pont, fonctionnel, offre tout le confort désiré au mouillage et, en navigation, les performances et le pilotage sont à la hauteur.

Texte et photos Philippe Leblond


 118 490 € sans moteur
 9.5 m
 16
 48,2 nds avec 2 x Yamaha 250 ch 4T
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Essai paru le 28/08/2019

Fiche technique

Longueur 9,5 m
Largeur 3,28 m
Diam. maxi des flotteurs 62 cm
Nbre de compartiments 6
Puissance maxi 2 x 360 ch (530 kW)
Puissance conseillée par Pneumag 2 x 200 ch - 2 x 300 ch
Poids sans moteur 2100 kg
Rapport poids/puissance 5,2 kg/ch (avec le moteur de l’essai)
Nombre de personnes 16
Couchage 0
Charge utile 0 kg
Matériau flotteurs CR/CSM Orca 1 670 décitex
Capacité carburant 400 l
Catégorie CE B
Constructeur Joker Boat (Italie)
Importateur Hyères Espace Plaisance (83 – Hyères)
Droits annuels sur la coque 223 €
Droits annuels sur le(s) moteur(s) 1 008 €



Digne de son grand frère (Clubman 35), le nouveau 30, même s’il ne dispose pas d’une cabine à la différence de son aîné, excelle dans son rôle de bateau de jour. De la plate-forme de bain à la dephinière, la conception est cohérente, chaque zone du pont étant bien déterminée et réalisée avec ce qu’il faut de sens pratique, sinon marin. Les surfaces de bain de soleil, les nombreuses places assises et les éléments de confort, pour la plupart offerts avec la dotation de série, attestent de l’identité « Méditerranée » de cet élégant semi-rigide. Voyons cela de plus près !  



 



Au ponton



Depuis longtemps ancrée dans la plaisance hexagonale, la marque Joker Boat est reconnue comme faisant partie des labels haut de gamme. La qualité qui émane de la construction et des finitions de ses semi-rigides ne se dément pas, année après année. Parfois distancé, en termes de design et de fonctionnalité (notamment pour les postes de pilotage), le chantier milanais a consenti un bel effort ces dernières années avec de nouveaux Clubman (28, 35, 24) plus au goût du jour. Le nouveau 30 bénéficie de cette dynamique et on a beau traquer les défauts, la tâche est difficile. Le peu qu’on a trouvé n’est que du point de détail, facile à améliorer.



 



En embarquant par la plate-forme arrière, on apprécie tout de suite, l’une des rares options de ce modèle (mais très chère : 12 000 € !), à savoir le pont en teck. La plage de bain plutôt ample permet le passage d’un bord à l’autre, en avant du bac moteur, ce qui est bien pratique. L’échelle télescopique est intégrée côté bâbord, flanquée d’une grande main courante aidant à se hisser hors de l’eau. La douchette vous « tend les bras ». Autre détail pratique, le petit portillon pour accéder au cockpit sans enjamber le dossier, ce dernier comportant un ouvrant sur charnières. Car, la banquette en U est vraiment privilégiée, le cabriolet lorsqu’il n’est plus à poste, étant rabattu vers l’avant pour prendre place en bordure du coffre dans un moulage dédié. Tandis que lorsqu’il est rejeté vers l’arrière, en périphérie de ladite banquette, cette dernière perd parfois quelques centimètres. Ainsi, lorsque la table de pique-nique est dressée, ce sont six à huit convives qui peuvent y prendre leurs aises. Notre bateau était équipé de la table standard, tandis qu’existe une option où la table télescopique sort du pont, mue par un vérin électrique, avec l’avantage d’être réglable en hauteur et ne pas entraîner de manutention. Cela dit, la table standard étant pliante, elle trouve facilement sa place dans l’un des coffres de l’arrière. Elle sert également de complément central au solarium qui affiche un espace que vont adorer les amateurs de séances UV. Comme ils aimeront aussi le solarium de la proue qui porte à plus de six mètres carrés la place consacrée au farniente à bord du Clubman 30 ! Les vraies places assises ne manque pas non plus puisqu’à la banquette en U s’ajoutent les deux du leaning-post et celle lovée dans la porte avant de console. On peut en dire autant des coffres qui sont trois sous la banquette arrière en plus du grand, mais unique, coffre sous le solarium avant. Ce n’est pas tout, l’abri de console, dont la fonction première est de proposer un cabinet de toilette avec WC, lavabo et douche, peut également contribuer au rangement, tout comme le placard de la kitchenette et les équipets latéraux dans les bordés, celui de tribord abritant les coupe-batteries. Résumons : de quoi se baigner, de quoi bronzer, de quoi se restaurer, de quoi faire sa toilette… Il ne manque plus au Clubman 30 que la cabine du 35… Mais, justement, c’est pour cela qu’existe le 35. Et c’est aussi pour cela que l’agencement du pont du 30 présente un bel équilibre entre les espaces de farniente et de circulation (bien les larges passavants !).



 



Un mot tout de même sur le poste de pilotage et l’accastillage… Debout, en appui lombaire sur la partie mobile de l’assise de ce siège biplace, pilote et copilote apprécient la position, bien que ce dernier ne dispose pas de quoi se tenir lors des navigations en mer formée. Assis aussi la posture est confortable, les commandes étant placées, dans les deux cas, à bonne hauteur et bonne distance, de même que le cale-pieds revêtu de teck. Un bon point encore : la console et le pare-brise assurent une protection efficace, ce qui sera appréciable lors des sorties par temps frais. Spacieuse, la planche de bord est à même d’intégrer un ou deux combinés à grand écran, à côté du Helm Master de Yamaha, ainsi qu’une radio Fusion et une VHF fixe. L’équipement est généreusement distribué par le chantier italien, ce qui se confirme pour l’accastillage. Les mains courantes sont légion, les taquets aussi, super dimensionnés et, chose rare sur un semi-rigide, on en trouve une troisième paire en début d’hiloires de cockpit pour frapper une garde, afin de raidir l’amarrage en cas de coup de vent. Prise de quai, douchette avec réservoir de 120 litres, échelle inox, delphinière avec guindeau électrique intégré de série, ancre sur écubier à l’étrave… Que du beau !  



