Essai Joker Boat Clubman 24

Digne héritier de la dynastie « 24 »

La longue expérience du chantier milanais, dans le domaine du semi-rigide « tout-confort », n’est plus à vanter. La dernière évolution du Clubman 24, lancée l’an dernier, fait fructifier la succession de l’emblématique ancêtre (plus de 20 ans de carrière !), avec un design actualisé, bien que classique, et un plan de pont encore plus convivial.

Texte et photos Philippe Leblond


 60 390 € sans moteur
 7.46 m
 16
 60 390 € sans moteur

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Essai paru le 04/12/2019

Fiche technique

Longueur 7,46 m
Largeur 2,99 m
Diam. maxi des flotteurs 62 cm
Nbre de compartiments 6
Puissance maxi 300 ch (221 kW)
Puissance conseillée par Pneumag 225 - 300 ch
Poids sans moteur 850 kg
Rapport poids/puissance 5,0 kg/ch (avec le moteur de l’essai)
Nombre de personnes 16
Couchage 0
Charge utile 0 kg
Matériau flotteurs CR/CSM Orca 1 670 décitex
Capacité carburant 380 l
Catégorie CE B
Constructeur Joker Boat (Italie)
Importateur Hyères Espace Plaisance (83 – Hyères)
Droits annuels sur la coque exonéré
Droits annuels sur le(s) moteur(s) exonéré



Véritable monument de la gamme Clubman, le nouvel arrivant prolonge encore la dynastie du 24 pieds, qui compte plus de vingt années de bons et loyaux services, et a déjà bénéficié de nombreuses évolutions. Après une légère augmentation de sa largeur en 2010, le nouvel opus se distingue surtout par une grande banquette arrière en U, laquelle se convertir au choix en solarium ou en dînette. La console, plus volumineuse, ainsi que le siège de pilotage arborent un nouveau dessin, les retouches cosmétiques faisant le reste. Embarquons pour détailler ce plan de pont revisité… 



 



Au ponton



Le Clubman 24 est un modèle qui compte dans l’histoire de Joker Boat. Et souvent, lorsqu’un chantier veut donner un nouvel élan à l’un de ses best-sellers, il y va avec modération. Ainsi, sa dernière évolution – le 24 en a connu un certain nombre – conserve la silhouette générale de son prédécesseur, élégante et quelque peu intemporelle, à l’écart des modes. De quoi vieillir bien et conserver une place de choix à terme sur le marché de l’occasion. Bien assis sur ses flotteurs de fort diamètre (il est transportable par la route, tubes dégonflés) le Clubman 24 affiche une largeur intérieure modérée. Cela explique la relative étroitesse des passages de part et d’autre du poste de pilotage dont le leaning-post biplace et la plantureuse console sont aussi responsables. Toutefois, cela n’empêche pas de disposer de deux solariums de belles dimensions : 205 x 155 cm à l’avant et 123 x 176 cm à l’arrière. Soit, plus de cinq mètres carrés pour faire bronzette ! Sur cette nouvelle version, le poste de barre a été avancé pour laisser un maximum de place à ce carré évoqué plus haut. Un modèle de convivialité, permettant de partager confortablement un pique-nique à six autour de sa grande table en teck. Cette dernière est en adéquation avec les dimensions de la banquette, ce qui est loin d’être toujours le cas sur les semi-rigides offrant un dispositif comparable. Le dossier de cette banquette est doté, à bâbord, d’un segment mobile afin de faciliter l’accession à la plateforme de bain. Cette dernière s’avère spacieuse grâce à la monte monomoteur, et elle comporte un passage en avant du bac pour plonger de bâbord ou de tribord. La douchette de pont, alimentée par un réservoir de 70 litres est à portée de main ainsi qu’une main courante facilitant la sortie du bain. Lorsque le cabriolet est rabattu à plat vers l’arrière il gêne quelque peu l’accès à la plage de bain, sauf si l’acquéreur choisi l’option arceau polyester qui servira de support vertical à ce taud de soleil. Un logement dédié avec intégration du bimini – la solution la plus fonctionnelle – est encore rare sur des semi-rigides de cette longueur… Rayon rangement, le chantier milanais s’est montré généreux avec la grande soute arrière comportant deux ouvrants. On constate pour ceux-ci comme les autres coffres la présence de vérins à gaz, qui facilitent l’ouverture, et de joints de caoutchouc évitant les bruits parasites en navigation en agissant comme des « silent blocs ». Un bémol : les charnières saillantes que les pieds n’apprécieront pas... Une compartimentation de la soute permet de maintenir le chargement à l’écart de la zone humide du tableau arrière. Le corps du leaning-post (surtout si l’option frigo n’est pas montée) et de la console offrent une bonne dose de rangement, et l’on dispose encore du grand coffre avant, sous le solarium pour stocker le matériel encombrant. La console à défaut d’offrir une option WC, accueille la table du carré et son pied, maintenus à la verticale. Bien vu ! Le coffre à mouillage intègre le guindeau électrique commandant une ancre placée à l’étrave, sous le flotteur, ceci évitant la présence d’une volumineuse delphinière, altérant l’élégance de la ligne.