 



En mer



Interrogation : avec trois tonnes en ordre de marche, lors de notre essai, et une motorisation loin du maxi autorisé (2 x 250 ch pour 2 x 350), que va donner le Clubman 30 face au chrono ? Dès la première accélération, on a compris que cela n’allait pas être un problème. Au terme d’un léger cabrage, c’est-à-dire en 4’’4, le Joker était déjaugé, et un dixième plus tard (le mot est mal choisi), il passait les 20 nœuds. Des chronos très satisfaisants au vu gabarit du bateau, sachant qu’on peut y installer 200 chevaux supplémentaires… Justement, à ce sujet, qu’adviendrait-il du comportement facile et sécurisant du Clubman 30 avec des V8 Yamaha 350 au couple de remorqueur (11 litres de cylindrée cumulée !) et, au bas mot, 200 kilos de plus en porte-à-faux arrière ? Car, si l’équilibre du Clubman est globalement bon avec les V6 250 de 4,2 litres, on a noté quelques petits mouvements du nez de bas en haut, obligeant à retoucher les réglages de trim, pour une assiette impeccable. Rien de bien anormal direz-vous, et c’est ce qui fait aussi l’intérêt du pilotage, mais avec un lest arrière important et une puissance sensiblement supérieure lors des remises de gaz, il n’est pas impossible que le comportement du Joker devienne plus pointu. Et sa vocation première n’est-elle pas d’être un semi-rigide familial, pas un offshore de course, même si ça peut être fun ? En attendant, de l’essayer peut-être avec la puissance maxi, savourons le comportement et le pilotage de cette luxueuse GT de la mer qui « déboule » tout de même à 48 nœuds au régime maxi. Cela donne des allures de croisières soutenues, avec 26,6 nœuds à 3 500 tr/min au régime économique (rendement : 0,44 mille par litre) et 35,5 nœuds en mode « Papa est pressé ! » (rendement : 0,31 m/l). Ou comment boucler un Cannes-Calvi en à peine trois heures… Cela dit, si ça passe avec les 250 ch, cela ne sera pas le cas avec les 350, nettement plus gourmands, par manque d’autonomie. Il ne fait pas de doute qu’à cette vitesse, le réservoir (400 litres) sera sous-dimensionné pour les V8 japonais.  



 



Au reste, les Yam’ 250 ch de notre essai sont un excellent choix, que ce soit pour sprinter jusqu’à une crique lointaine et ne pas être les derniers à jeter l’ancre, ou « dérouler » gentiment à 3 500 ou 4 000 tr/min, régimes auquel le Clubman 30 est une vraie limousine. Avec cette réserve que la mer était particulièrement clémente le jour de notre essai… Mais en croisant quelques sillages, on sent bien que ce grand coursier saurait faire preuve de souplesse dans un clapot plus creusé. Les moteurs, calmes au plan sonore, tournent sereinement, et le pilotage même à allure modérée, reste plaisant car cette carène vit bien la mer. Il en est de même en virages rapides, larges ou serrés, avec un guidage précis de l’avant et un grip volontaire en sortie, malgré la force cumulée des V6, qui restent propulsifs quel que soit l’angle de braquage. Tel quel, le Clubman 30 est à mettre entre toutes les mains !



 



photo Joker Boat Clubman 30


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Qualité de réalisation        

Comportement        

Performances        

Equipement          

Adéquation programme        

Rapport qualite/prix      

Le comportement et le pilotage
Les performances élevées avec 500 ch
L’équipement standard généreux
Le grand carré arrière avec option table électrique
Le cabinet de toilette avec hauteur sous barrots
La légère tendance à marsouiner
Pas de télécommande locale au guindeau
L’absence de poignée pour le copilote

Face a la concurrence…

Modéle Tempest 1000 CC Cayman 31 Sport Touring Smeralda 300
Marque Capelli (Italie) Ranieri (Italie) SeaWater (Italie)
Imporlation Yamaha Motor France (95 – Saint-Ouen l’Aumône) Ranieri France (Monaco) Med-Yachts (83 – Grimaud) Espace Aicardi (20 – Ajaccio)
Longueur 9,60 x 3,30 m 9,40 x 3,40 m 9,20 x 3,45 m
Nb de personnes 22 24 20
Matériau flotteur CR/CSM CR/CSM CR/CSM
Prix 162 170 € avec 2 x 250 ch 97 230 € (sans moteur) 96 000 € (sans moteur)
PERFORMANCES
Vitesse maxi 48,2 nds à 6 000 tr/min
Vitesse de croisière rapide 35,5 nds à 4 500 tr/min
Vitesse de croisière economique 26,6 nds à 3 500 tr/min
Temps de jaugeage 4,4 secondes
Accélération de 0 a 20 nds 4,5 secondes
Vitesse minimale d’hydroplanage 14,4 nds à 2 400 tr/min
Consommation en usage courant (estimation) 50 l/h
Autonomie en usage courant (estimation) 7 h 10 min
Hélice de l'essai 14’’1/4 x 18’’ inox 3 pales