 



Passons au poste de pilotage. Ce n’est généralement pas le point fort de Joker Boat et celui du nouveau 24 n’est pas idéal. En position debout, l’espace entre le siège et les commandes est vraiment compté, et le copilote est gêné par le support du boîtier (à câbles de surcroît), sans parler du cale-pieds moulé à hauteur de tibias. Grâce à ce dernier, la position assise est plus agréable. En revanche, le pare-brise offre une bonne protection et visibilité, tandis que le tableau de bord s’avère suffisamment spacieux pour l’intégration des instruments électroniques dont les écrans sont de plus en plus grands.      



Un mot enfin sur l’équipement. De ce point de vue le nouveau Clubman 24 offre en standard quelques accessoires trop souvent proposés en option, tels que le guindeau, la table de carré en teck, la douchette, le bimini, la direction hydraulique, les valves de flotteurs siglées en inox… Quelques option utiles sont néanmoins disponibles auprès du chantier : arceau, tauds de mouillage et de console, plancher teck, réfrigérateur… ou auprès de l’importateur : mât de ski, sono hi-fi, ou pack électronique de navigation. Une remarque au sujet de l’accastillage : les mains courantes sont un peu sous-dimensionnées (leaning, console) et les occupants de la banquette n’ont pas grand-chose pour se tenir. Enfin, les saisines « brides » des flotteurs ne sont pas ergonomiques…



 



En mer



Notre première impression concernant les performances, c’est que le Yamaha 225 ch, version 3,3 litres est à considérer comme la puissance « plancher » pour propulser ce sept mètres à l’équipement complet. Ce V6 en fin de carrière, doté de la distribution variable, est pourtant l’un de nos 4-temps favoris, toutes époques confondues, mais son remplaçant dans la gamme Yamaha, un autre V6 de 225 ch fort d’une cylindrée de 4,2 litres, sera sans doute à même de générer un surcroît de performances sur le tableau arrière du Clubman 24, surtout en cas d’équipage nombreux. D’autant que ce gros cube est encore plus léger que son prédécesseur… Par ailleurs, d’après les sensations que nous avons éprouvées aux commandes du Clubman 24, nous ne voyons pas de risque de surmotorisation pour ce Joker qui semble à même d’utiliser tout le potentiel d’un 300 ch et l’on pourra, en toute sécurité, opter pour cette puissance qui est le maximum autorisé sur ce bateau. Petite précision utile : le propriétaire de ce Clubman 24 a opté pour ce V6 3,3 litres pour ne pas avoir à payer la taxe sur le moteur qui est exigée dès lors qu’un bateau homologué en moins de sept mètres (c’est le cas du Clubman 24 qui échappe à la taxe sur la coque) est équipé d’un hors-bord de plus de 23 CV fiscaux. En effet, le V6 4,2 litres affiche 23,9 CV contre seulement 19,2 CV au V6 3,3 litres… Précisons que ce dernier est encore en vente, mais seulement avec arbre XL, d’où la découpe effectuées dans le tableau arrière du bateau essayé en compagnie de Hyères Espace Plaisance, importateur de longue date de la marque italienne.



 



Sur un plan d’eau favorable, avec une coque propre et vierge d’antifouling, deux personnes à bord et 40% du plein de carburant, nous avons dû nous contenter de 41,2 nœuds maxi. Une marque un peu en dedans de celles qu’on a l’habitude d’obtenir avec des semi-rigides de ce standing. Le régime de 6 100 tr/min est légèrement excessif et l’on pourrait imaginer « gratter » deux ou trois nœuds avec une hélice au pas plus long, mais ce serait au détriment des accélérations (surtout avec un chargement plus important) qui sont déjà plus lentes que la moyenne avec 4’’5 pour déjauger et 6’’4 pour passer de l’arrêt à 20 nœuds… Donc, dès lors que le bateau sera un peu plus chargé, le choix de l’hélice de l’essai (une 19’’) nous semble adéquat. Pour ce qui est des consommations, le « vieux » V6 3,3 litres tire encore son épingle du jeu avec des rendements très acceptables : 0,76 mille parcouru par litre brûlé, à 4 500 tr/min pour 27,5 nœuds, et 0,92 m/l en croisière « éco » à 3 500 tr/min, soit 19,3 nœuds. Des ratios économiques donc, mais assortis d’allures de croisière un peu lentes à notre goût. La capacité très importante du réservoir (380 l) offre, en l’état, une autonomie assez exceptionnelle : plus de 300 milles ! Un bon point aussi pour la sonorité plaisante de ce V6 Yamaha dont on regrette qu’il soit bientôt poussé vers la retraite.



 



Avec des conditions de mer pour le moins clémentes, cet essai n’a pas permis de valider les aptitudes marines du « nouveau » Clubman 24. On connaît néanmoins les qualités de cette carène, déjà longuement éprouvée sur la version précédente. A la recherche de sillages un peu consistants, alentours, nous n’avons pu que croiser celui d’un cabin-cruiser (environ 50 à 60 cm), appréciant le passage en douceur, ce qui ne nous étonne pas de la part de Joker Boat qui dispose assez largement de carènes efficaces et confortables. Par contre, nous avons pu vérifier les qualités dynamiques de ce Clubman 24 avec une stabilité de cap impeccable, même bien trimé au régime maxi et un comportement exemplaire en virages, quel que soit leur rayon. Dans du large ou du serré, le Joker fait preuve d’une belle précision de trajectoire, enroulant avec une gîte intérieure régulière chaque courbe prise avec une généreuse dose de gaz, et sans perte de motricité en sortie. Tout juste pourrait-on lui reprocher une certaine sagesse, mais il y a fort à parier qu’il montrera un comportement plus joueur avec davantage de puissance. Sans hypothéquer sa facilité de prise en main, ni se départir de son caractère sûr.



 



photo Joker Boat Clubman 24


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photo Joker Boat Clubman 24


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Qualité de réalisation        

Comportement        

Performances      

Equipement        

Adéquation programme        

Rapport qualite/prix        

Le comportement dynamique
Le carré arrière très convivial
L’équipement de série généreux
La capacité de rangement
La silhouette élégante
Les performances un peu justes avec le moteur de l’essai
La position de pilotage debout
Les passavants étroits
Pas d’option WC

Face a la concurrence…

Modéle Wave 24 24 SR FB 750 GS XL
Marque Altamarea (Italie) Marlin Boat (Italie) Nautica Led (Italie)
Imporlation Azur Boat Import (83 – Saint-Raphaël) Sébastien Chevalier (83 – Les Issambres) Bat Marine (33 – Cap-Ferret)
Longueur 7,30 x 2,83 m 7,40 x 2,98 m 7,50 x 2,98 m
Nb de personnes 18 14 16
Matériau flotteur CR/CSM CR/CSM CR/CSM
Prix 40 400 € (sans moteur) 59 304 € (sans moteur) 47 380 € (sans moteur)
PERFORMANCES
Vitesse maxi 41,2 nds à 6 100 tr/min
Vitesse de croisière rapide 27,5 nds à 4 500 tr/min
Vitesse de croisière economique 19,3 nds à 3 500 tr/min
Temps de jaugeage 4,5 secondes
Accélération de 0 a 20 nds 6,4 secondes
Vitesse minimale d’hydroplanage 14,5 nds à 3 000 tr/min
Consommation en usage courant (estimation) 22 l/h
Autonomie en usage courant (estimation) 15 h 30 min
Hélice de l'essai 13’’3/4 x 19’’ inox 3 pales